‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 258 sur 477 · LUTHER ET TETZ EL · texte numérisé non relu

LUTHER ET TETZ EL

scniblablcs paroles, qu'éfait-il besoin que ï.uther affirmât ne point rejeler rinfliil{^;ence romaine '? De tels sermons remuaient et troublaient nécessairement la foi des fidrles. Plus lard, s'expliquant franchement sur les secrets mobiles de sa conduiîe passée, Luiher écrivait h Teizel : « Restez calme, car la chose n'a pas commencé par moi, l'enfant a bien un autre père '! » >< De graves abus s'élaient iniroduits dans le clergé «, écrit-il dans un mémoire rédigé pour l'électeur de Saxe; « les États s'en étaient plaints, le F^ape avait promis d'y apporter remrde; mais comme ces abus n'avaient point été réprimés par ceux-là mêmes qui eu avaient la charge, ils commençaient maintenant à tomber d'eux-mêmes dans tous les territoires allemands. Eux seuls étaient cause du mépris dont les prêtres étaient l'objet, de leur réputation d'ignorance, d'incapacité, et de la méfiance générale qu'ils inspiraient. Or la déchéance du clergé, la cessation des abus, élait déjà, pour ainsi dire, un fait accompli avant qu'apparût la doctrine luthérienne, car le monde entier était las des abus ecclésiastiques. » Luther attachait une importance capitale à ce qu'il appelait emphatiquement « sa doctrine ». A l'entendre, la religion lui devait son salut \

Tetzel, en cent dix antithèses*, réfuta les propositions de Luther à l'Université de Francfort-sur-l'Oder, où il venait d'être promu au grade de docteur en théologie (1517). Ces antithèses exposent avec clarté et concision la doctrine de l'Église sur les indulgences. Tetzel y insiste surtout sur les points suivants : les indulgences n'effacent pas le péché; elles ne font que remettre les peines temporelles que le péché a méritées, à condition qu'il ait été préalablement regretté et confessé; la doctrine des indulgences n'amoindrit en aucune manière la foi du fidèle en l'unique efficacité des mérites de Jésus- Christ, puisque l'indulgence ne fait autre chose que substituer aux chùliments satisfactoires la Passion expiatrice du Rédempteur*. -^ Le

^Samvitl. IVerIce, t. XXI, p. 2t2-2t3.

' De Wette-Seidemann, t. VI, p. 18.

» De Wette, t. III, p. 439. — Siimmtl. Werke, t. LIV, p. 63-64.

* L'opinion communément répandue que Tetzel aurait brûlé publiquement les thèses de Luther, n'est pas fondée. Voy. Gröne, p. 122-126. Les Antithèses de Tetzel furent brûlées par les étudiants de Wittemberjj sur la place du marché. Voy. sur ce fait les lettres de Luther du 21 mars et du 9 mai I.'IS. Dr Wette, t. I, p. 98-99, 109, et les passages cités par BüRCKH.*.nDT, Luthers Briefwechsel, p. 10. L'auteur de l'article sur Wimpina, dans le Mainztr CathoUk, Meue Folge, t. XXII, p. 129-132, a prouvé que Tetzel était bien l'auteur des antithèses, et non Wimpina. — Voy. aussi Grone, p. 74-81. • Quiconque lira les antithèses de Tetzel •, dit Hefele dans le Titbingcr Quartalschri/i (année 1854, p. 631), t sera forcé de convenir qu'il possédait à fond la difficile doctrine des indulgences, et que ses arguments sont incontestablement préférables à ceux du très-célèJ)re D"^ Eck. -

' Gröne. p. 81-96.

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