‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 418 sur 477 · LES DOUZE ARTICLES PRINCIPAUV DES INSURGES · texte numérisé non relu

LES DOUZE ARTICLES PRINCIPAUV DES INSURGES

taxe sur le bétail était abolie, < Dieu ayant donné à l'homme la libre propriété de tous les animaux '.

Jusque-là, ils avaient été traités comme des serfs, - ce qui constitue un véritable crime, si l'on considère que Jésus-Christ nous a tous rachetés et délivrés par son précieux sang, les pâtres aussi bien que les puissants, sans excepter personne. D'où il suit, de par l'Écriture, que nous sommes tous libres; or nous déclarons vouloir rester tels. » Les paysans consentaient néanmoins à reconnaître le pouvoir établi par Dieu « dans toutes les choses chréliennes et équitables ".

L'usage jusque-là suivi interdisait au pauvre homme le droit de chasser le gibier à plume ou à poil et de pécher le poisson des rivières; non-seulement cette défense blessait la charité fraternelle d'une manière révoltante; elle ne provenait que d'égoisme et était absolument opposée à la loi divine. La maintenir, c'était se mettre en contradiction flagrante avec la parole de Dieu, qui, dès l'origine du monde, avait donné aux hommes toute autorité sur les bêtes des champs, les oiseaux de l'air et les poissons de la mer.

Tous les biens forestiers que les clercs et les laïques s'étaient appropriés par d'autres moyens que par un légitime achat, devaient, sans qu'il fiU nécessaire d'indemniser aucunement leur soi-disant propriétaire, être réunis aux biens communaux, et chacun pourrait désormais y prendre ce qui serait nécessaire à ses besoins particuliers, soit pour le chauffage, soit pour la bâtisse.

Les corvées exigées par les seigneurs ne pourraient plus être augmentées; les redevances seraient ramenées à une mesure tolérable, d'après l'avis de gens loyaux; les lois pénales ne seraient imposées que conformément aux anciennes coutumes écrites du pays; l'impôt sur le bétail, prélevé en cas de décès, serait aboli.

Les prairies et les champs qui n'avaient pas été acquis légalement reviendraient tous au communal.

Parmi ces réclamations relatives au temporel, beaucoup étaient justes et raisonnables. 11 est évident que les articles avaient été rédigés dans un sage esprit de modération.

Mais cependant la tendance communiste y perce à maint endroit. Ainsi, d'après les anciennes constitutions des villages et des districts, ceux-là seuls avaient droit de participer aux biens communaux qui étaient véritablement établis » dans le pays et y avaient " leur foyer ••, leur ménage; les manants ■■, ceux qui n'étaient que tolérés dans le territoire de la commune, indigents, ouvriers, journaliers, gens entièrement destitués de toute propriété, n'avaient rien à y prétendre'. Si donc, comme les articles le demandaient,

' Voy. notre premier volume, p. 276-277.

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