‹ L'Allemagne en 1848Chapitre 4 sur 52 · I.ondres, septembre I80I · texte numérisé non relu

I.ondres, septembre I80I

CHAPITHE H L'ÉTAT PRUSSIEN

•28 octobre 1831.

En Allemagne, le mouvement politique de la \ classe m ny pn luw^Hj^Jjoj i r^eoisuj^eut ètre__Çiva^ idéré comme datant de t84U. 11 avait été précédé de symptômes montrant que la classe qui tenait I entre ses mains l'argent et lindustrie de ce pays était arrivée à un degré de maturité tel qu'il ne (V lui était plus p()ssil)le de rester apathique et pas- 1 sive sous le j<uig du monarchisme mi-féodal, mihureaucratique. Les petits princes allemands octroyaient les uns après les autres des constitutions plus ou moius libérales, en partie pour s'assurer une indépendance plus grande vis-à-vis de la suprématie de l'Autriche et de la Russie, ou encore pour échapper à rinttueuce de la noblesse de leurs propres Etats, et en partie pour réunir en un faisceau solide les pi'ovinces distinctes que le Congrès de Vienne avait réunies sous leui' domination. Ils pouvaient le faire sans aucun danger pour eux-mêmes, car ils savaient que, si la Diète (!(> la r.onfédératiou, siuiple mai'ionnette euti'e les

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; mains de lAiilriclieel de la Prusse, voulait empiéter sur leur indépendance de souverains, ils

■ seraient soutenus dans leurrésistance par l'opinion publique et par les Chambres; si, au contiaire, ces Chambres devenaient trop puissantes, ils pouvaient aisément s'adresser au pouvoir de la Diète pour l)riser toute o[)positiou. Dans ces circonstauces. les institutions constitutionnelles de la Bavière, du Wurtemberg, de Bade et du Hanovre ne j)ouvaieut donner lieu à aucune lutte politique sérieuse, et la grande masse île la classe moyenne allemande se tenait généralement à r(''cai'l des [x'tites querelles qui naissaient dans les législalures des petits Etats. La bourgeoisie savait bien ({ue, sans uji changement fondamental dans la politique etdans la constitution des deux grandes puissances de lAllemagne, les ellorts et les victoires secondaires n'avaient aucune valeur. Mais en même temps surgissait, dans ces petites assem- Idées, une nouvelle race d'avocats libéraux, gens (rop|)osition par |)rofession : les Rotteck, les Welcker, les Hoemer, les Jordan, les Stiive, les Eisenmann, — grands « hommes po[)ulaires » (Volksmanner) qui, après une opposition de vingt années plus ou moins bruyante maistouj(Uirs infructueuse, ont été portés au faîte du pouvoir par la grande marée révolutionnaire de 1848, et après \ avoir moniré leur impuissance et leur insignilianceextrèmes,ontélé, au boutdun instant, renversés de nouveau. Ces premiers échantillons,

nouveaux sur le sol allemand, de Tindustriel de de la politique et de l'opposition, ont, par leurs discours et leurs écrits, rendu familier à l'oreille allemande le langage du conslitutionnalisme et, pai' leur existence même, ont fait pr(''voir rapproche d'un temps où la classe moyenne s'emparerait, pour leur rendre leur valeur propre, des phrases politiques, que ces avocats et ces professeurs si bavards avaient l'habitude d'employer sans trop connaître le sens qui s'y attachait originellement.

La littérature allemande se trouvait également sous l'intluence de l'excitation politique qui s'est emparée de toute l'Europe à la suite des évéuements de 1830. Presque tous les écrivains de ce temps prêchaient un conslitutionnalisme mal ébauché ou un républicanisme encore plus informe. II devint de plus en plus une habitude, surtout chez les littérateurs de qualité inférieure, de remplacer dans leurs productions le manque d'esprit par des allusions politiques ; c'était un moyen sur d'attirer l'attention du public. La poésie, les nouvelles, les revues, le drame, bref toute production littéraire abondait en ce qu'on appelait la « tendance », c'est-à-dire en manifestations plus ou moins timides de l'esprit auligouvernemental. Pour compléter cette confusion dans les idées qui régnaient en Allemagne après 1S3(), il y avait, se mélangeant avec ces éléments d'opposition politique, des souvenirs mal digérés de philosophie

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