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ßiciix dans rinléricur de leurs paisibles cellules, à une époque ou des aris de plus d'iinporlance, ('Tandis eux aussi dans les cloîtres, s'étaient répandus dans le monde entier '.
Tout, dans Tart, s'épanouissait simultanément*, tout marchait de concert : miniatures, cathédrales {grandioses, chefs-d'œuvre de sculpture et de peinture, ouvra^jes délicats exécutés avec l'aiguille et la bobine. Les tapis, les ornements d'église tissés et brodés, qu'on peut encore admirer dans le trésor impérial de Vienne, à l'église d'Eisleben, à la cathédrale et à l'hôtel de ville de Ratisbonnc, à la cathédrale de Spire, à Halberstadt, à Saint-Laurent et Saint-Sébald de Nuremberg et dans beaucoup d'églises de Cologne et d'ailleurs, sont généralement d'une rare et merveilleuse beauté. Les tapis des vestibules, des appartements, les habits des notables, les bannières, même les « housses d'apparat » des chevaux n'étaient pas moins remarquables. On les couvrait d'ornementations pleines de goût, compositions ingénieuses ou copies de dessins de grands maîtres. Ceux qui confectionnaient ces ouvrages s'appelaient les « couseurs de soie », et leur grand nombre prouve que leur habile concours était très-fréquemment réclamé \
Neudörfer, après avoir rapporté plusieurs faits relatifs au brodeur de soie Bernard Müller de Nuremberg (qui parmi ses ouvriers en possédait un " si exercé dans son art qu'avec des morceaux de soie il savait admirablement imiter les tigures humaines), " dit en l'honneur des dames de Nuremberg : " Comme les femmes peuvent prendre part à ces beaux travaux, je ne puis m'empêcher de citer ici une preuve honorable de leur persévérance. Il y a de cela quelques années, lorsque l'ornementation des églises prit un si grand développement, ces dames estimables exécutèrent non-seulement les plus fines broderies de soie, mais se montrèrent encore très-habiles et très-laborieuses dans la
' Les miniatures de cette époque que nous possédons encore sont dues à des maîtres inconnus. Elles ne sont qu'un très-petit spécimen des splendeurs du passé.
- Tisseurs et brodeurs entretenaient des rapports continuels avec les peintres et les dessinateurs. Pour plus de détails, voy. Bock, Geschichte der liiurgischen Gcwamlcr des Miiuhdters, t. I, p. 116-121, 252-272.'voy. aussi Otte, p. 207, 260-261, 797-798. — SiGHAUT, p. 657-6jS. — Sur les images saintes d'Heidelberg au quinzième siècle, voy. les articles de Schneider, dans Vânzeigcr fur Kunde der deutsehen Vorzeit, 1877, p. 13-14.
^ SiGH.MVT, p. 656.
fabrication des tapisseries, comme le prouvent les tentures, les coussins de bancs et de sièges qu'on trouve encore dans tant d'anciennes familles. Le vieux maitre Sébald Baumhauer, sacristain de Saint- Sébald, qu'Albert Durer honorait et louait, et qu'il appelait « un (! peintre du bon vieux temps i, m'a dit qu'il avait entendu raconter aux vieillards de la ville les plus digues de foi, que les respectables veuves qui confectionnaient les tentures d'église, restaient toute la journée à Saint-Sébald, dans le petit cloître de Saint-Michel; qu'elles y faisaient leurs prières, y prenaient leurs repas, et tout le jour restaient occupées à leur travail '. "
Dans les couvents on tissait et l'on brodait aussi avec beaucoup d'art un grand nombre d'images saintes pour l'ornementation des églises, et les plus grandes princesses se plaisaient à confectionner pour la gloire de Dieu de riches ornements de ce genre ^
' NELDÖr.FEr., p. 180.
- Siciivnr, p. 657.
CHAPITHE m
En même temps que la peinture, marchant avec elle, la gravure, (ant sur bois que sur cuivre, développait dans un riche épanouissement l'art de la vieille Allemagne. Vers la fin du quinzième siècle, elle commença d'être considérée comme le complément essentiel de la peinture, et fut cultivée par les plus excellents artistes.
La reproduction des dessins sur le bois on sur le cuivre, invention tout allemande, fut aussi importante pour l'art que la découverte de l'imprimerie l'avait été pour les sciences et les lettres. Par la gravure, en effet, les productions des maîtres se multiplièrent rapidement et furent mises à la portée de toutes les classes. Mais cette admirable invention ne servit pas seulement les intérêts de l'art, elle est encore un événement de la plus haute importance, si on la considère au point de vue du progrès intellectuel et de la civilisation, La pensée, incarnée dans l'image, devint, comme l'idée exprimée par l'imprimerie ou la parole, l'agent d'un fécond mouvement dans les intelligences'.
Dans ses commencements, la gravure servit surtout à la religion, et fut presque exclusivement mise au service des églises et des couvents. Les Ordres religieux, particulièrement les Ordres mendiants, cherchèrent, au moyen des images qu'ils répandaient à profusion parmi le peuple, à fixer le souvenir de leurs exhortations et de leur enseignement. Ils s'en servirent aussi pour leur propre édification ou pour glorifier la mémoire de leurs saints protecteurs et patrons. Peu à peu, les images devinrent un besoin. On en voulut non-seulement pour les églises et les monastères, mais encore
' Voy. Springer, p. 171,206. — Woltmann, t. I, p. 21. — \orduoff, Kunst fje.'chichlliche Beziehungen, zwischen Rheinland und Westfalen, p. 59-60. — ThaL'SING, Durer, Geschichte seines Lehens, p 1.3-15. — Le livre d'EsSE.NWEiX, Die Hohschmilte des vierzehnten und fünfzehnten Jahrhunderts, donne d'exccllents renseignements Slll"
l'liisloire de la yravure sur bois. (Nuremberg, 1875. j
pour le foyer domestique. Chacun voulut avoir sous les yeux uu souvenir sensible du Sauveur, de la Vierge, de ses saints patrons. Les tableaux, les crucifix sculptés, les miniatures n'étaient pas à la portée de tout le monde; au lieu que le plus pauvre d'entre les fidèles pouvait acheter une image en papier qu'il mettait dans son livre de prières, ou attachait aux murs et aux portes de sa maison '.
Primitivement, les images ne furent reproduites que sur feuilles détachées. Mais à partir de la seconde moitié du quinzième siècle, on voit apparaître différents livres, appelés xijkxjvaphiques, contenant des séries d'images accompagnées de courtes explications et d'applications pratiques. C'est ainsi que furent édités VApocalypse, la Passion, le Salve, Regina, la Bible des pauvres et la Danse des morts. Parmi ces productions, les plus connues sent les Bibles des auvresj suites d'images, au nombre de quarante-huit à soixante, tirées de l'Ancien et du Nouveau Testament, et suivies d'explications. Mais ceux auxquels ces livres étaient destinés n'étaient pas les pauvres proprement dits, c'étaient les prédicateurs populaires auxquels leur pauvreté ne permettait pas d'acheter une Bible complète, et qui s'estimaient heureux de posséder en abrégé l'histoire des faits principaux de la Sainte Ecriture ^ Les traductions allemandes des Bibles populaires furent également ornées de gravures sur bois : la superbe Bible éditée à Nuremberg en 1483, chez Koburger, en contient plus de cent.
Koburger, comme imprimeur et éditeur, s'est acquis des droits incontestables à la reconnaissance de la postérité. En obtenant d'un grand nombre d'artistes de talent des dessins pour ses graveurs sur bois, il provoqua un notable perfectionnement dans l'art. Les gravures exécutées sous la chrection de Michel Wohlgemuth pour le livre intitulé Trésor des vraies richesses du salut (1491), celles de Guillaume Pleydenwurf pour le Livre des Chroniques de Hartmann Schedel (1493), nous donnent déjà les preuves d'un progrès sensible ^ Plus importants encore sont les travaux de Hans
' VOy. SOTZMANN, p. 550.
- Yoy. les anciens documents sur ce sujet dans l'ouvrafje de Weigel et Zester- M.VNN, Die Anfang echr Bitcltdnicker Kunst in Bild und Schrift. (Leipzig, 1865, t. I, p. 128, et t. II.) — Voy. la description qu'en donne Sighart, Hisior. und Pol. Blutter, t. LVII, p. 813-823. — Voy. encore Jahrbuch der central Commission, t. V, p. 11-18. — Sur les rapports qui existent entre la Bilile des pauvres et les stalles de chœur, voy. Doeiiments, t. VIII, p. 264. La Bible des pauvres contient pour ainsi dire le type le plus ancien de la gravure. Elle représente la transition qui se produisit entre les compositions grandioses de l'architecture et de la peinture et les images vulgaires fixées sur le papier.
" Voy. Thausing, Durer, Geschichte seines Lehens, p. 49-52. — Sur les gravures sur bois de cette chronique, voy. Hase, p. 28-35. La plupart des gravures de ce temps sont d'une vigueur remarquable. La manière dont les personnages historiques