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allemande et des mietlos mal comprises de socialisme français, en particulier de saint-simonisme; et la clique des écrivains qui discouraient sur cet ensemble hétérojiène d'idées s'intitulait présomptueusement « la Jeune Allemagne » ou « l'Ecole moderne ». Depuis, ils se sont repentis des péchés de leur jeunesse, mais n'ont pas amélioré le style de leurs éciils.
Enfin, la philosophie allemande, qui constitue le thermomètre le plus compliqué, mais en même temps le plus sûr, du développement de l'esprit allemand, s'est prononcée en faveur de la classe moyenne avec Hegel, qui, dans sa « philosophie du droit », proclamait la monarchie constitutionnelle la forme finale et la plus parfaite du (îouvernement. En d'autres termes, il ;iunonçait ainsi l'avènement prochain au pouvoir politique des classes moyennes du pays. Apièssa mort, ses élèves ne s'arrêtèrent ])as là. La fraction la plus avancée de ses disciples, (|ui soumettait d'une part toute croyance religieuse à l'épreuve d'une rigoureuse critique et secouait jusque dans ses fondatioDs le vieil édifice du christianisme, émettait en même temps les principes politiques les plus hardis ({uil ail jamais «'lé donné d'entendre à une oreille allemande et essayait de remettre en honneur la mémoire des héros de la première Révolution française. Si le langage philosophique abstrus, dont s'envelop|)aieut ces idées, obscurcissait l'esprit de l'écrivain et du lecteur, il aveuglait en même temps les yeux du
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censeur et permettait aux « jeunes hégéliens » de jouir d'une liberté de la presse, inconnue dans toute autre branche de la littérature.
L'opinion publique en Allemagne subissait manifestement un grand changement. Peu à peu la grande majorité de ceux à qui leur éducation et leur situation dans la vie permettaient d'acquérir, sous la monarchie absolue, quelques connaissances politiques et de se former quelque chose comme une opinion politique indépendante, se groupaient en une puissante phalange d'opposition contre le système existant. Et lorsqu'on porte un jugement sur la lenteur du développement politique de l'Allemagne, on ne doit pas manquer de prendre en considération combien il est difficile d'avoir des renseignements exacts sur quelque sujet que ce soit, dans un pays où toutes les sources d'information sont soumises au contrôle du Gouvernement, oij nulle part, des écoles du village et des écoles du dimanche aux journaux et aux universités, rien n'était dit, pensé, imprimé ou publié qui n'en ait obtenu, au préalable, l'autorisaliou. Cojisidérez Vienne. j)ar exemple. Pour l'activité industrielle, la population de Vienne n'était probablement dépassée par aucune autre ville en Allemagne ; elle s'est montrée de beaucoup supérieure à toutes en esprit, en courage et en énergie révolutionnaire, et cependant elle a révélé plus de mt'connaissance de ses intérêts réels et a commis pendant la Révolution pi us de fautes que quiconque;
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dans une très graiulc mesure, la raison en est dans ]"ii;Morance presqu'absolue des questi(^ns politiques les plus ordinaires où le Gouvernement de Metternich avait réussi à la tenir.
11 n'est pas besoin d'autres explications pour comprendre pourqnoi, sous un tel système, les connaissances politiques étaient le mono[)ole pres- (|u'exclusif des classes qui avaient les moyens de les faire entrer en contrebande ; elles étaient plus particulièrement familières à celles dont les intérêts se trouvaient le plus sérieusement b'sés par r»''lat de choses existant, c'est-à-dire pai- les classes manufacturières et commerçantes. Aussi furentelles les premières à se réunir en une masse pour agir contre un absolutisme plus ou moins déguisé, et c'est de leur entrée dans les rangs de l'opposition que doit dater le commencement du véritable mouvement révolutionnaire en Allemagne.
Le soulèvement, l'opposition de la bourgeoisie allemande, peutcti'e |)lacé eu 18i0, date de la Uiort du feu l'oi de Prusse, dernier survivant des fondateurs de la Sainte-Alliance de 181."). On savait que le nouveau roi n'était pas un soutien de la monarchie essentiellement bureaucratique et militaire de son père. (]c que la classe moyenne, en France, avait attendu de l'avènementde Louis XVI, la bourgeoisie allemande espérait, dans une certaine mesure, l'obtenir de Frédéric-Guillaume 1\^ de Prusse. Tout le monde s'accordait à condamner l'anciimsvstème, à le trouver vermoulu, àréclamerson
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abolition ; ce que Ion supportait en silence sons l'ancien roi était maintenant hantement proclama intolérable.
Mais si Louis XVI, « Louis le Désiré », avait été un simple niais, sans prétenlions, à moitié conscient de sa propre nullité, ne possédant aucune opinion arrêtée et gouverné surtout par les habitudes que lui avait données son éducation, « Frédéric-Guillaume le Désiré » était quelque chose de très différent. S'il surpassait incontestablement son original français en faiblesse de caractère, il n'était dépourvu ni de prétentions ni d'idées. 11 avait acquis, en amateur, la connaissance des éléments de la plupart des sciences et se croyait par conséquent assez savant pour prononcer un jugemont décisif sur n'importe quel sujet. Il se croyait un orateur de premier ordre, et certainement aucun commis voyageur de Berlin ne pouvait le surpasser pour l'abondance de prétendus traits d'esprit et la rapidité d'élocutiou. Mais, surtout, il avait des opinions à lui, et s'il haïssait et méprisait l'élément bureaucratique de la monarchie prussienne, c'était uniquement parce que toutes ses sympathies allaient à l'élément féodal. Etant luimême un des fondateurs et des principaux collaborateurs de la Revue politi([ue hebdomadaire de Berlin K un représentant de l'Ecole qu'on a appelée historique (et qui vivait des idées de Bonald,de de
1 Politisches Wdclienblall.
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Maistre et daiities écrivains de la première génération des légitimistes français), il visait à rendre aussi complètement (|ue possible à la noblesse une situation sociale prédomiuaute. Le roi devait être premier noble du royaume, entouré d'al)ord d'une cour Ijrillante de puissants vassaux : princes, ducs et comtes ; en second lieu, d'une noblesse plus basse, mais nombreuse et riche; il gouvernerait selon son plaisir ses loyaux bourgeois et paysans, et se trouverait être ainsi le chef d'une hiérarcbie complète de couches sociales ou de castes; chacune d'elles devait jouir de ses privilèges particuliers et être séparée des autres par la barrière presquinfranchissable élevée par la naissance ou par une position sociale tixe et inaltérable; l'ensemble de ces castes ou « états du royaume » verrait se contrebalancer en même temps si bien leur pouvoir et leur intluence que le roi garderait une complète indépendance d'action. — tel était le beau idéal ^, que Frédéric-Guillaume IV entreprit de réaliser et qu'il essaie encore de réaliser en ce moment.
Il dut s'écouler un certain temps avant que la bourgeoisie prussienne, qui n'était pas trop versée dans les questions théoriques, découvrit le sens véritable des tendances de son roi. Mais ce qu'e'le remar([ua, au bout de très peu de temps, c'est qu'il inclinait vers les objets qui représentaient juste
' En Iranonis dnns le texte.
le contraire de ce dont elle avait besoin. A peine sa loquacité eut-elle été déchaînée par la mort de son père que le nouveau roi se mit à proclamer ses intentions dans des discours sans nombre, et chacun de ses discours, chacun de ses actes, lui aliénait les sympathies de la classe moyenne. Il n'y aurait pas fait grande attention, s'il n'y avait pas été forcé par la dure et décevante réalitt' qui vint interrompre ses rêves poétiques. H(das, le romantisme sait mal calculer, et le féodalisme a toujours, depuis Don Quichotte, compté sans son hôte ! Frédéric-Guillaume IV a trop partagé ce mc'pris pour l'argent comptant qui a toujours été le plus noble héritage des tils des croisés. A son avènement, il tnjuva un système de gouvernement coûteux, quoiqu'organisé parcimonieusement, et un trésor d'Etat qui n'était que médiocrement plein; au bout d'un espace de deux ans, les dei'nières traces du surplus existant étaient dépens('es en fêtes de la cour, en voyages du roi, en subventions aux nol»les nécessiteux, râpés et cupides, etc. ; les im})ôts réguliers ne suffisaient plus ni aux exigences de la Cour, ni à celles du Gouvernement. Sa Majesté se trouva ainsi pla- C('e entre un déficit manifeste, d'une part, et une loi datant de 1820, de l'autre, loi d'après laquelle tout nouvel emprunt et toute augmentation des impots existants étaient illégaux, s'ils ('daient faits sans l'assentiment de la « future représentation du peuple ». Gette représentation n'existait pas, et