‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 432 sur 477 · REVOLTE EN SOUABE · texte numérisé non relu

REVOLTE EN SOUABE

de Souabe ne se calment point; ils sont toujours en nombre, ils vont même se fortifiant tous les jours. Depuis Augsbourg, entre les montagnes et le Danube, jusqu'à Ulm, et de là entre lesdites montagnes et la principauté du Wurtemberg jusqu'au lac de Constance, les paysans et vassaux sont tous exaspérés contre leurs seigneurs. On prétend que le Wurtemberg va se soulever à son tour. Les bourgeois d'Augsbourg sortent de la ville, tambours et clairons en tête, pour se joindre aux paysans. Il y a là un conseiller qui, soutenu par certains riches bourgeois, ne se donne pas peu de mal. Nous avons reçu la nouvelle que les paysans du Ries se soulèvent. Ils se sont réunis sur une montagne, et l'on dit que ceux de Bade doivent avant peu les rejoindre. D'ici jusqu'à Ulm, on entend maudire les moines et les prêtres comme autrefois on maudissait les Juifs. Ce qu'il en adviendra, je ne saurais le dire à Votre Grâce. Les événements sont pénibles et rapides, et la ligue semble encore impuissante '. "

Depuis l'organisation del' « Union chrétienne», les révoltés souabes étaient devenus de plus en plus mutins et hâbleurs. Les " douze articles >: propagés par les paysans de la haute Souabe avaient été reçus avec empressement par ceux du sud de l'Allemagne. Imprimés, distribués dans tous les territoires comme le véritable Évangile populaire -, ils avaient pénétré jusqu'en Livonie et en Esthouie. La gravure du frontispice représentait une bande d'insurgés armés de piques, commandés par un chevalier coiffé d'un haut chapeau à panache, portant une bannière où était peint un agneau pascal, et monté sur un cheval de bataille.

Le parti modéré des paysans ne tarda pas à être débordé par le parti radical, et bientôt de nombreuses voix s'écrièrent : « Il nous faut un empereur! >; Sur les rives du Danube, dans le Burgau, Leipheim était le centre du mouvement. En 1524, on ne sait quels rustres ignorants, prêtres ou simples chrétiens, s'étaient mis à exercer dans la cité les fonctions de pasteurs. Le curé de Leipheim, Hans Wehe, avait pris l'initiative de la destruction des images. « Il souhailait fort voir la messe abolie; s'il n'eiU craint de pécher contre la charité fraternelle, il eut voulu massacrer autant d'hommes qu'il avait dit de messes en sa vie. " On assurait qu'il encourageait les paysans à bannir toute crainte; combattant pour le saint Évangile, ils pouvaient être certains que rien ne pourrait leur nuire, et qu'ils resteraient invulnérables au milieu des balles et des piques*.

' Voy. Laurent Fries, p. 7-8.

- Voy, ces passages dans Badmann, Quellen, p. 59-60, 252. A Leipheina, les femmes surtout étaient ardentes; c'étaient elles qui entraînaient leurs maris à taré-

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