‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 133 sur 572 · LES ALLIÉS JUSTIFIENT LEURS ATTENTATS CONTRE LES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

LES ALLIÉS JUSTIFIENT LEURS ATTENTATS CONTRE LES CATHOLIQUES

été donnée à un plus digne, le salaire doit suivre le bon pasteur et non demeurer attaché à l'indigne. Aussi nos princes et pouvoirs ont-ils fort bien fait d'abolir, dans leurs territoires, le faux culte enraciné dans les abbayes et couvents placés sous leur juridiction; ils ont parfaitement le droit de confisquer les revenus de ces monastères. » « Quant à ce qui concerne les chapitres des grandes villes, les cités ont raison de rejeter de leur sein les prêtres idolâtres et les persécuteurs de la véritable doctrine. Les conseils de ville ont le droit de s'emparer, dans l'intérêt de la religion, de tout ce qui est nécessaire à son maintien. Mais on objectera que l'Empereur est seul maître en ces matières ; que c'est à lui d'ordonner sur ces biens et d'en disposer selon la justice. A cela il y a une courte réponse à faire. Du moment que l'Empereur prend sous sa protection et établit dans les biens ecclésiastiques des personnes indignes, les Églises ne peuvent plus s'en rapporter à lui, et ne sont plus obligées d'exécuter ses ordres ou ses commandements. Exemple : l'empereur Dèce ordonne à Laurent de lui remettre le trésor de l'Église, (ci on aurait pu alléguer, comme on le fait de nos jours, le devoir d'obéir à César. Néanmoins Laurent refuse de se soumettre. On ne peut laisser les serpents de la Chambre Impériale libres de lancer leur venin ; or ils refusent d'admettre que la question des biens du clergé soit du ressort ecclésiastique. D'ailleurs, il est de foi, et c'est parmi nous un point de doctrine, que les prêtres et moines papistes sont établis sur les biens de l'Église comme des voleurs et des bandits sur des richesses dérobées K »

Relativement aux membres reçus dans la Ligue depuis la paix de Nuremberg, les Alliés déclarèrentau vice-chancelier Held « qu'il leur était impossible, en conscience, d'empêcher personne de venir à eux». En admettant de nouveaux membres , ils n'avaient rien fait de répréhensible, rien qui fût contraire à la paix de Nuremberg. Aussi Gharles-Quiut, connu et célébré en tous lieux comme empereur très débonnaire, devait-il se tranquilliser sous ce rapport et permettre à tous ceux qui se joindraient à eux à l'avenir de bénéficier de la paix et de la trêve de Nuremberg.

Conseillés par les « savants », c'est-à-dire par les juristes, dont ils avaient réclamé l'avis après leur première assemblée, les Alliés ajoutaient : « S'il ne nous est pas permis de faire profiter les nouveaux venus du recez de Nuremberg, il n'en reste pas moins vrai que la Chambre Impériale et les autres tribunaux ne sont nullement autorisés à procéder contre nous dans les affaires de religion^, car il n'appartient qu'au Concile de décider en

* NEunECKER, Urkunden, p. 310-315.

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