CHaPiTRE III
L'allaitement au sein
Nous étudierons successivement : .
1° Les caractères du lait de femme ; 2° L’allaitement par la mère ; 3 L’allaitement par une nourrice mercenaire; 4 L'influence de l'allaitement au sein sur le nourrisson.
SECTION I. — Caractères du lait de femme
Signalons d’abord que la sécrétion lactée passe par trois phases : Dans la première phase la glande mammaire sécrète un liquide connu sous le nom de colostrum ou premier lait.
Le colostrum est un liquide gris clair, contenant beaucoup d’eau, des globules de lait, certains éléments spéciaux appelés corpuscules du colostrum, et un excès de l’albumine soluble sur la caséine.
Dans la seconde phase la glande mammaire fournit le lait proprement dit.
Enfin dans la troisième et dernière phase le lait secrété est un lait de régression ou dernier lait, de plus en plus aqueux et impropre à la nutrition.
Les considérations qui vont suivre s'appliquent uniquement au laït proprement dit.
Le lait peut être considéré comme une émulsion de globules gras dans un sérum constitué par une solution de caséine et de sels minéraux; sa réaction est légèrement acide à l'émission et amphotère ensuite ; sa densité est de 1.031 à 1.032. À — — o°55.
Il renferme par litre : 800 grammes d’eau ; 35 à 38 grammes de
graisse; 14 à 20 grammes de matières albuminoïdes ; 68 grammes de lactose et 2 grammes de sels minéraux.
Par le repos, les globules de graisse se réunissent à la partie supérieure du liquide pour former la crème.
Les substances albuminoïdes sont formées par des albumines solubles (nucléines) et de la caséine précipitable qui entraîne les matières grasses et les sels pour former un caillot petit, léger et de digestion facile.
Le sucre de lait ou lactose est absorbé en totalité.
Les sels existent dans le lait sous forme de combinaisons organiques facilement assimilables : Fer organique (0 gr. 004 par litre d’après Bunge) ; phosphore, principalement sous forme de nucléone et acide phosphocarnique et surtout de lécithine,
Le lait de femme renferme en outre certaines substances spécifiques.
Les unes, sont des produits d'élaboration des glandes à sécrétion interne de la mère (thyroïde, etc.) ; les autres sont des ferments solubles (amylase, catalase, etc.).
Toutes ces substances suppléent au fonctionnement incomplet des glandes digestives du nourrisson et à l'insuflisance de ses glandes à sécrétion interne.
Fjoutons enfin que le lait de femme est stérile et qu’il n'introduit aucun microbe dans le tube digestif du nourrisson.
Secrion II. — L’allaitement par la mère
Ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, le lait reproduit les. qualités du milieu nutritif propre à chaque espèce.
L'on peut ajouter qu’il présente une spécificité maximum pour l'enfant qui est nourri par le lait de sa mère.
Il en résulte que la mère doit allaiter son enfant elle-même, et qu’elle ne doit recourir à une nourrice mercenaire où à l’allaitement artificiel, qu’en cas d’impossibilité absolue.
$ 1er. — Les empêchements à l'allaitement provenant du fait de la mère
L'empêchemen! pour une mère d'allaiter son enfant peut tenir à différentes causes qui sont en rapport soit avec la sécrétion lactée, soit avec l’état du sein, soit avec l’état général :
1° Sécrétion lactée.
L'agalactie est rare et peut être considérée comme une ano-
malie.
D'après Budin les quatre cinquièmes des femmes sont de bonnes nourrices dès le début, et les autres le deviennent.
Le médecin ne devra donc pas se hâter de déclarer qu'une mère ne pourra pas nourrir son enfant et il n'oubliera pas que des femmes d'apparence frêle peuvent faire d'excellentes nourrices.
Il n’oubliera pas non plus, que la montée laiteuse se fait parfois en deux temps.
Douze à vingt-quatre heures après l'océobieient: les seins deviennent douloureux et tendus: C’est la montée congestive. : Puis ils s’assouplissent, et la montée laiteuse véritable qu'il feut savoir attendre jusqu’à huit jours et plus, se produit alors.
Lorsque la montée laiteuse se sera réellement produite, il sera indispensable de vérifier s'il n'y a pas de galactorrhée, c'est-à-dire ‘écoulement d’un lait pauvre et insuffisant pour la nutrition du nourrisson car dans ce dernier cas il serait nécessaire de supprimer l'allaitement par la mère.
On recherchera ensuite s'il n'y a pas hypogalactie, c 'est-à- dire insuffisance de la sécrétion.
Mais avant de conclure à une hypogalactie définitive, il faudra éliminer l'hypogalactie des premiers jours. Le médecin fera mettre successivement l'enfant aux deux seins, puis en s'aidant de la balance il fera compléter les tétées insuffisantes, soit par une nourrice bénévole, soit avec du lait d’ânesse s’il est possible de s'en procurer, soit encore avec du lait de vache modifié ou à défaut stérilisé. \
Si l'insuflisance de la sécrétion lactée est trop grande on s’efforcera de prendre une nourrice mercenaire.
S'il ne s’agit que d’une insuffisance moyenne on aura recours à l'allaitement mixte.
Enfin si l’insuflisance est légère on cherchera à ramener la sécrétion lactée à son taux normal en s’aidant des galactologues et en cas d'insuccès on pratiquera l'allaitement mixte.
Nous ne nous étendrons point sur les galactologues dont l’action est plus ou moins certaine et nous nous bornerons à citer la formule suivante extraite du traité de l'allaitement du professeur Marfan:
Sirop galactologue avec :
Extrait aqueux de galéja officinalis............ 10 grammes Glycérophosphate de chaux............. LAADEE 3 — Fau distilée;2%05 Re e A PEUT bo —
Teinture de noix vomique..........,.......... I — Teinture d’essence de fenouil à 2 p. 100! à 8 Teinture d'essence de cumin à 2 p. on Fe
Sirop de sucre Q. S. pour faire... Fate: DO: ËC:
Les considérations qui précèdent s s'appliquent surtout à la quantité de lait que peut fournir la mère de l'enfant. Maisil y a lieu d'examiner non seulement la quantité, mais encore la qualité du lait qui servira à alimenter le nourrisson.
En premier lieu, le lait peut êtretrop clair et l’analyseindiquera dans ce cas que le lait est pauvre.
Signalons en passant que c’est une raison maintes fois invoquée sans preuve par les mères qui ne veulent pas allaiter leur enfant.
Mais si l'analyse établit nettement qu'il s’agit d’un lait pauvre, on essaiera de supprimer la cause, en modifiant le régime alimentaire ou en faisant téter la mère par un nourisson vigoureux dans le cas où la régression du lait serait due à des succions trop faibles.
D’autres fois, l'excès du beurre ou l'excès de caséine (certains laits en renferment jusqu’à 44 grammes par litre d’après le professeur Bosc) provoqueront des troubles gastro-intestinaux chez le nourrisson.
Ilpourra en être de même de l’excès en sels. D'après le même auteur ona trouvé jusqu'à 80 grammes de sels par litre au lieu de 2 ou 3 grammes chiffre normal. La proportion en chlorure de sodium pourrait s'élever jusqu’à 8 grammes par litre et il s'agit dans ce cas de ces « mauvais laits » bien connus dans le peuple sous le nom de « laits salés ».
Enfin il y a lieu de noter ici que le lait de la mère peut dans certains cas être impropre à l'alimentation de son enfant.
Il s’agit alors d'une toxémie particulière comparable aux phénomènes d’anaphylaxie et se manifestant par de la diarrhée, de l’'eczéma et de l’amaigrissement rapide.
Ces phénomènes se produisent généralement après une période de suralimentation et ils peuvent déterminer un eczéma suintant de la tête et même déterminer la mort subite (Bosc).
Naturellement dans ces derniers cas la suppression de l’allaitement maternel s’imposera ; mais il ne faudra recourir à cette dernière solution qu'après avoir éliminé les causes habituelles d'intolérance : lait trop riche ou trop pauvre ou bien encore faiblesse digestive du nourrisson.
2° Conformation défectueuse d’un ou des deux seins. On peut
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avoir affaire soit à une brièveté du mamelon, soit à une ombilication du mamelon (Testut et Jacob).
Dans le cas de brièveté du mamelon il suffit généralement de faire les bouts de sein avec les doigts aseptisés ou avec la téterelle de Budin quelque temps avant l'accouchement. S'il s’agit d'une ombilication du mamelon il suffira parfois d'interposer une téterelle bout de sein ; toutefois il pourra arriver que malgré l'emploi de la téterelle bout de sein, on soit conduit à supprimer l’allaitement maternel. ÿ Suite
3 Les gerçures, fissures et crevasses du mamelon survenant au cours de l'allaitement, constituent un incident des plus pénibles car non seulement elles peuvent se compliquer de galactophorite ou d’abcès du sein, mais encore elles peuvent conduire à la cessation de l'allaitement en raison de la douleur provoquée.
J'ai eu l’occasion d'observer une jeune femme Madame X... qui après avoir supporté de très vives douleurs dues à des crevasses pendant presque toute la durée d’un premier allaitement s’est refusée d’une façon formelle à allaiter son second enfant.
D'après les professeurs Marfan et Wallich les crevasses peuvent apparaître dans les premiers jours qui suivent l'accouchement et se montrent surtout chez les femmes qui allaitent pour la première fois.
Ces lésions du mamelon sont dues aux traumatismes produits par le nouveau-né dans ses mouvements de succion.
Les crevasses siègent au sommet ou à la base du mamelon. Pour les éviter on s'abstiendra de toucher le mamelon avec les doigts non aseptisés ; après chaque tétée on lavera le bout du sein avec del'alcool coupé de moitié d'eau ; onséchera ensuite soigneusement le mamelon la persistance de l'humidité étant la grande cause des gerçures (Marfan, Apert); on saupoudrera ensuite le mamelon avec de la poudre de sous-mitrate de bismuth qu'on enlèvera au début de la tétée suivante avec un tampon d'ouate imbibé d'eau bouillie.
Au point de vue du traitement il est très important d'empêcher le mâchonnement du mamelon et sa macération par le lait lors des tétées.
: On emploiera la téterelle jusqu’à ce que la crevasse soit guérie et même pendant les huit jours suivants.
Les médicaments proposés sont nombreux. On pourra par exemple employer la méthode suivante : Après les tétées on fera des attouchements avec un pinceau imbibé du collutoire suivant:
PM ONE RTE tien LT net | . 5 grammes Ether q. s. pour dissoudre SAN Huile d'amandes douces q.s. pour., 30 grammes
Ou bien on saupoudrera avec de la poudre d'’orthoforme qui m'a donné de bons résultats dans un cas où d’autres traitements avaient échoué.
Dans l'intervalle des tétées il sera nécessaire de mettre un pansement sur le mamelon.
Si la crevasse n’est pas enflammée ce sera un tampon imbibé de glycérine boratée suivant la formule suivante préconisée par le professeur Marfan.
Eau de roses........, SLR 4o gr. BURN CPAS PMR RE 20 gr.
Borate de soude... ..:.. ARLON ETS Teinture de benjoin....... ns 8 gr.
Si la crevasse était entourée d’un cercle rouge ou sielle présentait un suintement, il faudrait appliquer un pansemént humide à ne pas continuer trop longtemps pour éviter la macération.
4" La galactophorite ou infection des canaux galactophores peut lorsqu'elle est double entraîner la suppression de l'allaitement.
5° Etat général de la mère.
Il est inexat de croire que la lactation phénomène naturel at. toujours favorablement sur la nutrition et sil’allaitement maternel doit être en général chaudement recommandé, il est cependant des cas où il doit être défendu.
Examinons donc brièvement quelles sont les maladies qui peuvent contre-indiquer l'allaitement.
La tuberculose pulmonaire en évolution constitue une contreindication formelle.
La femme qui en est atteinte à un degré quelconque ne doit pas nourrir son enfant autant dans l'intérêt de celui-ci que dans le sien propre (Wallich).
Après les couches la tuberculose subit souvent une poussée difficile à enrayer et si la fatigue de l'allaitement vient imposer à la femme un surcroît de travail, cette poussée atteint un caractère de gravité très marqué. -
D'après le professeur Bose on pourrait permettre dans certains cas" l'allaitement aux femmes qui ont à un sommet de la pleurite ou de linduration NES ancienne ; nous croyons qu'il vaut mieux s'abstenir. e
: Toutefois la même exclusion ne doit pas viser les femmes ayant
A tue
eu antérieurement des tuberculoses localisées et éteintes (adénites, tumeurs blanches).
Une hérédité mentale lourde sera généralement une contre-indication à l'allaitement en raison des troubles de la nutrition qui pourraient se produire.
La plupart des névroses : folie, hystérie, épilepsie constituent. des conire-indications à l'allaitement.
Les affections ns contre-indiquent généralement l'allaitement.
D'après les professeurs Marfan, Wallich et Bosc l'allaitement maternel doit être autorisé toutes les fois que les lésions sont bien compensées.
L’albuminurie ne constitue pas toujours une contre-indication à l'allaitement.
M. Apert a vu des femmes émettant plusieurs grammes d’albumine nourrir sans inconvénient leur nourrisson exclusivement au sein jusqu’à trois ou quatre mois.
Les chlorotiques vraies peuvent devenir aptes à nourrir leur enfant sous l'influence du traitement, et si la chlorose survient pendant l'allaitement il n’y aurà pas lieu de le suspendre si traités immédiatement les symptômes s’amendent rapidement.
En ce qui concerne les maladies infectieuses il faut distinguer :
Les maladies aiguës graves, à durée prolongée : Fièvre typhoïde, fièvre puerpérale grave, etc., contre-indiquent l'allaitement.
Les maladies aiguës légères ou à durée courte : angines, grippe, embarras gastrique, etc., ne sont pas des contre-indications.
$ 2. — Æmpêchements à l'allaitement provenant du fait du nourrisson
Dans le cas de gueule de loup, lorsque l'enfant ne pourra pas téter sa mère, cette dernière ne pourra pas à proprement parler allaiter son enfant ; mais néanmoins elle pourra se faire traire à l'aide de la suceipompe de Rohan (Waillich et Couvelaire) et alimenter ainsi artificiellement son enfant avec son propre lait. :
Enfin on peut se trouver en face d’un nourrisson refusant d'une manière persistante de prendre le sein.
Dans ce dernier cas il s’agit d'un enfant dont les centres nerveux sont insuffisamment développés.
La mère doit alors continuer à le mettre régulièrement au sein aux heures des tétées, et, tant que ce nourrisson refusera de téter
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“elle lui donnera son propre lait à la cuillère (ou, à défaut, du lait d’ânesse) jusqu'au moment où les centres nerveux seront assez développés.
. Si, au bout d’une vingtaine de jours l'enfant continuait à refuser Le sein, il faudrait craindreune lésion du cerveau et rechercher une hérédité syphilitique (Bosc).
$ 3. — Les empêchements d'ordre social
Le plus légitime d’entre eux est celui qui résulte de La nécessité pour la mère de travailler au dehors.
Le médecin conseillera à la mère de se faire porter son nourrisson sur le lieu du travail à l'heure des tétées.
Mais ce désidératum étant difficilement réalisable dans la pra tique, l'initiative privée a cherché à résoudre le problème en établissant des garderies placées auprès des usines.
En cas d’impossibilité on instituera un allaitement mixte avec maximum de tétées au sein.
Nousne citerons que pour mémoire les raisons invoquées parbeaucoup de femmes du monde et qui ne sont que des prétextes pour'se débarrasser du soin d'élever leur enfant. Ilest juste toutefois d'ajouter qu’à l’heure actuelle, l'allaitement au sein a été remis en honneur dans beaucoup:de familles bourgeoises.
Secriox IIL. — L’allaitement par une nourrice mercenaire
Lorsque la mère ne peut pas ou ne veut pas allaiter son enfant, ce dernier est parfois confié à une nourrice mercenaire :
y a deux sortes de nourrices mercenaires :
Les nourrices sur lieu ;
* Les nourrices à distance.
Nous ne nous occuperons que des nourrices sur iéu, car nous estimons qu’en raison de l'impossibilité de surveiller une nourrice à distance, un-allaitement artificiel bienréglé.par la mamanest préérable. AE
Dans le choix d’une nourrice sur lieu, le rôle du médecin:est. double: I doit choisir une :bonne nourrice dans l'intérêt de lenfant ; mais il doit également sauvegarder les ‘intérêts de la nour-
rice en ne lui confiant pas un nourrisson qui pourrait la contaminer.
Si le nourrisson avait des parents syphilitiques le médecin ne permettrait que l'allaitement maternel exclusif ou mixte et, à défaut l'allaitement artificiel, et dans le cas où la famille persisterait dans son désir de donner une nourrice il demeurerait étranger au choix de cette dernière.
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$ 1. — Comment choisir une ñourrice
On examinera successivement la nourrice tant au point de vue de son état général que de son état local.
1° Examen de l’état général;
On donnera la préférence à une multipare de 20 à 32 ans, non réglée, ayant une langue nette et un bon appétit.
Les femmes brunes, pas trop grasses, calmes, ayant une bonne dentition et une bonne physionomie sont les meilleures nourrices (Apert).
On cherchera surtout à dépister la syphilis et la tuberculose. On examinera les différentes parties du corps de manière à ne laisser échapper ni une roséole ni une cicatrice de lésion syphilitique ou tuberculeuse.
Après la peau, on examinera les muqueuses et l’attention se portera tout particulièrement sur la bouche et la gorge ; on interrogera la nourrice sur ses enfants, sur la cause de leur mort s’il y a lieu, et on se renseignera sur l'existence éventuelle d’avortements ou d'accouchements avant terme.
En ce qui concerne la tuberculose on auscultera soigneusement les sommets. È
Enfin, le médecin n'oubliera pas d'examiner l'enfant de la nourrice qui devra présenter toutes les apparences de la santé ; il examinera ses téguments des pieds à la tête, et en particulier au niveau des plis de l'anus et de la muqueuse, buccale.et recherchera les stigmates de la syphilis.,
‘ja 1} LOS ECTS 29 11 { [£s$1
“an Éxamenrdie l'état locabiiuiszsurnrt os sczgee vin ac .
a) Les'seéins: — L'éxamen des deux seins a une grande impor-
tance. Il ne faut d’ailleurs pas confondre le MATE ORREn ES ‘des seins'avèet celuÿ dela glande, ‘15 e5rtuoc ou 5 “is ‘os ral
‘Lorsque la'glandé est bien développée,:on :perçoitien saisissant le sein à pleines mains des noyaux durs et irréguliers qui consti+
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tuent le sein presque tout entier ; l'on se méfiera de l’atrophie d’un sein, congénitale ou consécutive à un abcès ancien.
b) La sécrétio lactée. — On cherchera à se rendre compte de la qualité et de la quantité du lait sécrété.
Lorsque l'on presse le sein le lait doit s’écouler en cinq ou six jets vigoureux, Il arrive pourtant chez certaines nourrices, que le laït ne jaillisse que très difficilement : On dit alors qu'elles retiennent leur lait et dans ce cas leur nourrisson est le seul témoin utile.
Parfois encore, lorsqu'on examine une nourrice venant de la campagne après la fatigue du voyage, le chagrin de quitter son enfant et la crainte de ne pas convenir impressionnent cette dernière dont la sécrétion lactée se trouve ralentie et comme tarie.
Cette hypogalactie passagère se trouve encore augmentée par . une surveillance excessive de la part des parents et les pesées de chaque tétée : On tourne alors dans un cercle vicieux et il faut savoir attendre pendant quatre, six, huit jours le retour de la sécrétion lactée. L’hypogalactie peut encore s’aggraÿer lorsqu'on est en présence d'un nourrisson dont les succions sont insuffisantes ; il faut alors faire terminer la tétée par un nourrisson vigoureux et ne pas se hâter de changer la nourrice car les mêmes faits se produiraient avec une autre nourrice.
Le médecin doit également se préoccuper PE qualité du lait de la nourrice tout en sachant que la composition du lait est susceptible de variations momentanées. Le lait peut être aqueux, épais ou moyen.
Lelait aqueux est clair, de couleur bleuâtre, généralement très abondant et donne des jets fournis.
Il peut même y avoir galactorrhée, lorsque le laït s'écoule du sein en dehors de la têtée et lorsqu'elle est trop forte elle motive le renvoi de la nourrice.
Les nourrices à lait aqueux peuvent faire de bonnes nourrices, mais elles exposent le nourrisson à une suralimentation facile et: sont à surveiller.
Un lait épais peut ne pas être mauvais à condition de ne pas être trop rare
Onn LR d’ailleurs une nourrice à lait épais que si elle a déjà élevé de beaux enfants, et on surveillera le nourrisson car tous ne supportent pas ces laits épais et présentent bientôt des
signes d’intolérance.
G. Thibault-Laurent
mo Pr
&2. — La nourrice choisie convient-elle à l'enfant
Il y aura lieu de considérer l’âge du lait, lerefus du nourrisson et une toxémie spécifique de la part du nourrisson.
A. L'âge du lait. — Le mieux serait de donner au nourrisson un lait ayant justement son âge.
Mais cette condition est très difficile à réaliser etelle n'est d’ailleurs pas indispensable. <
D'après le professeur Déléardre on ne devra pas prendre une nourrice accouchée depuis moins de deux mois afin qu'elle soit complètement remise, ni une nourrice dont le lait serait trop vieux et viendrait d’ailleurs à manquer avant que le nourrisson ne puisse être sevré ; Apert réclame le même délai.
Le professeur Wallich propose de refuser toutes les nourrices accouchées depuis moins de trois mois pour les raisons suivantes: Pendant les trois premiers mois la syphilis héréditaire peut donner lieu à des manifestations chez le nourrisson, alors même que la mère ne présente aucune lésion. De plus, la femme accouchée depuis trois mois est en pleine possession de ses qualités de nour-’ rice. Enfin l'enfant séparé de sa mère est beaucoup plus capable de vivre sans elle après trois mois qu'avant d’avoir atteint cet âge.
D'après le professeur Bosc on devra surtout refuser un lait trop âgé dans lequel la caséine trop abondante pour un nouveau-né provoquerait des vomissements, des coliques et de la diarrhée, et à plus forte raison on devra refuser une nourrice arrivée à la fin de sa période de sécrétion, dont le lait appelé lait de régression serait impropre à l'alimentation.
Enfin il ne faudra pas oublier que la nourrice devra pouvoir continuer l'allaitement jusqu'à l’époque du sevrage, e’est-à-dire pendant environ une année, et comme la durée de sécrétion d’une
nourrice multipare est de dix-huit à vingt mois on est ainsi conduit à ne pas accepter un lait ayant plus de six mois pour un enfant venant de naître.
Pour les mêmes raisons le professeur Marfan estime que pour un nouveau-né on doit choisir une nourrice qui ait un lait de trois à six mois.
Cette règle s'appliquerait à plus forte raison à une primipare
dont la sécrétion lactée s'arrête généralement vers le douzième mois.
B. Le refus du nourrisson.
no
On peut se trouver en présence d’un nourrison qui refuse le sein.
Ce fait se produit surtout avec des enfants qui ont été nourris au
biberon, par exemple pendant l'attente d’une nourrice.
Dans ce dernier eas la nourrice fait de l'hypogalactie et il en serait de même d’une nouvelle nourrice,
Le remède est purement préventif, il consiste à ne pas habituer l'enfant au biberon avant de lui donner le sein.
GC. Certains nourrissons ne peuvent supporter le lait d’une nourrice déterminée. Il s’agit alors d’une toxémie spécifique consécutive à une suralimentation qui a déterminé une susceptibilité par-
ticulière de l'enfant pour ce lait qui est généralement un lait ‘aqueux.
$ 3. — Causes qui peuvent entraîner la cessation de l'allaitement
Ce sont :
a) Une insuffisance tardive plus fréquente chez les primipares,
‘Si l'enfant a moins de sept mois on changera de nourrice ; s’il a sept mois, on pratiquera l’allaitement mixte ou à défaut l’allaite= ment artificiel.
b) Insuffisance du lait en quantité et en qualité après la réapparition des règles.
La menstruation est généralement suspendue pendant l’allaitement ; elle n'est pas, en principe, quand elle se produit, une contre-indication à l'allaitement,
Cependant la réapparition des règles n’est jamais d'un heureux augure, surtout chez les primipares.
Chez les multipares au moment de l'écoulement menstruel pendant deux ou trois jours l’enfant est grognon, il reste stationnaire -ou perd un peu de son poids et peut même présenter une diarrhée légère : Tout se borne là en général. Chez les primipares au con-
traire, les règles qui font leur réapparition vers le sixième oule
huitième mois s’accompagnent d’une telle diminution de la sécrétion lactée que souvent le changement de nourrice s'impose,
ce) Les émotions vives et répétées par les troubles digestifs qu’elles occasionnent amènent parfois une telle perturbation dans la sécrétion lactée (diminution de la graisse et augmentation de la caséine) qu’elles peuvent nécessiter le changement de nourrice.
d) La chloro-anémie vraie peut se montrer chez certaines nourrices, en particulier chez celles qui ont été transplantées de la montagne à la ville.
+ us. ste: Beni
LD
On ne suspendra pas l'allaitement. mais on traitera la chloroanémie et on arrivera généralement à la guérir assez facilement.
e) Ainsi qu'il a été exposé à propos de la nourrice-mère, les maladies infectieuses n’entraînent pas nécessairement la suspension de l'allaitement si elles sont peu graves, de durée courte et que l'état général de la nourrice lui permette d’allaiter.
8 4. — Hygiène de la nourrice
Le régime alimentaire de la nourrice doit être varié sans être trop copieux.
Si l’on ajoute un supplément au régime habituel, il portera surtout sur les mets farineux : Pommes de terre, pois cassés, lentilles, haricots blancs, pâtes alimentaires, etc. L’abus dela viande est à éviter.
On supprimera tous les acides : Vinaigre, salade, fruits acides, les aliments à essence tels que ail, oignons, choux, ainsi que les fromages férmentés et les mets épicés ou faisandés.
Les boissons fermentéestelles que le vin et surtout la bière n’ont pas les vertus galactogènes qu'on leur a attribuées ; elles pourront être permises mais à doses modérées et diluées.
Chez les nourrices à lait aqueux, trop abondant, on défendra le lait et la bière et on insistera sur les purées épaisses, les pâtes, les macaronis, les œufs et la viande rôtie.
Chezlesnourrices à lait épais, tropriche en beurre,on augmentera au contraire la quantité de liquide (eau, tisane, bière légère) et l'on diminuera la quantité d'aliments solides.
Le soleil et le grand air sont nécessaires à toute nourrice. On considère généralement que les purgatifs sont nuisibles à la sécrétion lactée ; s’il y de la constipation on luttera contre elle par des lavements d’eau bouillie, les laxatifs (huile de ricin, magnésie anglaise, eau de Montmirail, manne, poudre de cascara ; on s’obstiendra d’une manière absolue de donner des Nr
On ne sait pas dans qu’elle mesure exacte les médicaments passent dans le lait. Certains d’entre eux comme le chloral et l’antipyrine ont été accusés de diminuer la sécrétion lactée et il sera bon de s’abstenir autant que possible de les employer. D’après le professeur Bosc tous les médicaments pourraient être donnés, à une nourrice sans inconvénient à l'exception de l’antipyrine.
Nous ajouterons pour terminer avec l'hygiène de la nourrice que
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la chambre de cette dernière devra être convenablement aérée et que l’on ne tolèrera jamais qu’elle prenne l'enfant dans son lit.
$ 5. — Procédés à employer pour tarir la sécrétion lactée
Au moment du seyrage la mère ou la nourrice se trouvent dan la nécessité de tarir la sécrétion lactée.
Si le sevrage est lent le nombre de tétées diminuant progressivement, la sécrétion lactée diminuera dans la même mesure ; mais si l'on passe brusquement de l’allaitement au sein à l'allaitement artificiel, il est nécessaire d'intervenir pour faire passer le lait.
Ce traitement dure plusieurs jours et est même assez douloureux lorsque la sécrétion lactée est abondante.
Dans ce cas, les glandes mammaires sont pleines de lait, lesseins
sont distendus et le mamelon est turgescent.
Le remède le plus fréquemment employé est un purgatif énergique dont l’action est d’ailleurs discutée. IL est indéniable que c'est surtout la compression des seins qui tarit la sécrétion lactée et d'après le professeur Marfan les médicaments couramment, employés n’ont pas les vertus qu'on leur attribue.
Cette compression doit être faite avec une épaisse couche de ouate appliquée sur la poitrine et maintenue grâce à un bandage de corps. EL
Outre ce pansement compressifilest bon de placer sur le mame- Jon un morceau de tarlatane molle trempée dans une solution de cocaïne au dizième; la cocaïne anesthésie le mamelon et par réflexe
diminue la sécrétion lactée.
Au bout de quatre ou cinq jours le pansement peut être enlevé ; les seins sont vides de lait.
Enfin pendant toute la durée du traitement la nourrice réduit au minimum la quantité de liquide ingérée en boisson.
Section IV. — Influence de Pallaitement au sein sur le nourrisson
A l'heure actuelle, tous les auteurs sont d’accord pour admettre lassupériorité de l'allaitement au sein sur tout autre mode d’allaitement.
Le lait de femme est ainsi que nous l'avons indiqué, la nourri-