‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 399 sur 477 · LUTHER ET CARLSTADT · texte numérisé non relu

LUTHER ET CARLSTADT

livre de Moïse, il avait enseigné - qu'il n'est pas défendu à un homme d'avoir plus d'une femme, et qu'il ne se sent pas le droit de condamner un tel acte, bien qu'il ne veuille j)as non plus le conseiller ' > .

Les efforts de Luther pour arriver à une : entente chrétienne entre lui et Carlstadt échouèrent totalement. A l'auberge de VOurs noir,k Iéna,les deux anciens amis, en présence de nombreux témoins, échangèrent des paroles malsonna utes. ils se traitèrent réciproquement de menteurs, et s'accusèrent l'un l'autre de vaine gloire el d'ambition. Luther interprétait mal l'Évangile, disait Carlstadt; il se contredisait perpétuellement; à la fin d'un écrit, il disait précisément le contraire de ce qu'il avait avancé au début. Carlstadt offrait de leprouverdans une dispute publique, à Wittemberg ou à Erfurt -. Il termina Tune des conférences par cette imprécation : « Si ce que Luther affirme est vrai, que le diable mette mon corps en pièces sous vos yeux! » Luther donna à son adversaire un florin d'or en signe de la pleine liberté qu'il lui reconnaissait d'écrire contre lui tant qu'il voudrait, ajoutant que pour sa part il ne refusait point la lutte. Les évangélistes d'Orlamunde, disciples de Carlstadt, écrivirent alors à Luther pour lui reprocher de les avoir injuriés et calomniés sans les avoir ni entendus ni réfutés; une pareille conduite montrait bien qu'il n'était pas membre du Christ. Pour eux, revêtus de la force divine, ils se disaient prêts à rendre compte de leur foi et des actes de leur foi devant le monde entier. Pourquoi Luther n'était-il pas

• Sammll. Werke, t. XXXJII, p. 322-324. — Voy. ma brochure ; Un second mot à mes critiques. Mélanchlhoo allait encore plus loin que Lutber Appelé à donner son opinion sur le mariage de Henri V'Ill, il encourage ouvertement le Roi à la polygamie. « Tutisbimum esse régi, si ducat secundam uxorem, priore non

abjecta, quia certum est, polygamiam non esse prohthitam jure divino. <• De bigamia reyis Angliie, dans le Corp. Reform., t. Il, p. 526. Une relation de l'époque nous montre de quelles conséquences avait été pour la vie conjugale la « prédication évangélique » . Un prétlicant de Lucques n'avait pas moins de trois femmes vivantes à la fois. La première épousée menait une vie désordonnée. — Voy. BURKHA.RDT, Luther' S Briefueclisel, 87; de VVette, t. lll, p. 22.

- C'est ce qu'affirme Reinhard. (Voy. la note suivante.; — Voy. aussi Llther, Sammtl. Werke, t. XXIX, p. 166-167. Le docteur Gérard Westerburg, de Cologne, sollicitait aussi auprès du duc Jean de Saxe la permission pour Carlstadt de disputer publiquement avec Luther, .. afin que la vérité et le mensonge fussent mis au jour, et pour que le docteur Carlstadt filt confondu s'il avait tort, ou réhabilité aux yeux de tous, s'il était dans le vrai -. « Votre Grâce », écrivait-il au duc le 26 novembre 1524, - fera mieux dans ces sortes d'affaires d'entendre les personnes, d'étudier les questions, que d'avoir aussitôt recours aux proscriptions. " Il avertit le prince d'être bien attentif aux choses qui regardent Dieu, afin de ne pas attirer sur lui la colère divine au moment même où, par l'épée et l'autorité temporelle, il croirait avoir le mieux mérité de lui. - Chassé du pays comme disciple de Carlstadt, Westerburg s'offrit à rendre compte de sa foi devant tous. » — Voy. Cor.nÉliuS, Geschichte des Mûnslerichen Aufruhres., t. I, p. 248-249.

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