M D C C C CI V
L'cALLÉE T>U SILENCE
u fond du parc désert où toute voix s'est tue, Où le bourdonnement humain s'est arrêté, La grande allée étend avec tranquillité Sa vaste nef, qu'octobre a déjà dévêtue.
Pour rendre plus sereine encor sa majesté, Dont la splendeur d'âge en âge se perpétue, Diane chasseresse v découpe en statue Le geste souverain de sa divinité.
Pareille à cette allée ample, je veux ma vie :
Droite, silencieuse, à l'Art seul asservie,
Close aux rumeurs, rebelle au plus humble détour.
Et, défiant le Temps, robuste comme un arbre.
Je veux que la fierté de mon unique amour
Y dresse vers l'azur la blancheur de son marbre.
Avant-Printemps
E gris du ciel de mars a des renr.ous soyeux; L'air hésite à chanter, comme un nid qui s'éveille. L'avant-printemps nouveau, que ton aube ensoleille, Fait rêver la langueur à l'entour de tes yeux.
Dans les bois où se plaît ta tendresse farouche, Viens écouter l'appel sonore du coucou.
Tes bras sont un collier de fraîcheur à mon cou Et ton sourire est comme une fleur à ta bouche.
Les premiers bourgeons verts sont déjà dépliés. Le soir descend en nous, doux comme une caresse, Lorsque la lune — telle après moi ta tendresse — Enroule ses reflets autour des peupliers.
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