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LES VIGNOBLES

prédiicclion ^ L'aiilcup du Livre des grains, arbres et plantes célJ^bre les J.'irdins merveilleusement tracés de TAllernngne et lait surfout l'élojje de ceux du pays rhénan. Il vante « non-seulement ceux des seijjiieurs, mais encore ceux qui entourent les maisons des plus liumblcs paysans* ".

Le poète latin Eysengrein décrit ainsi les environs de Spire :

Le froment, sur sa tige vigoureuse, berce les lourds épis,

Et le blé d'or se balance dans les sillons pressés.

Le cep, chargé de fruits mûrs, est fier de son raisin luxuriant.

Dans des lignes élégamment tracées, les lourdes grappes mûrissent.

L'h.ibile jardinier cultive avec amour les fruits les plus succulents.

Les herbes aromatiques ne manquent point à nos cuisines.

Un sol admirablement ferlilo produit des plantes de tout genre;

Des gazons vigoureux séduisent l'œil par leur vert attrayant.

Les hautes tiges du poirier, du pécher et du figuier s'élèvent et prospèrent;

Le néflier, le mûrier, le châtaignier portent des fruits abondants,

Et l'amandier y épanouit ses fleurs charmantes^.

« Entre Spire et les montagnes de l'ouest », rapporte Sébastien Münster dans sa Cosmoyrap/iie, " il y a tant d'amandiers que, grâce à eux, presque toute l'Allemagne est approvisionnée d'amandes. Surtout près de la petite ville de Deidesheim, la campagne n'est pour ainsi dire qu'un vaste bois d'amandiers. " « L'excellent vin du territoire de Spire » , rapporte Eysengrein dans sa Chronique, " est expédié par terre et par eau en Suisse, en Souabe, en Bavière, en Lorraine, dans la basse Allemagne, et quelquefois même jusqu'en Angleterre *. »

Vers la fin du moyen âge, la vigne fut, en Allemagne, l'objel d'un soin tout spécial^; elle prospérait admirablement dans des contrées d'où elle a maintenant complètement disparu. A Erfurt, dans les bonnes années, on récoltait jusqu'à soixante mille seaux de vin.

En Hesse, la vigne était cultivée avec un tel succès par les abbés, les seigneurs, les bourgeois, les chevaliers de l'ordre Teutonique et

' Langhthal, t. III, p. 121-122. Nuremberg était également célèbre pour ses belles pépinières, (ciltes, De orig. .Vorimb., cap ii.) En 1505, l'empereur Maximilieu envoie ses jardiniers à l'école des jardiniers de Nuremberg pour s'instruire dans l'art de semer les pins et les sapins. C'est de Nuremberg que Francfort apprit l'art de semer ces arbres. Rriegk, Gesch. von Francfuri, p. 15G.

* Page 14. — Voy. A. Kalfma.NX, L'ber Gartenbau im ÂlUlelallcr und wahrend der Periode der Renaissance. — Voy. Pick, Monatsschrift fur rhcinisch-icestfalische Geschichtsforschung, t. VII, p. 129-155,

^ Eysengrein, Urbis Spirae Encomium, dans Geissel, Kaiserdom zu Speyer {CoXOQne , 1876), p, 590-596.

* Voy. Mone, Zeitschrift, t. III, p, 261, 271-272.

* Langenthal, t. I, p. 174.

même par les simples paysans que, vraisemblablement, plusieurs crus égalaient ceux du Rhin ou de la Bourgogne. Fulda, Marbourg, Eschwege, Witzenhausen et Cassel formaient les points centraux des vignobles. Les villages environnants n'étaient presque habités que par des vignerons. Dans le Brandebourg, les coteaux de vignes et les clos de vin entouraient les villes de Rathenow, Brandebourg, Cologne sur laSprée, Oderbcrg, Guben, Lubben, etc.; et dans le Mecklembourg, sans parler des importants vignobles de Schwerin et de Planen, il y avait en 1508 des vignes en plein rapport à Lubz, Grevismiihlen et Stargard. Elles s'étendaient jusqu'à Lübeck '. Dans les pays vignobles, la vigne s'étendait, à cause de lapins grande consommation de vin qui se faisait alors, sur un bien plus grand espace de terrain que de nos jours. Aux environs de Fraucfort-sur-lc-.Mein, elle occupait presque tout le territoire de la ville et finit par envahir si bien le pays, que le conseil, dans l'intérêt des jardins et des champs, défendit de planler à l'avenir de nouveaux ceps (lôOl). Entre 1472 et 1500, le produit des vignes s'éleva, bon an mal an, à 7,000 foudres. En 1483, il monta même jusqu'à 32,000 foudres. Il n'est donc pas surprenant qu'aux noces des patriciens de Francfort on biU aisément un foudre entier de vin, et qu'à la noce d'Arnold, seigneur de Glaubourg (1515), sept muids aient été vidés-. Dans le district de Ratisbonne, depuis Kelheim, sur la rive gauche du Danube, les vignes attenaient aux vignes, et cela dans plus d'un terrain aujourd'hui inculte et complètement improductif. A l'intérieur et à l'extérieur de ses murs d'enceinte, Ratisbonne comptait, en 1509, quarante-deux clos de vignes. Les bourgeois faisaient un grand commerce de vin rouge de Bavière, lequel n'était pas seulement débité dans le pays, mais souvent expédié à l'étranger, en France, par exemple. Le vin, et non la bière, était autrefois la boisson favorite des Bavarois ^ " En Bavière, dit le Livre des grains et des arbres, le plus simple ouvrier fait usage de vin deux fois par jour, comme deux fois par jour il mange de la viande *. ;' Les vignobles abondaient aussi dans le Palatinat bavarois ^ A Ulm, les jours de marché au vin, on voyait souvent arriver sur la place jusqu'à 300 voitures chargées de tonneaux". A Vienne, la vendange durait quarante jours, et deux ou trois fois

' Voy. Nordhoff, Der vormalige Weinbau, p. 19-26.

- Krikgk, Zustände Frankfurts, p. 241. — Burgerthum, p. 280-287. — .Vcue Folge, p. 244, 406. — Arnoldi, t. III, 29-55.

^ Voy. Scherer, Über den Weinbau bei Regensburg von der Römcr^cit bis zur Gencnirart, p. 4-7 (Ratisbonne, 1869).

* P. 14''. \\. Wackernagel, Kleincrc Schriften, t. I, p. 89, 92.

5 Voy. MONE, Zeitschrift, t. X, p. 195.

^ Jager, Ulm, p. 715-717.

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