ESPÉRANCES QUE FAIT CONCEVOIR I.AVI^NEMENT DE CHARLES-QUINT
reçu de mon père sur la sainte messe, implorant mon salut par la contemplai ion de la sainte passion de Jésus-Christ. »
Murner s'écrie à propos de la promesse faite par Luther à la noblesse que les canonicats des abbayes seront conservés aux fils cadets des (grandes maisons et serviront à les pourvoir comme par le passé : « Ici, Luther, le Saint-Esprit ne parie point par ta bouche-, tu passes à la noblesse, pour laquelle tu écris, une douce petite plume sous le nez! N'as-tu pas prétendu que nous étions tous prêtres? Pourquoi donc accordes-tu aux enfants des nobles des privilèges que tu refuses à d'autres? T'imagines-tu, peut-être, que le Christ n'ait choisi que les seuls nobles pour la sublime dignité d'apôtre? Toi qui te donnes pour le prédicateur intègre de la vérité, il te sied mal de flatter! Pour moi, comme tu n'appuies pas ton dire sur la sainte Ecriture, je regarde tes paroles comme de purs discours humains! »
Murner supplie et conjure la noblesse de défendre et de protéger l'antique foi : « .le ne prétends pas, cependant, que le docteur Luther ait tort sur tous les points, et parle toujours contre la vérité; je ne nie pas qu'en bien des choses il n'ait souvent trouvé juste. Mais je l'accuse hautement d'avoir si perfidement mêlé la vérité au mensonge empoisonné, qu'il est impossible aux chrétiens peu instruits de démêler lune de l'autre. .le l'accuse d'avoir abusé de son noble talent, de son intelligence et de la sainte Écriture, dans le but séditieux, antichrétien, contraire à la paix, d'entraîner dans l'hérésie, sous la conduite des chefs de la noblesse et des premiers d'entre nous, les pauvres petites brebis du Christ. »
« Les discours violents de Luther '■, poursuit Murner, « mènent droit au Bundschuh, à une révolution furieuse, insensée, radicale. » " Mais il faut pourtant commencer par lancer le premier coup, et la boule n'est peut-être pas encore posée au bon endroit! »
Comme Luther, comme Hütten, Murner met toute son espérance en Charles-Quint, le jeune souverain nouvellement élu. Il le conjure de prendre la défense de la foi : « L'Empire >;, dit-il au début de son livre en s'adressant au nouvel empereur, ■ n'a pas eu, depuis son origine, de plus dangereux ennemis que Luther et ses adhérents. Comme un nouveau Catilina, Luther excite à la guerre civile, et, pour le soulèvement qu'il médite, se sert de la foi comme d'un manteau; mais il est impossible que la foi retire aucun avantage du bouleversement qu'il prépare. Comme si une telle révolte et transformation pouvait s'opérer au nom de la foi chrétienne, sans que la loi de Dieu soit violée et sans grave péché ' ! «
' An den grossmächtigsten und durchlückligsten Adel tütscher Xalion, etc., 40 Bl., in-4''. Chaque page est surmontée de la suscription : Von dem tütschem Adel. La même