‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 283 sur 477 · INTRIGUES RÉVOLUTIONNAIRES DE HÜTTEN · texte numérisé non relu

INTRIGUES RÉVOLUTIONNAIRES DE HÜTTEN

VOUS le verrez de vos propres yeux. Kn attendant, ayez confiance, hommes de T Allemagne; cncourap,ez-vous les uns les autres; vos chefs ne seront ni inexpérimentés ni faibles pour ramener la liberté parmi vous '. «

Revenu sans succès de son voyage à la cour de l'archiduc Ferdinand, qu'il avait espéré entraîner dans la ' grande lutte contre Home », Hütten, peu de temps après son retour, eut connaissance d'un bref papal adressé à l'archevêque de Mayence Albert, et requérant celui-ci d'arrêter les projets « de ce fou audacieux, de ce dangereux agitateur nommé Hütten, et, en cas de nécessité, d'employer contre lui la force* ». Ce bref lui servit de prétexte pour supposer un effroyable complot, ourdi, prétendait-il, contre sa vie et sa liberté par le Pape. Luther écrit le 15 septembre à son ami Spalatin : » Hütten, dans les lettres qu'il m'écrit, fulmine contre le Pape. Il me mande qu'il est maintenant décidé à déchaîner la tempête contre la tyrannie sacerdotale, et cela par la plume comme par le glaive. Le Pape lui dresse des embikhes; sa vie est menacée par le poignard et le poison; il parait que Léon a ordonné à l'archevêque de Mayence de se saisir de lui, et de l'envoyer garrotté à Rome^ » Et plus tard, le 2 octobre : « Hütten s'arme contre le Pape, et sa rage est à son comble; aussi se propose-t-il de servir la bonne cause par les armes autant que par son ingenium''. »

On put bientôt apprécier ce qu'il fallait entendre par l'" Ingenium » de Hütten. En septembre 1580 parurent plusieurs circulaires de sa façon, adressées d'Ebernbourg, centre d'action de Sickingen, à l'Empereur, à l'électeur Frédéric de Saxe et à tous les Ordres de la nation. » La cause que je défends », dit Ulrich dans le premier de ces libelles, « est celle même de l'Empereur. .le ne suis persécuté par Léon que pour m'être montré trop dévoué à Charles, qui a reçu de la Providence la mission d'anéantir le pouvoir du Pape, opprobre de la nation allemande. > Hütten ne craint pas de déclarer à l'Empereur que son but est de renverser de fond en comble tout l'ordre existant * ;

' BöcKiNG, Huiieni Op.,t. I, p 349-352. Dans la préface de l'ouvrage : De schismate exiinguendo, etc. Cet écrit, qui contient six lettres de dispenses provenant probablement du temps du grand schisme des Universités d'Oxford, de Prague et de Paris, et du roi Wence->las, est un libelle forgé en 1381 en Angleterre pour favoriser l'établissement des doctrines de Wiclef. » (Voy. Lindner, Theolog. Studien und Kritiken, 1873, p. 151-161.)

- Voy. ce bref (20 juillet 1520), dans Böcking, t. I, p. 362.

' De Wette, t. I, p. 486.

* De Wette, t. I, p. 492.

5 Septembre 1520. Böcking, t. I, p. 371-383. ■ Fateor hoc me scriptis conalum efficere, ut hic vertatur rerura ordo, hic emendetur status. • Le savant imprimeur Jacques Köbel, secrétaire d'État à Oppenheim, faisait alors également partie du cercle intime de Luther et, ainsi que ses amis, attendait de lui la véritable réforme de l'Église. Tous ensemble cherchaient à entraîner Charles-Ouint

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