HF OD
ture spécifique de l'enfant et l’aliment qui est le mieux approprié à sa capacité digestive.
$ 1. — Caractère distinctif de l'allaitement au sein
L’allaitementau seinestcaractérisé par la rapidité dela digestion, la faible quantité de résidus, l'absence de putréfaction intestinale, le développement régulier et le bel aspect du nourrisson.
La digestion, surtout intestinale est rapide et facile ; les globules graisseux les plus fins sont absorbés directement ; les autres. subissent l’action de la lipase gastrique et surtout des sécrétions intestinales.
En ce qui concerne les matières albuminoïdes celles qui sont solubles sont absorbées aussitôt ; quant à la caséïne elle est précipitée dans l'estomac en fins flocons par la présure ; dans le duodénum ces flocons sont transformés en peptones facilement assimilables et cette digestion s'achève sous l'influence du suc intestinal.
Les albuminoïdes du lait de femme sont ainsi digérés sans laisser de résidus insolubles.
Le sucre de lait est absorbé partie en nature, partie après dé loublement en glucose et galactose absorbables sous l'influence des microbes et du lactose.
L’assimilation est presque parfaite (Marfan, Michel, Bosc, Deléardre) et le nourrisson utilise le lait de sa nourrice dans la proportion dé 96 p. 100.
Le POHVDI d'assimilation est maximum pour les graisses et presquesaussi intense pour les matières azotées.
Les résidus intestinaux. sont très réduits : Ils sont for més de graisse,fde sels de chaux et d’une petite quantité de subtances azotées,
En résumé, le faible degré de fermentation intestinale, l'absence de produits de putréfaction des albuminoïdes ‘indol,phénol, scatol), l'absence d'odeur fécaloïde des excréments sont expliqués par la petite quantité des résidus intestinaux et l’absence de microbes protéolytiques qui putrifient l’albumine.
Le laitideifemme ne renferme que le bacillus bifidus communis. qui est un microbe utile.
L'alimentation au sein est d'autant plusnécessaire pour le nourrisson qu'il est plus prèsde la naïssance,car alorsle développement de l'enfant exige une alimentation excessive à un moment où sés organes sont encore imcomplètement développés.
PU à DS
En ce qui concerne la nutrition, l’activité des échanges nutritifs est beaucoup plus grande chez le nourrisson que chez l'adulte, car le nourrisson doit pourvoir à un accroissement rapide. L’assimilation et la désassimilation sont très actives ; ce dernier dépense proportionnellement plus de calories que l'adulte et comme les graisses ont le pouvoir calorigène le plus élevé, l'alimentation du nourrisson devra comprendre une plus forte proportion de corps gras (Bosc, Netter, Deléardre).
Le sucre peut suppléer les graisses bien qu'un excès de graisse soit utile, mais il ne peut pas remplacer les albumines.
Lorsque l'assimilation diminue, la désassimilation continuant à se faire avec la même énergie il se produit de l’amaigrissement ; toutefois on devra éviter une assimilation exagérée par suralimentation qui après une période de latence peut entraîner des troubles de la nutrition générale et la production d’une auto-intoxication d'origine intestinale.
$ 2. — Aspect du nourrisson normal.
L'enfant bien portant et bien nourri a un aspect caractéristique : Il a les chairs fermes, le corps potelé, la figure pleine, la peau souple sans érythèmes, l’œil éveillé, les mouvements vifs. En résumé il a bonne mine sans être boufli et présente une peau nette.
La langue que l'on examinera fréquemment doit être propre jusqu’à la base. Le ventre est souple. Les selles au nombre de 2 ou 3 dans les vingt-quatre heures sont jaunes d’or et rappellent l’aspect des œufs brouillés; elles ne présentent pas d’odeur fécaloïde et ont une légère odeur aigrelette ayant pour cause une acidité modérée.
Le foie et la rate ne doivent pas être perçus à la palpation. Il né doit pas exister de chevauchement des pariétaux au niveau de la suture sagittale (Wallich).
Les mictions sont abondantes et fréquentes, l'enfant se mouille chaque fois qu’il se réveille, et ses urines n'ont pas d'odeur.
Le sommeil est calme et l'enfant ne pousse pas de cris persistants. Les premières dents apparaissent vers 6 à 8 mois ; mais il y a des exceptions.
La grande fontanelle se rétrécit à partir du huitième mois et doit se fermer vers le dix-huitième mois. |
Comme il y a de gros enfants et des enfants de race petite, les courbes moyennes de poids ne devront donc pas être prises comme
Tu
critérium absolu de la bonne santé d’un nourrisson et l'on devra avant tout se baser sur le tableau clinique exquissé ci-dessus.
Cependant le médecin devra savoir que le nourrisson qui pèse généralement de 3.000 à 3.500 grammes à la naissance, perd 150 à 200 grammes du premier au quatrième jour, regagne son poids initial vers le septième jour (quelquefois seulement vers le dixième ou quinzième jour) et augmente ensuite son poids de manière à l'avoir doublé vers le sixième mois et l’avoir triplé le quatorzième mois. Su
Il sera inutile de rechercher une augmentation moyenne supérieure à 20 à 30 grammes par jour pendant ies cinq premiers mois ; to à 15 grammes pendant les sept derniers mois et l'on se basera avant tout pour apprécier l'état de santé d’un nourrisson sur son aspect général et celui de ses selles.
SecrionN V. — Réglementation de l'allaitement au sein
Si recommandable que soit l'allaitement au seinilexige certaines précautions pour donner de bons résultats ; autrement dit il est nécessaire de régler cet allaitement.
Un nourrisson est comme un homme adulte, il a besoin de laisser reposer son estomac dans l'intervalle des repas, sous peine de voir survenir des phénomènes d’intolérance.
On ne s’en rapportera donc pas à l'instinct de l'enfant ; on lui imposera un régime et s’il crie on le laissera crier : peu d'enfants résistent plus de trois ou quatre jours.
J'ai eu d’ailleurs l’occasion de faire appliquer ce système à mes deux fils et dans les deux cas j'ai obtenu des résultats presque parfaits. |
$ 1. — Du choix d'une méthode
Pour fixer la quantité de lait à donner à un nourrisson déterminé différentes méthodes basées sur les considérations suivantes ont été proposées :
À. Capacité de l'estomac. — D'après le professeur Marfan en comparant les chiffres de Bencke Fleischmann, Frolowsky,d’Astros et Zucarelli l'estomac du nourrisson aurait la capacité suivante :
A la naissance... .... Pre Bts see MO ADO BCC: À UD MOIS: FA PA PRE QUEUE
£a ici A trois mois......, tn: FPS 100 CC.
OR ADI a den ane eu eo de: 150 à 200 cc.
D'ÉRSIRANTOISEAEUDE AN en Ne M TL 200 à 250 ce.
Mais nous pensons avec les professeurs Marfan et Bosc que ces chiffres ne peuvent servir à fixer le régime, en raison des variations individuelles et de la dilatation atonique facile de l'organe. Enfin rien ne prouvequ'ilsoit nécessaire qu'un repas remplisse totalement l'estomac.
B. Calcul en calories de la ration alimentaire. — Connaissant le nombre de calories fourni par chacun des éléments d’un litre de lait (beurre 53 p. 100, lactose 29 p. 100, albuminoïdes 18 p. 100), sachant qu'un litre de lait de femme représente environ 650 calories et que la nombre de calories nécessaires par kilogramme du poids de l'enfant est de 80 à 100 calories, on a pu calculer la quantité de lait nécessaire à un nourrisson en se basant d'autre part, sur une courbe moyenne progressive du poids de l'enfant.
C. Courbe moyenne et progressive quotidienne du poids de l'enfant normal. — D'après cette méthode il serait nécessaire de donner à tout nourrisson une quantité de lait assez grande pour qu'il présente un poids et un accroissement quotidien, identiques à ceux d’une courbe dite courbe moyenne de l'enfant normal.
Cette méthode très critiquée par le professeur Bosc offrirait d'après lui l'inconvénient d’assimiler les uns aux autres tous les enfants normaux ceux de petite taille comme ceux de grande taille et d'appliquer à tous un même régime d'après une courbe moyenne qui ne peut avoir que le caractère d’un schéma. Elle serait surtout dangereuse entre les mains de personnes peu intelligentes ou inexpérimentées. é
A notre avis, la plupart des auteurs qui se servent de celte courbe n'attribuent pas aux chiffres qu’elle donne un caractère aussi absolu que le pense le professeur Bosc ce qui fait tomber les critiques précédentes.
D. Méthode du « nitropnitrop peu ».— Afin d'éviterles critiques faites à la méthode précédente, Péret et Budin ont cherché à fixer le chiffre de progression « le plus raisonnable » à appliquer à l’ensemble des nourrissons normaux. Ils ont donc admis en pesant non plus quotidiennement mais à intervalles espacés, de nombreux nourrissons bien portants, qu'un nourrisson augmentait en moyenne de 35 grammes par jour pendant le premier mois et de 25 grammes par jour du deuxième au sixième mois. nr
Ils ont ensuite recherché qu’elle était la quantité de lait nécessaire à ces nourrissons pour obtenir cette progression moyenne
et ils ont ainsi obtenu des doses moyennes qui constituent le répie du «nitropnitrop peu».
On pourrait également reprocher à cette méthode de ne donner que des moyennes, mais cette objection perd de sa valeur si l'on a soin de ne considérer ces doses que comme des chiffres de base dont on peut plus ou moins s'écarter.
E. Méthode dela courbe personnelle d'accroissement. — Les partisans de cette méthode essaient de déterminer la quantité de lait nécessaire à un nourrisson d’après des pesées quotidiennes de façon à obtenir sa courbe personnelle de progression et à s’assurer de la progression quotidienne et constante de son poids.
Le principe de cette méthode est bon; toutefois que l'indique le professeur Marfan dans son Traité de l'allaitement, il n'est pas nécessaire de peser l’enfant quotidiennement car il n'est pas indispensable que la progression du poids se fasse suivant un accroissement quotidien et il ne faudra pas attacher d'importance à des arrêts ou fléchissements momentanés, qui, constatés par des pesées quotidiennes auraient le grave inconvénient d'afloler complètement la mère ou la nourrice à un point qu'on ne saurait s’imaginer.
F. Méthode des tâtonnements. — Cette méthode est préconisée par le professeur Bosc, de Montpellier. D'après lui «pratiquement la méthode des tâtonnements est la seule qui permette de déterminer pour chaque nourrisson, et d'après son examen clinique, la quantité de lait qui lui convient. Le médecin donnera d’abord une dose minimum de début variable suivant l’âge et que nous indiquerons pour chaque sorte d’allaitement, pour arriver rapidement au régimestrict, c'est-à-dire au régime qui maintient le nourrisson dans un état parfaitement normal,
C'est donc l'examen clinique qui guidera le médecin; mais en plus, et comme moyen de contrôle général utile pour éviter l'insuflisance des premiers mois, et surtout pour éviter la suralimentation, qui est la règle, il fera peser l'enfant toutes Les semaines le premier mois, tous les quinze jours pendant les deuxième et troisième mois, puis tous les mois et l'accroissement sera considéré comme satisfaisant s’il est de 20 FRERES par jour pendant les. trois premiers mois, de 15 grammes jusqu’au huitième mois et de . 5 grammes dans la suite, un accroissement plus faible étant même. parfois nécessaire pour maintenir le nourrisson dans un état normal. » ;
A notre avis la méthode des tâtonnements ne peut se suflire à elle-même ; mais tous les auteurs sont à peu près unanimes à con-
sidérer cette méthode comme le complément indispensable d'une méthode déterminée qui fixera justement les chiffres de base qué lexpérience et l'observation clinique du nourrison améneront à modifier.
G.Méthode d'évaluation de la quantité de lait à prendre d’après le poids de l'enfant. — D'après Terrien et Deléardre pour obtenir rapidement la quantité de lait que doit absorber un enfant à chaque repas, il suffit de multiplier par 2les deux premiers chiffres de son poids; s'il pèse moins de 6 kilogrammes il recevra huit fois cette quantité, s’il pèse plus de 6 kilogrammes il la recevra sept fois. Suivant le professeur Marfan : « Dans les premiers mois de la vie, la ration quotidienne du nourrisson est de 14 à 15 pour 100 de son poids corporel ; elle diminue ensuite de telle sorte qu'à six mois elle n'est plus que de 13 p. 100 et à douze mois de 12 pour 100 du poids corporel. »
H. Méthode d'évaluation de la quantité de lait à prendre d'après la taille de l'enfant. — MM. Variot et Lassablière (Marfan, Traité
de l'allaitement) ont proposé de fixer la ration sans tenir compte
du poids et de donner au nourrisson 15 grammes de lait par centimètre de taille.
Mais d’après le professeur Marfan ces chiffres seraient trop élevés en ce qui concerne les premiers mois.
$ 2. — Les doses de lait à employer d’après divers auteurs
A. La méthode préconisée par le professeur Deléardre qui emprunte certains chiffres à Terrien, est une combinaïson de la méthode d'évaluation d’après le poids du nourrisson et de la méthode de la courbe moyenne et progressive du poids de l'enfant.
En effet le professeur Deléardre écrit d'après Terrien :
« Pour calculer d’après le poids la quantité de lait que doitabsorder l’enfant à chaque repas, il suffit de multiplier par 2 les deux premiers chiffres de son poids, ete. (Voir G. Méthode d'évaluation de la quantité de lait d'après le poids).
« Exemple : au cinquième mois l'enfant pèseG kgr. 500. Enmul-
tipliant 65 par 2 (65 X 2 — 130) on obtient 130 grammes. Ce.
chiffre indique la quantité de lait que prend par tétée l'enfant de cinq mois et comme il pèse plus de 6 kilogrammes il suffit de multiplier 130 par 7 pour savoir quelle est la quantité qu'il doit normaléement prendre par 24 heures soït 910 grammes. »
< — 91 .— 1 D'autre part, le professeur Deléardre indique que la seule manière de se rendre compte de la croissance d'un nourrisson est de le peser «non pas tous les jours, mais seulement une fois par semaine » et il ajoute que l'enfant bien portant et régulièrement nourri au sein qui à la naissance pèse 3 kgr. 250, augmente progressivement suivant le tableau ci-dessous :
Kilos Augmentation
A la fin du 1° mois 4K.000 750 grammes ss gen 4 700 700 » — — 3 — 5 350 650 —- 4 — 5 9bo 600 — 5 — 6 500 550 — .— 6 — 7 000 500 — = RÉRT 7 45o Gone — & — 7 8060 400 —— — 9 — 8 200 350 — — 10° — 8 5oo 300 — — I1° — 8 700 250 — — 12 = 8 950 200 —
Il en résulte que l'augmentation de poids est à peu près :
de 25 à 30 grammes par jour pendant les 2 premiers mois.
de 20 à 25 — le 3° et 4° mois.
de 15 à 20 — le 5 et 6° mois.
de 10 à 15 — : le 7° et 8° mois.
de 8 à 10 — les 4 derniers mois de la
première année.
Ce sont donc les chiffres du tableau des poids qui serviront de base au calcul de la quantité de lait nécessaire et cette quantité moyenne de lait que prend un nourrisson bien portant élevé au sein d’une bonne nourrice, est indiquée dans le tableau suivant :
Tétées par Quantité de lait Quantité de lait
24 h. par tétée.Gr. par 24 h. Gr.
ÉAMJOUT. 20 M ÉT RAUE IA 8 D AA OUR EI re aise SE 6 20 120 SOON TRE En TE ÿ) 4o à 5o 280 à 350 ji OT AN ASERANS RNA 7 bo à 60 350 à 420 DONNE ES de de 8 6o à 80 480 à 640 net 2 MOIS... 8 80 à 100 640 à 800 HMELO NNOIS ER 7 120 à 130 840 à gro 6° au 9° mois........ Ge 7 140 à 150 980 à 1.050
Les chiffres donnés par le professeur Deléardre sont assez élevés ; mais il y a lieu de faire remarquer que l’enseignement donné
Van
à la Faculté de Lille s'adresse principalement à des étudiants de la région du Nord et chacun sait que la race flamande exige une ration alimentaire élevée et j'ai même pu constater maintes fois, en suivant les consultations de nourrissons du professeur Deléardre, que les chiffres indiqués ci-dessus étaient considérés comme correspondant à des doses insuflisantes par des mères ignorantes et peu cultivées.
Enfin il est juste d'ajouter que les chiffres relatifs au poids et à la quantité de lait par tétée ou par vingt-quatre heures sont présentés comme des chiffres moyens établis d’après un grand nombre d'observations, mais dont on peut plus ou moins s’en écarter.
Toutefois le professeur Deléardre contrairement à l'opinion du professeur Bosc comme nous le verrons plus loin, énonce qu'il est préférable de pécher par excès plutôt que par défaut.
B. — Le professeur Bosc, de Montpellier, préconise la méthode des tâtonnements qu’il applique de la manière suivante :
&II faut d'abord donner trop peu (dose minimum de début),puis arriver en tâtonnant à la dose du régime strictement utile ; enfin augmenter ce régime à intervalles assez éloignés pour revenir, à la moindre alerte, à des doses plus faibles.
« Il faut en somme adapter le régime à la capacité de développement de l’enfant. »
Dans le détail, le professeur Bosc procède ainsi: Il indique d'abord le nombre de tétées à donner par vingt-quatre heures,
nombre fixé par l'expérience ; ensuite il admet que la dose minimum de début est une tétée d’une durée de quatre minutes à un seul sein.
Enfin il donne des chiffres de base destinés à servir de points de repère et qu’il considère comme correspondant à une alimentation suffisante. Ces chiffres sont les suivants :
TABLEAU n° 1
Quantité de lait suffisante par repas et par vingt-quatre heures dans l’allaitement au sein
Dates Nombre Quantité par Quantité par de tétées tétée 24 heures 2° jour... - 5 15 10 BRON tee GË 5 25 170 AJOUT eee eee ‘ 8 35 280 8 40-45 320-400
10° au 30° jour...... 8 5o-60 LA AUCANMOIS pere 8 60-70 d'a 2 MOIS. su re 7 80-90 560-630 DÉAUOMIMOILS 7.70 6 100-120 630-720 5e au &° mois....... 6 120-130 720-780 8° au 12° mois...... 5 160-180 800-900
Le professeur Bosc donne en outre les détails suivants:
a) Fixation du nombre des tétées. — D'aprèsluiildoit s’écouler entre les tétées un temps suffisant pour que la digestion soit terminée et il est nécessaire que pendant la nuit»lestomac ait de plus longues périodes de repos.
Il est donc d’avis d’adopter les intervalles suivants basés sur l'observation et confirmés par la radioscopie stomacale :
re De la naissance jusqu’au troisième mois, tétées toutes les deux heures et demie dans la journée, et toutes les quatre heures la nuit (7 à 8 tétées par vingt-quatre heures : 5 à 6 le jour et 1 à 2 la nuit);
2° Du troisième au sixième mois, tétée toutes les trois heures le jour et une seule tétée nocturne, en tout 6 tétée par vingt-quatre heures (7 au maximum);
3° À partir du sixième mois, une tétée toutes les trois heures le jour et rien la nuit (en tout 5 tétées, 6 au maximum).
b) Durée de chaque tétée (quantité de lait par repas). — Les intervalles entre chaque tétée étant bien fixés de manière à favoriser le fonctionnement du tube digestif, il faut établir la durée de chaque tétée, c’est-à-dire la quantité de lait par repas, et puisque le nombre de repas est connu, en déduire la quantité de lait pae vingt-quatre heures, le tout en s'aidant de la méthode des tâtonnements.
Le professeur Bosc pense que l’on prolonge généralement beaucoup trop la tétée (20 à 25 minutes par exemple) et qu'il en résulte une suralimentation nuisible ; il prend comme dose minimum de début une durée de quatre minutes à un seul sein, et Les jours suivants, il augmente la durée en tenant compte de la richesse et de l'abondance du lait de la nourrice, de l'aspect général du nourrisson (fort ou petit), de son avidité, des régurgitations jusqu'au moment où on aura trouvé la durée convenable pour que l'enfant présente les caractères du nourrisson normal, type clinique des plus caractéristiques.
Pour un nourrisson ordinaire, bien portant, dont la nourrice a un lait d'abondance moyenne, la durée normale de la tétée sera en général de six à sept minutes à un seul sein; si l’enfant est glouton
cle sera réduite à cinq minutes et l’on reviendra même à quatre minutes s’il y avait des signes de suralimentation.
Avec les nourrices à lait aqueux très abondant et d'écoulement rapide, et s’il se produit des renvois, des vomissements, de l’érythème ou simplement un accroissement de poids trop considérable, on n’hésitera pas à réduire la tétée jusqu’à quatre et mème trois minutes.
C'est surtout dans ces cas que l’on devra défendre à la nourrice de donner les deux seins à chaque tétée, car le nourrisson ne prendra à chaque sein que le lait du début qui est très aqueux; on devrait même si l'enfant est vorace faire tirer le premier lait à la nourrice avant de mettre l'enfant au sein.
Au contraire lorsque la sécrétion lactée est épaisse et rare la durée de la tétée sera augmentée et, dans certains cas spéciaux,où lelait est crémeux, elle devra être prolongée jusqu'à vingt et vingtcinq minutes et reprise toutes les heures et demie.
Enfin lorsqu'on sera amené à peser chaque tétée, pendant la période des tâtonnements pour se rendre compte de l'insuffisance ou de l'excès, on prendra comme base les chiffres du tableau n°1 ci-dessus.
Les chiffres ‘donnés dans ce tableau pour la ration journalière sont moins élevés que ceuxde la plupart des autres auteurs et ceci tient à ce que le professeur Bosc redoute par-dessus tout la suralimentation.
Il est vrai que la suralimentation a causé de nombreux méfaits et que l’on a souvent vu donner à des enfants, des doses inconsidérées qui ont provoqué chez eux une gastro-entérite mortelle.
Mais, à notre avis, il faut être prudent et ne pasrisquer de tomber dans le défaut inverse, c'est-à-dire dans la sous-alimentation, car il ne faut pas oublier que les observations du professeur Bose portent sans doute exclusivement sur des enfants du Midi, de race plus petite, ayant besoin de moins de calories en raison du climat plus chaud et peut-être aussi, plus exposés à boire du lait altéré, en raison des grosses chaleurs des étés méridionaux.
J'ai eu l’occasion d'observer à Cannes un enfant le jeune F..., élevé d'après la méthode du professeur Bosc; les résultats furent les suivants:
Obs. 4. — Jusqu'au quatrième mois le jeune F... fut élevé au sein et réglementé conformément aux indications du tableau 1 ci-dessus.
Les tétées étaient pesées et la mère guidée par un médecin imbu des idées du professeur Bosc sur les dangers de la suralimentation s’astreignait à ne jamais dépasser les chiffres de ce tableau.
ne
Mais à quatre mois lorsque le nombre des tétées fut réduit à six par vingt-quatre heures avec uneration journalière maxima de 720 grammes l'enfant resta stationnaire et au bout de trois semaines il commençait à - perdre de son poids.
I1 s'agissait d'un enfant pesant 5 k. 700 ; pour obtenir de nouveau une croissance régulière, il fallut le ramener à 7 tétées avec des tétées de 115 grammes.
Par conséquent il ne faut done pas être trop exclusiviste et si la suralimentation présente. de réels dangers il ne faut pas non plus en faire un épouvantail qui pourrait aboutir aù danger inverse.
C. — Le professeur Fabre de Lyon préconise la méthode suivante qui est une combinaison de la méthode de la courbe moyenne et progressive du poids de l'enfant normal et de la méthode de la courbe personnelle d’accroissement.
1° Znlervalle entre les tétées. — D'après le professeur Fabre la digestion stomacale n'étant complète qu'au bout de deux heures et demie et la nécessité s'imposant de laisser l'estomac vide pendant une demi-heure (Chauliac, thèse de Lyon, 1905) il convient de laisser entre chaque tétée, un intervalle de trois heures.
2° Nombre de tétées. Leur durée. — Le nombre des tétées sera de 7 au maximum (6 tétées de jour et une de nuit).
À partir du cinquième mois il est suflisant de donner 5 tétées.
Le professeur Fabre aurait constaté que beaucoup de nourrissons se portaient mieux en nefaisant que 5 tétées par vingt-quatreheures avec un intervalle de trois heures et demie ; il aurait pu également dresser quelques enfants à ne faire que 4 tétées par vingtquatre heures, le développement de ces derniers étant très satisfaisant. A chaque tétée la mère donne successivementchaquesein pendant cinq minutes ; dans bien des cas la durée de la tétée doit être diminuée et ne durer que quatre, trois et même deux minutes.
3° Durée de l'allaitement au sein. — L’allaitement au sein sera prolongé jusqu’à la fin de la première année et même un peut plus tard si le sevrage devait se faire au moment des grandes chaleurs.
4° Réglementation de l'allaitement. — La surveillance de l’allaitement au sein se fera sous le contrôle de la balance et l’on établira la « courbe de gain journalier de l'enfant ».
Toutefois il ne sera pas nécessaire de peser le nourrisson tous les jours, mais seulement à intervalles réguliers, par exemple tous les huit jours et établira ensuite la moyenne journalière,
Avec un enfant normal on devra ainsi constater une augmenta-
ro PJ 734 »
He
tion de.poids qui ira en diminuant d'environ 5 grammes tous les deux mois :
Les 2 premiers mois, l'enfant doit prendre de 25 à 30 grammes par jour,
Les’ 2 mois suivants — de 20 à 25 — Les 2 | — — de 15 à 20 — Les 2 de 10 à 15 — Les a — — de 8 à 10 — Les 2 — 8 —
5° Détermination du poids que doit avoir un enfant à un âge donné. — Ce poids sera assez facile à établir en se basant sur les points de repère suivants :
A la naissance un enfant pèse en chiffres ronds 3 kilogrammes. Entre quatre mois et demi et cinq mois il double et pèse 6 kilo-
grammes.
A un an il triple et pèse 9 kilogrammes.
Telle est la méthode du professeur Fabre ; nous admettons d’ailleurs que dans son esprit les chiffres qu'il nous donne sont des chiffres de base auxquels il n’attribue pas un caractère absolu.
En ce qui concerne la réduction du nombre des tétées à cinq ou même à quatre à partir du cinquième mois, nous croyons devoir faire quelques réserves ; il serait en tout cas à notre avis fort difficile de faire adopter cette méthode dans les familles.
D) Nous avons cru comprendre que le professeur Marfan dans son Traité de l'allaitement préconisait une méthode basée d’une
. part sur celle de la courbe moyenne et progressive du poids de l'enfant normal d'autre part sur la courbe personnelle d'accroissement de l'enfant, et tenant Le plus grand compte des cas particuliers et surtout de l’aspect extérieur du nourrisson.
1° Intervalle entre les tétées, — D'après le professeur Marfan l'enfant pourra être mis au sein pour la première fois environ douze heures après l'accouchement afin de laisser à la mère et à l'enfant le temps de se reposer.
Iln’y a d'ailleurs aucun inconvénient à attendre jusqu'à vingtquatre heures.
La deuxième tétée sera donnée quatre heures après la première, et l'on pourra ensuite donner une tétée toutes les dutEe heures, ce qui fera 4 à 5 tétées en vingt-quatre heures jusqu'au moment de la montée laiteuse, c’est-à-dire jusqu’au troisième ou quatrième jour environ.
On laissera l'enfant se reposer pendant la nuit de 11 heures du soir à 5 heures du matin.
G. Thibault-Laurent 3