‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 129 sur 572 · Ï'A. RÉVOLUTION VAINCUE A LÜBECK · texte numérisé non relu

Ï'A. RÉVOLUTION VAINCUE A LÜBECK

d'être les maîtres du Sund. Le 6 août, Christian III fit son entrée à Copenhague. Son premier soin fut d'exploiter les douanes du Sund, qu'il appelait ses « mines d or ». Il persécuta les Catholiques. Les évoques furent jetés en prison, et le roi mit la main sur les biens monastiques. Il était soutenu par la noblesse qui prenait part à la curée et, comme cela s'était vu si souvent en Allemagne, courbait les paysans sous un joug avilissant. On vit les enfants des prédicants subir comme les autres le servage*. Sans le secours des armées allemandes, Christian sentait bien qu'il lui serait impossible de se maintenir ou de se défendre, soit en Danemark, soit dans ses possessions héréditaires 2. Aussi, en 1538, cntra-t-il dans la Ligue de Smalkalde.

1 Voy. Barthold, Geschichte von Rügen und Pomman, 4b, 294. « Les chefs de la Li"-ae de Smalkalde, désirant faire entrer le Danemarck dans leur alliamce, se décla'rèrent pour Christian III. « Le nord fut révolutionné. Christian 111 monta sur le trône, le Luthiranisme s'établit ; mais la bourgeoisie continuait à gémir sous le joug militaire ; les paysans jadis libres subissaient l'abrutissant servage imposé parla noblesse. La puissance maritime allemande et la grandeur des villes hanséatiques étaient à jamais détruites. » Barthold, Gcschic/ile fier deutschen Seemacht. —Yoy. Raumer, Uistor Jaliatjrch, 3' suite, 3'' année, t. II, p. 99, 100. — « Les habitants des grandes propriétés ecclésiastiques, » dit l'historien protestant Allen {Geschichte Dänemarks,) « échangèrent la douce domination de l'Eglise contre le joug accablant de la noblesse. L'agriculture tomba bien au-dessous du degré de prospérité qu'elle avait atteint au moyen âge, la population diminua, un grand nombre de fermes furent abandonnées. » Dès la première année qui suivit l'introduction du Luthéranisme en Danemark, les plus cruelles lois de chasse furent mises en vigueur. Pour avoir arrêté un chien de chasse un paysan avait les yeux crevés et souvent même perdait la vie. Voy. Dollinger, Kirchs und Kirchen, p. 97-98.

2 Ecrivait Stephan Ilopfensteiner, le 17 oct. 1342. Voij. Waitz, t. III, p. 560.

Page 1