‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 259 sur 477 · VÉRITABLE PORTÉE DE LA QUERELLE DES INDULGENCES · texte numérisé non relu

VÉRITABLE PORTÉE DE LA QUERELLE DES INDULGENCES

saint concile de Constance », dit Tetzel, " l'a récemment défini : Pour [jagner l'indulgence, il faut, selon les conditions imposées par la sainte Église, confesser ses péchés avec repentir et former le ferme propos de ne les plus commettre. On trouve ces conditions exposées avec détail dans toutes les bulles papales » ; « ceux qui gagnent l'indulgence sont établis dans un vrai repentir et amour de Dieu. Or ces sentiments ne sauraient laisser le chrétien inactif et tiède; ils l'animent, au contraire, dans le service de Dieu, et l'excitent à procurer sa gloire par de saintes actions. Il est clair que les fidèles qui ont gagné l'indulgence par leur ferveur sont de bons chrétiens, craignant Dieu, et non des âmes tièdes et relâchées. « « L'indulgence est surtout accordée en vue de la gloire de Dieu, et celui qui fait l'aumône pour la mériter est bien évidemment charitable par amour pour Dieu, puisqu'il lui serait impossible de l'obtenir sans un vrai repentir et sans une grande charité. Or, celui qui fait le bien par amour de Dieu agit selon Dieu '. » Tetzel recommande aux prédicateurs de bien faire comprendre aux fidèles que nos œuvres de justice ne suffisent pas pour le salut, auquel nous ne saurions jamais atteindre sans le secours de la divine miséricorde *. Parmi les bulles et lettres d'indulgence où ces doctrines sont le mieux précisées, il faut citer un décret de Léon X (1518), où nous lisons : « Le Pape, en sa qualité de successeur de saint Pierre, possesseur des clefs, vicaire de Jésus-Christ sur la terre, en vertu du pouvoir qui lui a été remis, a tout aussi bien la puissance de remettre les péchés aux fidèles que de les délivrer des châtiments dus à ce péché. Le Pape efface les offenses du pécheur au moyen du sacrement de pénitence, et le délivre du châtiment temporel au moyeu de l'indulgence ^ »

Tetzel, d'un coup d'œil pénétrant, devina tout de suite, à la vive sensation produite par les thèses de Luther, que la querelle commencée n'était pas, comme le pensaient plusieurs, une simple dispute d'école. Il y vit aussitôt une lutte de principes d'une immense portée, lutte touchant aux fondements de la foi et à l'autorité même de l'Église. Il se plaignit, dans sa réfutation du Traité sur les mdulgences et la grâce, publié par Luther en réponse aux Antithèses, que le Pape et l'Église y étaient tournés en dérision; il ne prévoyait que trop, disait-il, que désormais on n'ajouterait plus foi aux enseignements de l'Église, et qu'on interpréterait la sainte Écriture à sa guise *.

Maximilien, lui aussi, avait promptement aperçu toute l'impor-

1 Dans Rapp, Sammlung 332 fii. — Voy. K. M. IIermann, Joh. Telzd (Francfort, 1882), p. 31-32.

' Rapp, Schauplatz des Telzelischen Ablasskrames (Leipzig, 1720), p 48 ^ Kapp. Sammlung 461.

''Gno-NE, p. 103-109.

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