LES CHEFS DE LA LIGUE RECHERCHENT LALLLVNCE DE LA FRANCE
Wurtemberg et lui uoiraient leurs intérêts et s'engageraient à Fournir chacun quatre mille lansquenets et cinq cents cavaliers, ou davantage. Le duc do Juliers amènerait huit mille lansquenets et autant de cavaliers qu'il en pourrait rassembler. Avec cette armée, on serait assez fort pour tout tenter. L'Empereur accepterait sans nul doute la bataille et serait vaincu, lui et ses Espagnols. « Si nous sommes victorieux, les Pays-Bas deviendront d'une conquête facile, l'Angleterre et le Danemark nous aideront à les conserver, et nous pourrons tenir le roi de France en respect. »
Ces hauts faits « allaient accroître la gloire et la prospérité des membres évangéliques du Saint-Empire, et consolider la liberté germanique ^. »
Pour la prétendue protection de cette liberté, les princes s'étaient, à plusieurs reprises, tournés vers François I^'. Le 19 avril 1039, le jour même où la trêve se signait à Francfort, l'Électeur de Saxe et le Landgrave lui avaient adressé de nouvelles propositions. Se donnant pour les seuls amis de la paix en Allemagne, ils prétendaient, pour cette sainte cause, avoir été victimes de beaucoup d'injustices et avoir reçu maintes offenses ; à les entendre leurs ennemis étaient animés contre eux d'une telle haine qu'ils repoussaient tout conseil modéré, refusaient toute discussion sur les points controversés, et s'armaient pour le massacre des bourgeois, parents et amis, et pour le pillage des églises -. Dans ce but ils formaient des ligues et recru talent partout des soldats. Le roi de France devait prendre la défense de l'innocence et combattre pour l'indépendance des états européens-^. Au mois de juillet 1539, les Strasbourgeois firent savoir au Landgrave qu'ils avaient de sûres nouvelles de la grande affection que François portait à ses chers alliés d'Allemagne. Ce n'était que par aflection pour eux qu'il avait mis obstacle jusqu'à ce jour à la convocation du Concile'\
Mais depuis lors les rapports politiques entre la France et l'Empereur semblaient avoir changé. Charles, en allant soumettre les Gantois, avait traversé la France sur l'invitation de François P' et y avait été reçu partout avec de grands honneurs ; des réjouissances de tous genres avaient fêté son passage ^, car le peuple
' Voy. Lenz, 1. 1, p. 411.
- « Tanluin se paraut ad faciendam civium et cognatorum caedeni, ad efficiendam vastitatem ecclesiarum. Hanc ad reai fœdera fecerunt, et habent obligatos exercitus. »
^ Corp. Reform., t. 111, p. (iy5-üU7. II faul plaindre Mélaiiclithou d'avoir été obligé de rédiger uu semblable écrit.
* Lettre des Treize de Strasbourg, 4 juillet 1539, voy. Ni:UDiiCKi;ii, Aclcnsläcke p. 1Ü7-1G8.
'•• Uu Bellay rapporte dans ses Mémoires, au sujet du séjour de l'Empereur