LES ANABAPTISTES
sectes qiroii .1 coutume de (lésia',ner sous le nom d' = anabaptistes % commuaient à le considérer comme la plus léjjitime réclamatiou de la liberté chrétienne. Ces sectes différaient (jranderaent entre elles sur maints points de doctrine ou de culte, mais toutes se rattachaient à la croyance commune que le baptême des enfants devait être aboli, parce qu'il n'en était question dans aucun texte de la Bible : " Celui qui croil sera baptisé ', avait dit le Sauveur. Ces paroles prouvaient indubilablemeut que la ■• pratique de la foi " devait précéder le baptême.
Mais la difficulté de s'entendre sur cette ■' pratique de la foi -, qui était en même temps indispensable à la véritable intelligence de la Bible, amenait d'interminables discussions. Si Luther avait avancé « que chacun était intérieurement enseigné par Dieu même ", beaucoup, allant plus loin, soutenaient maintenant qu'il était impossible de se croire en possession de la loi véritable avant d'avoir reçu au dedans la preuve surnaturelle de cet enseignement divin.
Bien avant le procès intenté aux ' peintres impies i, un maître d'école de Nuremberg, .lean Denk, avait déclaré, en présence du conseil, < qu'avec saint Pierre, il tenait l'Écriture pour une lumière qui brille dans l'obscurité; mais que pour lui, l'obscurité était si profonde qu'il lui était impossible de comprendre les livres saints dans leur ensemble ». " Si donc je ne la comprends pas ", disait-il, i- comment pourrais-je y puiser la foi? Si je n'attends que Dieu me la révèle, ma foi ne sera que l'œuvre de mon esprit. Oui, celui qui ne veut pas attendre la révélation du Seigneur et ose prévenir un moment qui n'appartient qu'à l'Ksprit de Dieu et au Christ, celui-là fait très-certainement du mystère de Dieu renfermé d;ins l'Écriture une abomination h>)rrible aux yeux du Seigneur, car il prétend tirer la grâce divine de la corruption humaine. Aussi saint Pierre dit-il encore que nous ne saurions interpréter l'Écriture, parce qu'il n'appartient qu'au Saint-Esprit de nous en donner l'intelligence, lui qui le premier en a instruit les apôtres. Or cette révélation de l'Iispril, chacun doit commencer par s'assurer qu'il l'a réellement reçue, et dans le cas contraire, sa foi est fausse ou de nulle valeur'. »
D'autres, comme Thomas MLinzer et les prophètes de Zwickau, se disaient = confirmés, affermis » par l'Esprit, par la < parole intérieure " et la " révélation de Dieu ", et posséder le véritable sens de l'Écriture; ils annonçaient, en se fondant sur les lumières reçues, un nouveau royaume de Dieu, une complète réorg^anisation de la société, de la religion et de l'État.
' JÖRG, p. 664-665.