‹ L'Allemagne et la réforme (volume 2)Chapitre 448 sur 477 · ROTIIENBOUIU; FAIT ALLIANCE AVEC LES PAYSANS · texte numérisé non relu

ROTIIENBOUIU; FAIT ALLIANCE AVEC LES PAYSANS

passer les f(Mes de P;U|ues ici,, car la population, adonnée à l'ivro- {Vncrie, est brutale cl féroce dès qu'elle est excitée. Les paysaus de Franconie ont enlevé à mon {yracieux sei(ïneur beaucoup de couvents et (jnelciiies cliAteaux, villes, bour{',s et villages, dont une partie a été incendiée. " « 11 nous faut supporter d'inexprimables an{;oisses et travaux; moi et quatorze autres secrétaires, nous siégeons au conseil jour et nuit; il laut sans cesse écrire, inventer des expédients. Mon gracieux seigneur et moi n'avons certainement pas dormi seize heures en Tespace de huit jours. ^ Tandis qu'il écrit, la nouvelle lui arrive que deux villes et trois bailliages viennent encore de se rendre aux insurjjes. « Toute cette population est perverse, dépravée plus qu'on ne peut dire % ra|)porte-l-il; « lorsque par hasard nos cavaliers mettent la main sur un rebelle, il se laisse égorger sans nulle résistance, comme un poulet; ce peuple est méchant et lâche. Au reste, à mon avis, ce qui nous arrive a été envoyé par Dieu pour le châtiment des clercs et des séculiers". »

Tandis que l'armée évangéliquc d'une part et l'armée de Franconie de l'autre se dirigeaient vers Wurzbourg-, et que, par tontes les routes, s'approchaient de la ville des milliers de ' nettoyeurs de coffres et de videurs de bourses- », lesquels se livraient en chemin à d'horribles dévastations, les frères chrétiens faisaient à Rothenbourg " une bonne affaire ».

Les chefs de IT'nion avaient écrit au conseil de Rothenbourg: ^ C'est par l'ordre de Dieu que l'insurrection s'est soulevée. Voire ville, pour l'établissement du saint Évangile, pour l'accroissement de la justice et le maintien de la parole divine, doit se joindre à l'Cniou et nous envoyer loiile son artillerie, avec des munitions suffisantes et des troupes; si les bourgeois veulent être nos frères, il faut, dans cette pressante nécessité, qu'ils abandonnent femmes et enfants, avoir et bien, et qu'ils accourent nous rejoindre. Nous vous ordonnons de nous ouvrir vos portes. « Là-dessus la pire canaille de la ville

' Laurent Fries, p. 116 119. Cette lettre tomba entre les mains des paysans, et n'y causa p:is peu d'émotion, parre quelle renfermait aussi la nouvelle que la lifjue souabe n'avait pas l'intention d'envoyer des secouurs ù l'évèque. ^ Emanant d'un con.>ei!ler très-intime de l'évèque », écrit Laurent Fries, » on ne mit pas en doute la nouvelle, et l'on tint pour certain que la lißue ne ferait rien pour l'évèque de Wurzbourg. Aussi les gens des campaf^nes avoisinantes commencèrent-ils à hésiter. Florian Geyer avait dit ouvertement ^ que lui et ses frères les paysans avaient arrangé les choses de manière que chaque prince eilt la danse iparlant de l'émeute) devant sa porte, et qu'ainsi aucun ne pi\t fournir de l'aide à l'autre ». Plus d'un honnête paysan commença donc à douter de ce qu'il devait f.iire, voyant que l'autorité n'enverrait ni aide ni secours. La lettre du secrétaire intime avait été imprimée, et en peu de Jours expédiée à toutes les villes et bourgades de l'évé^hé. ■

- Voy. ŒCHSLE, p. 149.

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