THÉORICIENS
danls de Conrad Gerla, les deux IlansGeiia ', étaieut à la fois d'excellents luthiers et de remarquables exécutants. Mais Conrad liaumann raveu(jle ■• dépassait tous les autres, et élait certainement lui-même le plus admirable des instruments et le maître par excellence de la musique de son temps >. Baumann est l'inventeur de la tablature du lutii^ Elans .ludenkunig, Hans Gerla et lians .Neusiedler publièrent aussi des méthodes de luth accompagnées de démonstrations théoriques.
Les brillantes productions des compositeurs avaient depuis longtemps excité l'émulation des théoriciens, des écrivains et des professeurs. Les plus anciens propagateurs des règles de l'art musical dans notre pays furent les deux Carmes Jean d'Erfurt et Jean Goodendach. Ce dernier eut pour élève le grand théoricien Franchiuus Gafor, autour duquel se groupèrent les plus savants musiciens d'Italie au commencement du seizième siècle. Un autre savant musicien contemporain fut le moine Jean Färber, maître de chapelle et chanteur du roi Ferdinand de Naples, puis chanoine de l'église de INivelle. « C'est un savant illustre sous tous les rapports ", dit Trithème en parlant de lui (1495), « un grand mathématicien, un musicien accompli. On lui doit trois livres sur le contre-point, un livre sur les sons, et un autre sur l'origine de la musique. > Färber a réuni dans ses œuvres le trésor complet des notions musicales de son temps. Ses ouvrages sont clairs, d'une science sûre, remarquables par la disposition des matières comme par leur exposition; écrits en bon latin, ils démontrent tous les principes de l'art par des exemples bien choisis, tantôt composés par l'auteur lui-même, tantôt empruntés aux meilleurs maîtres K
Le moine Adam de Fulda fut aussi un théoricien remarquable; sou Traité delà musique parut en 1490; il est l'auteur d'un motet à quatre voix sur un chant liturgique qui fut très-goùté et très-chanté dans toute l'Allemagne *. Les prêtres Conrad de Zabern, de Maj ence (1474),
' Sur les deux célèbres fabricants de clairons et de trompettes, Hans IVeuschel père et fils, voyez Lochner, p. 163-170.
* Arnold, p. 72-73. — Ambros, p. 427.
' Voy. Johannis Tinctoris terminorum musicœ dißnitorium, aveC les explications de Bellermann, Chrysxnder, Jahrbuch fur musikalische lUissenscka/t, t. I, p. 55-114. — Ambros, p. 141-142.
* Voy. Baumker, p. 96-103. — Allgemeine Deutsche Biographie, t. I,p. 43. — Ambros, p. 366. — Voy. Geryinls, t. II, p. 282.
et Sébastien Virdimg, d'Amberg ' ; plus tard Faber de Stablo (1496) et Michel Reinsbeck, de Nuremberg: (1500), écrivirent également sur le chant liturgique et sur divers sujets d'art musical. Le manuel que Jean CochhTus, recteur de Téglise Saint-Laurent à ISuremberg, fit paraître, en 1511, pour servir à renseignement delà musique et du chant, est extrêmement intéressant, et nous fournit les renseignements les plus curieux sur la culture musicale de cette époque. C'est un petit ouvrage si savant qu'on peut à peine comprendre comment il pouvait être mis entre les mains des élèves d'une école, et cependant il était spécialement destiné aux jeunes écoliers de Saint-Laurent, qui, réunis à ceux des deux autres écoles de la ville, soutenaient tous les ans, le jour de la Sainte- Catherine, un concours musical, et exécutaient une messe sous la direction de leur recteur*. De semblables concours n'étaient pas rares au quinzième siècle dans les écoles d'Allemagne.
' Voy. siirces motets les renseignements de Falk, dans Petzholdt, 1879, n°543. ^ Otto, p. 37-39. — Quatre éditions de cette méthode avaient paru avant 1520.
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