‹ L'alimentation par le lait cruChapitre 91 sur 94 · SUN · texte numérisé non relu

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dans le lait. En s’accumulant dans la cavité des petits vaisseaux, celle-ci y occasionne de pelites embolies et entraîne leur rupture et l’extravasation du sang dans les tissus voisins. Si ces transformations se passent dans la mamelle, ce qui arrive assez fréquemment, le lait sécrété est contaminé et souillé de sang. Qu'il se produise une solution de continuité au niveau des muqueuses de l'intestin ou de la bouche et la maladie est inoculée.

Sous le microscope, l'attention devra être éveillée par la présence de globules sanguins dans les préparations. Un examen plus minutieux permettra alors de distinguer la bactéridie charbonneuse des autres bactéries analogues et inoffensives, telles que le bacillus subtilis trouvé très fréquemment dans le lait qui à séjourné à l'air. |

Une autre affection microbienne très répandue dans l'espèce bovine est la mammite contagieuse. Elle à été bien observée et décrétée, en 1884, par MM. Nocard et Mollereau.

On sait bien maintenant qu’elle cause une profonde altération dans la nature du lait, qu’elle se transmet facilement des vaches malades aux vaches saines et que la plus grande propreté est nécessaire, si on veut empêcher qu’elle n’envahisse toute l’étable où elle est apparue.

L'agent virulent est le lait ; la contagion s'opère par les mains du trayeur si celles-ci ne sont pas rigoureusement aseptiques, ou mieux encore par les trayons

arlificiels mis en usage récemment dans la traite mécanique du lait. Ces appareils, en effet, sont très dangereux par suite de la difficulté de leur désinfection.

Pour déceler les altérations d’un lait ainsi contaminé, on le recueille dans les tubes stérilisés que l’on maintient debout pendant vingt-quatre heures à Ia température de la chambre. Au bout de ce temps, il s’est formé dans ces tubes un dépôt opaque, de couleur blanc sale, homogène ou granuleux suivant l’âge de la maladie. Sur ce dépôt surnage un liquide clair, opalescent, d’une teinte blanc jaunàtre ou jaune sale ou légèrement rougeàtre. Si la lésion est ancienne, le lait a même au moment de la traite une réaction acide, qui s’accentue rapidement si on le conserve à l'étuve.

Quand la lésion est récente le lait peut présenter d'abord des caractères normaux, mais il tourne et devient rapidement acide, et, si on le mélange avec du lait provenant de vaches saines, toute la masse s’altère.

Le microscope montre une agglutination énorme de leucocytes ; en outre, on distingue un chapelet de chatneltes extrêmement fines dont chaque grain arrondi mesure à peine un & de diamètre. L'agent infectieux de la mammile contagieuse est un streptocoque.

La fièvre typhoïde, enfin, peut, quoique plusrarement, être occasionnée par l’ingestion du lait. Celui-ei a été contaminé par les mains de trayeurs ayant soigné des typhiques.

Les publications étrangères mentionnent à ce sujet

de nombreux faits concluants. On peul citer comme exemple l'épidémie de Cambridge !.

La plupartdes personnes {au nombre de 73) qui furent atteintes avaient le même fournisseur de lait. Celui-ci soignait un enfant atteint de fièvre typhoïde et n’en continuait pas moins son exploitation.

La présence du bacille d'Eberth dans le lait est reconnue par les procédés décrits par MM. Vincent, Féré et Pouchel pour la recherche de ce microbe dans l’eau?.

Beaucoup plus rarement encore, mais non cependant à titre exceptionnel, d’autres maladies infectieuses par-

-ticulières à l’homme, telles que la pneumonie ou la

scarlatine, ont pu avoir le lait pour véhicule. Il ne faut dans ces cas incriminer que le manque de soins des lailiers.

En résumé, nous pouvons dire que le lait de vache cru nous semble présenter des avantages qui l’emportent sur les dangers qu'il peut ofirir. Aussi le croyons-nous très propre à être utilisé dans l’allaitement artificiel, quand il y aura impossibilité absolue de remplacer le sein maternel. IL peut évidemment être considéré comme une anomalie ; mais, par résistanceindividuelle, accoutumance ou atavisme, les bébés

le digèrent, n'est-ce pas le résultat cherché? Notre

4. Boston med. and surgical Journal, juillet 1888. 2, Villiers et Collin, Falsification des substances alimentaires.

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Entre

conviction, fondée sur les résultats cliniques de beaucoup de praticiens et sur nos propres observations, est que la digestion du lait vivant est beaucoup plus facile que celle des laits artificiels.

Nous tenons à dire ici que les enfants mis en traitement ont, depuis le jour où nous avons arrêté nos observations, été atteints d’entérite, s’accompagnant chez plusieurs d’entre eux d’une forte élévation de température.

Ce changement dans leur état a coïncidé avec l’arrivée dans la même salle d’un enfant très infecté atteint d’entérite aiguë. L'enfant d’ailleurs est mort depuis. Jointe à cette cause probable d'infection, la période de fortes chaleurs et d'orages survenue à ce moment, ayant une mauvaise influence sur le lait lui-même, a pu contribuer à faire changer les résultats : cela n’est pas impossible; mais nous croyons qu'il s’agit surtout d’une infection hospitalière.

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