‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 132 sur 572 · C2 ETATS DE LA LIGUE DE SMALKALDE · texte numérisé non relu

C2 ETATS DE LA LIGUE DE SMALKALDE

genre de vie criminel; tandis que Jeurs compagnons, assez obstinés pour persister dans leur erreur, entendaient demeurer au couvent et disposer à leur gré des revenus de la communauté? Les Alliés pouvaient-ils approuver ces derniers? Non, la chose eût trop blessé leur conscience. 11 leur était impossible d'approuver un culte opposé à la Confession d'Augsbourg et qui était la cause de dissensions sans cesse renouvelées.

Ainsi donc, à cause de ces « quelques religieux », tous les autres devaient perdre leurs droits à la propriété commune, et renoncer au libre exercice de leur religion.

« Si les moines réfractaires, » poursuivaient les Alliés,« pouvaient, après avoir été expulsés de leur couvent, se croire dans la légalité en revenant plus tard à leur ancienne erreur, à leurs cérémonies, prébendes et dîmes, pourrions-nous les laisser faire? Non, car cela serait admettre que leur prétendue doctrine et religion est la vraie, tandis que nous sommes persuadés du contraire. Ainsi par exemple, pour ce qui a rapport aux revenus, il est clair qu'ils ne leur ont été donnés que pour le maintien de la vraie religion. Or, les Protestants, ayant abjuré la religion catholique, ne peuvent et ne doivent restituer les revenus des couvents que lorsque le Concile général aura décidé quelle est la vraie doctrine. Car si le Concile reconnaît, comme il ne peut manquer de le faire, que notre doctrine et notre culte sont seuls orthodoxes, il est évident que les revenus des couvents cesseront d'appartenir à nos adversaires et que, par conséquent, nous ne leur aurons fait aucune injustice en les confisquant. Outre cela, personne n'ignore que^ dans de telles questions, on ne saurait invoquer ni la possession préalable, ni le devoir de la restitution, puisqu'il s'agit de la conscience et de la parole de Dieu.» Pour tous ces motifs, les Protestants se regardaient comme parfaitement autorisés à nier la compétence de la Chambre Impériale. Ils trouvaient leurs arguments « clairs et évidents », et, s'appuyant sur eux, demandaient à l'Empereur de décréter qu'à l'avenir, dans les cas désignés, la justice restât muette, parce qu'on ne lui reconnaissait point le droit d'intervenir ni d'apporter son contrôle en ces sortes d'affaires.

Cette réponse « claire et évidente » concordait parfaitement, du reste, avec un mémoire rédigé pour la circonstance par Mélanchtiion, Juste Jonas, Bugenhagen, Bucer et autres [théologiens influents. Nous y lisons: « Premièrement on ne peut mettre en doute qu'à l'intérieur de ses états l'autorité n'ait le devoir d'abolir lo faux culte et détablir la vraie religion, d'ériger des paroisses et des écoles, et de procurer aux serviteurs de Dieu la subsistance nécessaire. Lorsqu'un curé ou prédicateur indigne a été destitué et que sa charge a

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