LIVRE III
ÉCOiNOMIE SOCIALE,
Vers la fin du moyen A^je, les prop,rès de l'économie sociale correspondirent exactement au rapide développement des sciences et des arts.
Cela est facile à comprendre.
La vie d'un peuple, dans ses diverses manifestations, forme une unilé naturelle, un tout coordonné; aussi une influence réciproque se fail-elle toujours sentir entre l'économie sociale et l'activité intellectuelle d'une nation. L'économie exerce une puissante action sur la vie de l'inlelligence, et celle-ci, à son tour, reçoit d'une bonne organisation matérielle ses conditions et sa mesure. L'histoire démontre qu'à une civilisation matérielle peu avancée correspond toujours un faible degré de culture intellectuelle. Les progrès du bien-être déterminent les progrès accomplis en général dans les autres formes de la vie nationale.
L'économie sociale se divise en trois branches de travaux et de résultats : l'agriculture, l'industrie, le commerce.
L'agriculture, qui embrasse'le labourage et le pâturage, obtient du sol les produits bruts de la nature. L'industrie se charge de les mettre en œuvre, et comprend tous les métiers et travaux industriels. Le commerce, enfin, échange les produits soit naturels, soit industriels, particuliers à chaque pays, et sert d'intermédiaire entre ceux qui sont dans l'abondance et ceux qui sont privés.
Les différentes branches de l'économie sociale restent dans un heureux et juste équilibre aussi longtemps que leur développement est normal; elles ont alors l'une sur l'autre une influence féconde et reçoivent l'une de l'autre le mouvement et la vie. L'essor de l'agriculture amène la prospérité de l'industrie; celle-ci développe Textension du commerce et, à leur tour, l'industrie et le commerce réunis produisent le perfectionnement de l'agronomie.
C'est dans cette influence réciproque, c'est dans l'équilibre de.> groupes principaux du travail que git, à proprement parler, la force économique d'un peuple.
Mais si un trouble essentiel survient, si le commerce et l'espriî mercantile étouffent le travail réellement productif et fécond; s'ik développent un luxe exagéré, l'économie sociale en est profondément atteinte; les mœurs en souffrent, et leur relâchement a pour premier effet de miner et d'appauvrir la vie religieuse. Ces maux s'aggravent dans la mesure où le capital, qui n'est que le revenu d'un gain sans labeur, réussit à influencer les relations et les trafics des hommes entre eux, pour un profit usuraire et l'exploitation injuste des travailleurs.