‹ L'alimentation par le lait cruChapitre 79 sur 94 · Théorie des zymazes · texte numérisé non relu

Théorie des zymazes

2. De l'abus du lait dans les troubles gastro-intestinaux chroniques de l'enfant après le sevrage. Thèse Paris, 1904.

à À A Ti

«Enfin nous ferons remarquer que le bon lait cru a une autre supériorité sur le lait simplement bouilli : celle d'introduire dans le tube digestif de l’enfant fous les microbes de la fermentation normale du lait, puisque les bactéries acidifiantes, qui protègent la caséine, n’ont pas été détruites par la chaleur au profit des protéolytiques, qui eux survivent parfois à 100°!. »

L'ingestion de lait cru chez les enfants que nous avons traités s’est traduite par une augmentation de poids très nette, survenant dès le lendemain, et en général assez brusquement. Puis peu à peu la régularisation se faitet les différences de poids de chaque jour se rapprochent davantage des chiffres normaux.

Le lait, quoique administréà dosesmoindres que celles des laits bouillis ou stérilisés (1/3 environ en moins) s'est montré très nourrissant. Les récents travaux de Bordas et Ratkowski présentés à l'Institut par M. le professeur Brouardel leur ont permis de découvrir l'existence considérable de lécithine dans le lait fraichement tiré. Peut-être sont-elles en partie cause de cette augmentation de poids.

En outre, en trouve dans le lait frais (comme le rappelait récemment dans ses leçons M. le professeur Hu-

{. On sait de plus que le lait vivant contient des phosphates qui ont un rôle très indispensable à la nutrition. Or la chaleur les insolubilise etsi la quantité reste lamème,ilestcertain queleurétat devient tel que l'organisme se les assimile moins facilement. Quant aux lécithines, elles disparaissent par la chaleur sans laisser de traces.

ünel) « de la cholestérine, de l’urée, de la créatine, un pigment jaune, de la dextrine, de la nucléine, dés principes odorants et surtout un corps intéressant : l'acide citrique qui est un véritable composé antiscorbutique et qui semble être en plus forte proportion dans le lait de femme que dans le lait de vache. Cet acide citrique se trouve en telle quantité dans Le lait de vache qu'on peut dire que la ration alimentaire de lait en contient autant que ce qu'on donnait aux marins de jus de citron pour les préserver du scorbut. Il semble donc bien que c’est là un principe antiscorbutique contenu dans le lait ».

Les sécrélions intestinales sont très heureusement transformées par l’ingestion de lait cru. Les troubles dyspeptiques chez les nourrissons ainsi élevés ne sont pas plus fréquents que chez ceux élevés au lait de femme.

Bien au contraire, il v a amélioration rapide des selles abondantes, liquides, le plus souvent panachées ou même uniformément vertes mélangées de mucus, de fragments de caséine, quelquefois mêmes striées de sang, que l'on observe chez les enfants atteints de troubles dyspeptiques plus ou moins vagues, d’entérite chronique, parfois d’entérite aiguë. Elles deviennent d’abord plus consistantes, moins fréquentes, pendant que la coloration verte tend à disparaître peu à peu.

Pendant ce temps les troubles gastriques regressent. Les vomissements s'arrêtent, ainsi queles régurgitations si fréquentes chez les nourrissons trop ou mal nourris.

Deux observations que nous rapportons 1e1 montrent bien l’action de ce mode d’alimentation sur les troubles digestifs.

OBSERVATION XI (personnelle) GASTRO-ENTÉRITE

F., Auguste, deux mois.

Antécédents héréditaires : Mère bien portante. Père alcoolique.

Antécédents collatéraux : Sœur de trois ans bien portante.

Antécédents particuliers : Accouchement normal. Né à terme, élevé au sein pendant trois semaines. Depuis biberons de lait ordinaire.

Entré à l'hôpital, le 5 mai 1904.

Pas de maladie antérieure. Malade surtout depuis trois jours. Insomnie. Vomissements. Diarrhée panachée. Erythème généralisé probablement d'origine infectieuse gastro-intestinale.

Ventre gros tendu. Tousse un peu.

6 mai : érythème; rougeur des téguments surtout aux extrémités. Diarrhée verte et jaune.

10 mai : selles vertes grumeleuses.

Aujourd'hui lait bouilli, coupé d'eau.

13 mai : diarrhée verte. Toujours diète hydrique. Calomel.

14 mai: diarrhée verte el jaune. Tannalhine, 1#,23 en quatre fois, un paquet après chaque tétée.

Examen de l'enfant le 6 juin. — Enfant très amaigri. Fontanelles très déprimées. Peau flasque gardant le pli fait par les doigts. Extrémités froides.

Pupilles contractées indiquant une infection profonde.

Lèvres peu humides. Bouche sèche. Pas de salive. Quelques bulles rares dans le sillon gingino-lingual.

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