LES PRINCES JUGES PAR LUTHER
temberg et de Zollern, on enrôlait pour Sickingen '; on lui recrutait des soldats jusqu'en Bavière*. Il avait même demandé au roi de France ^ aide, consolation et argent' ».
Dans tout l'Empire on entendait répéter ce refrain :
Je m'appelle Franz,
Je suis Franz,
Je reste Franz!
Comte Palatin, chasse moi :
Landgrave de Hesse, évite moi:
Évèi|ue de Trêves, tu me le payeras!
Évéi|ue de Mayence, tu en seras aussi!
Attention! Voyons qui sera empereur d'ici à un an^!
Tandis que tout était dans l'attente pleine d'angoisse des événements qui se préparaient, Luther, le 1" janvier 1523, publia son traité : De l'autorilé temporelle et de l'obéissance qui lui est due. Cet écrit était rempli des attaques les plus passionnées contre « les princes hostiles à l'évangile « qui osaient interdire dans leurs États la vente de ses ouvrages : « Le Dieu tout-puissant a ôlé la raison à nos princes, en sorte qu'ils se croient libres d'agir envers leurs sujets sel )n leur caprice, et se permettent de leur commander ce qui leur plaît. A leur tour, les sujets se trompent et s'imaginent qu'il faut obéir à la lettre. •■ Les princes avaient eu l'audace d'interdire aux chrétiens l'usage de certains livres, s'arrogeant un droit prétendu sur les choses de la conscience et de la foi; ils avaient été assez téméraires, obéissant à l'inspiration de leur cerveau malade, pour vouloir mener le Saint-Esprit à l'école! >' Et comme la fureur de tels insensés peut amener la ruine de la foi chrétienne, conduire à la négation de la parole de Dieu et au blasphème de la divine Majesté, je ne veux et ne peux plus longtemps *, ajoute-t-il, - assister tranquillement à ce que font mes seigneurs et mes nobles en colère, et j'essayerai du moins de leur résister par la parole; car si je n'ai pas redouté leur idole de pape, qui menaçait de me ravir à la fois et mon âme et le paradis, je
principes reliquique imperii ordines -, rapportaient en déceinljre tô22 les états rassemblés à Nuremberg au légat du Pape, - non spernendis ruraoribus intellexere Bohemos exerciluin parare et copias facere niilitares animoque mcdiri excursiones et oppugnationes in quosd.im principes Germanos ip^is tîniiimos. Unde iisdem principii)us negotium faciunt, causamque prel)ent, se vicissim ad belli apparatum insliiuere et hnjusmodi incucsiones expectare ».* Responsuin nuntio apostolico datum in re llungarica, dans les Archives de Francfort, Heichstagsacten, t. XXXVHI, '' fol. 38-43.
' Ulminn, p. 324.
»JÖRG, p. 69.
' Ulmann, p. 324-325.
* UhlaND, Uolksliedcr, p. 955, n" 81 -.