‹ L'alimentation par le lait cruChapitre 92 sur 94 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1°Il y a, en cliniqueinfantile au moins, denombreux cas où l'usage du lait cru paraît préférable à l'usage des laits cuits ou stérilisés.

2° La raison de cette supériorité paraît résider dans l'intégrité :

a) De certains éléments, comme les ferments, que la cuisson détruit, ferments qui facilitent la digestion et l'assimilation ;

b) Des groupements fragiles des éléments organiques et minéraux et plus particulièrement des composés phosphorés et phosphatiques. La chaleur les dissocie et les rendinassimilables.

Ces qualités ont mérité au lait cru le nom de lait « vivant ».

3° Les dangers du lait cru, que nous ne contestons en rien, sont :

a) L'impossibilité de l’asepsie absolue ;

b) La difficulté de la conservation;

c) Les dangers de propagation des maladies infectieuses au premier rang desquelles nous plaçons la

tuberculose et, à un degré moindre de fréquence, la fièvre aphteuse. Plus rarement des maladies infectieuses propres à l’homme peuvent être transmises (fièvre typhoïde, pneumonie, scarlatine, etc.).

4° On peut partiellement, et en tous cas d’une facon suffisante pour la pratique, réduire considérablement ces dangers par des mesures préparatoires et préservatrices qui sont :

a) L'asepsie aussi complète que possible au moment de la mulsion {lavage des mains, du pis, vases stériles, filtration du lait, division en pelites bouteilles stériles, la conservation immédiate dans la glace);

b) Le transport à très courte distance ;

c) La distribution et la consommation aussi rapide que possible.

5° Ces conditions difficiles à réaliser complètement restreignent nécessairement l'application de ce moyen d'alimentation aux enfants habitant la campagne ou aux riches de la ville.

6° Malgré ces restrictions le lait cru n’en donne pas moins d'excellents résultats :

a) Dans l'élevage de l'enfant sain;

b) Dans le traitement de nombre de maladies de l'enfance et surtout des maladies du tube digestif : dyspepsie, diarrhée grumeleuse, diarrhée fétide, même diarrhée verte avec atrophie et même athrepsie, maladie de Barlow.

7° Le choix du lait variera suivant les conditions :

ait

a) Celui de l’ânesse se rapproche le plus de celui de la femme par sa teneur en caséine, mais son prix très élevé et la difficulté de se le procurer rendent son emploi presque exceptionnel;

b) La chèvre a donné d'excellents résultats. Par la sélection des races et une alimentation appropriée (fourrage sec, maïs, son, fèves), on peut obtenir un lait de chèvre assez voisin du lait de femme. Elle est, de plus, fort peu sujette à la tuberculose ;

c) La vache à donné les meilleurs résultats. Le succès de son lait dans l'allaitement artificiel tient à trois conditions principales : 1° la tuberculinisation fréquente; 2° l'alimentation rationnelle pouvant se résumer en ces deux qualificatifs : sèche et riche; 3° une asepsie rigoureuse.

$ Le mode d'allaitement par le lait cru est le même que par le lait cuit. Les intervalles entre chaque prise seront aussi les mêmes, mais avec celte remarque très importante que les doses seront inférieures d” « un fiers » environ à celles du lait bouilli ou stérilisé.

Vu : Le Président de thèse, HUTINEL,, Vu : Le Doyen,

DEBOVE.

Vuet permis d'imprimer :

Le vice-recteur de l'Académi de Paris,

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