POLONAIS, TCHÈQUES ET ALLE:MAXDS
cole ; le commerce el les manufactures n ont jamais été en grande faveur parmi eux. Aussi, avec l'accroissementcle la population et l'apparition des villes dans cotte région, la production de tous les articles de manufacture est-elle tombée entre les mains des Allemands immigrants ; réchange de ces marchaudiscs contre les produits agricoles est devenu le monopole exclusif des Juifs qui, s'ils appartiennent du moins, à une nationalité quelconque, sont, dans ces régions, certainement plutôt Allemands que Slaves. Tel était, quoiqu'il un moindre degré, le cas dans tout l'Est de l'Europe. Jusqu'à nos jours, l'artisan, le petit boutiquier, le ])etit manufacturier à Saint-Pétersbourg, à Pesth,à Jassy, ou même à Gonstantinople, est Allemand, tandis que le prêteur d'argent, le cabaretier, le colporteur — homme très important dans ces pays peu peuplés — est généralement un Juif, dont la langue maternelle consiste en un allemand horriblement corrompu. L'importance de l'élément allemand dans ces localités des frontières slaves, née de la fondation des villes, de l'établissement du commerce et des manufactures, s'est trouvée encore augmentée lorsqu'il a fallu importer d'Allemagne presque tous les éléments d'une culture intellectuelle ; après le marchand et l'artisan allemands, le prêtre allemand, le maître d'école allemand, le savant allemand, vinrent s'établir sur le sol slave. Enfin, la marche de fer des armées conquérantes ou la conquête prudente et bien rétlé-
chie de la diplomatie n'ont pas seulement suivi, mais, dans beaucoup de cas, précédé les prog:rès, lents, mais sûrs, delà dénationalisation correspondant au développement social. C'est ainsi que de grandes parties de la Prusse occidentale et de la Posnanie ont été germanisées après le premier partage de la Pologne ; on vendit et on loua les domaines publics aux colons allemands, on encouragea les capitalistes allemands à établir des manufactures, etc., dans leur voisinage, et très souvent aussi on prit des mesures excessivement despotiques contre les habitants F*olonais du pays.
Ainsi, dans le courant des soixante-dix dernières années, la ligne de démarcation entre les nationalités allemande et polonaise a subi une moditîcation totale. La révolution de 18i8 ayant proclamé le droit de toutes les nations opprimées à une existence indépendante et à la liberté de résoudre leurs affaires elles-mêmes, très naturellement les Polonais devaient réclamer aussitôt le rétablissement de leur pays dans les limites de l'ancienne République polonaise d'avant 1772. Il est vrai que, même à cette époque, cette frontière, considérée comme une délimitation des nationalités allemande et polonaise, était déjà surannée, et quelle le devenait tous les ans davantage grâce aux progrès de la germanisation; mais les Allemands montraient à ce moment un tel enthousiasme pour le rétablis-