‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 273 sur 477 · LUTHER FAIT ALLIANCE AVEC LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

LUTHER FAIT ALLIANCE AVEC LA RÉVOLUTION

voie aux princes très-puissants qui bientôt prendront en main la cause de la liberté. Oue ne pouvons-nous pas espérer ' ? "

Hütten, pour les frais de ce voyage à la cour de Bruxelles, eut recours à l'archevêque Albert de .Mayence-, avec lequel, en dépit de tous ses écrits incendiaires contre Home, il restait toujours en fort bons termes. Albert ne dissimulait point ses espérances. Il se flattait que TAllemag^ne, une fois affranchie du Pape, fonderait une Église nationale dont il deviendrait le chef suprême \ <• Hütten est venu à Mayence ' , mande Agrippa de Nettesheim à un ami (16 juin 1520). « H était accompagné de plusieurs partisans de Luther; tous montrent une extrême indignation contre ceux qu'ils appellent les courtisans, et contre les légats romains. Ils sont fort mal disposés pour la personne même du Pape. Ils préparent, si Dieu ne l'empêche, de grandes révoltes en ce pays, car ils font aux princes souverains et aux seigneurs de belles promesses, et les exhortent à secouer le joug de Rome. Qu'avons-uous besoin, s'écrieut-ils, d'un évoque romain? N'avons-nous pas, dans notre Allemagne, des primats, des évêques? L'Allemagne doit abandonner Rome, et s'en tenir à ses primats, à ses évêques, à ses curés. Tu vois clairement ce à quoi ils visent. Déjà, quelques princes et cités leur font un accueil bienveillant; quant à ce que pourra tenter l'autorité de l'Empereur, je l'ignore *. »

Depuis la mort de Maximilien (janvier 1519), l'Empire, privé de maître, était livré à une sorte d'anarchie, et le déplorable désarroi des affaires publiques ne favorisait que trop les menées du parti révolutionnaire.

L'alliance de Luther avec le parti révolutionnaire était désormais un fait accompli =.

Bientôt il répond à Hütten qu'il a plus de confiance en Sickingen

' • ...Viam facturus libertati per maximos principes. Quid non speramus igitur? » Corp. Reform., t. I, p. 201.

* Voy. la lettre de Jean Cochlaeus, 12 juin 1520, dans Böcking, t. I, p. 358.

^ La question de savoir si le Pape tient son autorité de Dieu ou simplement d'un mandat humain paraît à Albert « superficielle, indifférente, au nombre de ces questions dont un vrai chrétien n'a pas beaucoup à se préoccuper = . — Voy. Riffel, t. I, p. 174-175.

* BÖCKING, t. I, p. 339-360. Voy. STR.iLSS, t. IV, p. 55.

' Maure.nbrecher [Katholische Reformation, t. I, p. 394) reconnaît franchement ce fait, mais il approuve la ligne de conduite adoptée par Luther: • ce n'est pas aux protestants '. selon lui, • qu'il appartient de le blâmer. Ils doivent av

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