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Tennemi imi>k »le de M. de Bennîngsen, qu'il attaquait sans cesse. A. de Benningsen s*était battu en duel avec lui.
19 mars 1884.
M. de Bismarck est rentré à Berlin tout à coup; la veille de son retour, on démentait encore le bruit de son arrivée. Le chancelier ne rentre jamais qu'à regret dans sa bonne ville de Berlin, quUl déteste et qui ne Taime pas. Les promenades dans les allées solitaires d'un grand parc, Tair pur qu'on respire à Friedrichsruhe, Tombre des arbres, même le chant des oiseaux, lui plaisent mieux que la Leipzigerstrasse, Tair échauffé du Reichstag^ les poignées de main à donner et les discours de M. Bamberger. Aussi le chancelier ne revient-il à Berlin que contraint et forcé, lorsque sa présence devient indispensable. Comme l'opinion publique est toujours préoccupée de l'incident Lasker^ comme la presse américaine soutient ses députés, il fallait bien que M. de Bismarck s'expliquât à la tribune sur l'incident. Il Ta fait, de sa voix la plus douce, avec toutes sortes de précautions, de cajoleries à l'adresse de l'Amérique, des libéraux, de Lasker même, auquel il accorde tout, sauf le titre de grand homme, que le chancelier se réserve. Jamais on n'avait autant parlé de Lasker que depuis un mois. C'est que derrière Lasker mort il y a Bamberger vivant, il y a Richter, dont l'éloquence est dangereuse ; il y a Hânel et Virchow avec lesquels il faudra bientôt compter ; il y a le comte de Stauffenberg, chef du nouveau parti libéral
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allemand. Le chancelier sent là des adversaires parfaitement armés, assez redoutables ; de là Texorde insinuant, les paroles onctueuses et les quelques fleurs jetées au cadavre du malheureux Lasker.
M. Bamberger s*est posé très résolument comme successeur de Lasker. Après la cérémonie à la synagogue, après Tenterrement auquel assista une grande partie du peuple de Berlin, ce fut M. Bamberger qui prononça l'éloge du mort. Ce fut exactement le discours d'Antoine sur le corps de César : c II était mon ami, il fut envers moi fidèle et juste, mais Bru tus dit qu'il était ambitieux, et Brutus est un homme honorable. » Brutus, ce jour-là, c'était M. de Bismarck, et quand M. Bamberger a dit : c Quoique le monde politique ait le sens très fin, souvent il se laisse diriger par certains hommes, dont l'intelligence, la prudence, et le savoir-faire sont utiles^ mais qui peut-être, au fond du cœur, ce qui est d'ailleurs très pardonnable et très compréhensible, ne sont pas toujours exempts de ces légers accès d'ironie personnelle qui font voir aussi le mauvais côté des choses > — tout le monde a compris. J'ai vu le moment où les citoyens de Berlin allaient crier :
— Le testament ! le testament ! nous voulons entendre le testament de César.
M. de Bismarck va donc craindre M. Bamberger,. qui parle bien, comme il craignait Lasker, en qui parlait l'âme d'un peuple — ou, si vous aimez mieux, il va l'aimer de l'amitié qu'eut Brutus pour Antoine.
Jusqu'ici nous avions vu à la tribune un chancelier
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gras, énorme. Grâce au docteur Schwenînger, aux promenades quotidiennes, au régime exactement suivi, nous avons cetle année un chancelier maigre, mais vieux, mais tout blanc^ mais fatigué et sentant bien que l'Allemagne qui pense est pour Lasker contre lui. De là les timidités de Texorde. C'est une rude campagne que celle que commence M. de Bismarck au printemps de 1884, et il faudra tous les conseils du docteur Schweninger pour Taider à en sortir sain et sauf.
Le nouveau parti libéral allemand, formé de deux partis libéraux, n'entend pas rester inactif; il annonce des réunions le 24 mars à Hambourg, le 25 à Lubeck, le 29 à Gassel, le 30 dans le duché de Nassau. Et, comme il n*y a pas de bonne politique sans banquets, dimanche le parti banquetait dans le jardin d'hiver de THôtel- Central : la cotisation au banquet était de 5 marcs. Tout ceci n'est qu'un prélude.
L'Allemagne veut la paix, et dès la première séance du Reichstag, le gouvernement dépose sur le bureau une demande de dix-neuf millions pour la marine. On a besoin de faire travailler les chantiers de l'Empire et l'usine SchwartzkofT. Soixante-dix bateaux torpilleurs et des batteries de torpilles sous-marines sont nécessaires pour assurer la paix.
li'lodaslrie allemande el le seeiaiisme.
M. Starke a publié, en 1884, à Berlin, un livre inti-