L'INSURRECTION DE VIENNE
19 mars 1832.
Nous arrivons mainlenant aux événements décisifs qui fnrout eu Allemagne le pendant contrerévolutionnaire de l'insurrection parisienne de juin et qui, d'un seul coup, firent pencher la balance en faveur du parti de la contre-révolution: nous voulons dire l'insurrection viennoise d'octobre 1848.
Nous avons vu quelle était, à Vienne, après la victoire du 12 mars, la position des différentes classes. Nous avons vu également combien le mouvement de l'Autriche allemande était embarrassé, entravé par les événements qui se produisaient dans les autres provinces, non allemandes, de l'Autriche. 11 ne nous reste plus maintenant qu'à examiner brièvement les causes qui ont amené ce dernier soulèvement de l'Autriche allemande, le plus formidable de tous,
La haute aristocratie et les bourgeois financiers qui formaient, outre les fonctionnaires, les principaux soutiens du Gouvernement de Metter-
i')'k L ALLEMAGNE EN 1848
nich, purenL miiintenir, môme après les événe- r ments de mars, leur influence prédominante sur C le Gouvei'nemeut, non seulement grâce à la Cour, l'armée et la bureaucratie, mais encore, et hien plus, grâce à Thorreur de 1" « anarchie » qui se répandit rapidement dans les classes moyennes. Au bout de très peu de temps on essaya de quelques tentatives sous forme d'une loi sur la presse, d'une constitution épouvantablement aristocratique et d'une loi électorale basée sur l'ancienne distinction par « Etats ». Ce qu'on appelait le ministère constitutionnel et qui était composé de bureaucrates à demi-libéraux, timides et incapables, tenta même, le 14 mai, une attaque directe contre les organisations révolutionnaires, en dissolvant le Comité central des déléo-ués de la garde nationale et de la Légion académique — organe créé dans le but exprès de contrôler le Gouvernement et, en cas de besoin, de faire appel contre lui aux forces populaires. Mais cet acte ne lit que pi'ovoquer l'insurrection du 15 mai. Celle-ci força le Gouvernement à reconnaître le Comité, à abolir la Constitution et la loi électorale et à octroyer à une Diète constituante, élue par le suffrage universel, le droit de rt'diger une nouvelle loi fondamentale. Le lendemain, tout fut confirmé par une proclamation impériale. Mais le parti réactionnaire, qui avait également des représentants dans le ministère, amena bientôt ses collègues « libéraux» à tenterde nouveau une seconde attaque