‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 202 sur 572 · COMPLOTS FORMÉS CONTRE LE BRUNSWICK · texte numérisé non relu

COMPLOTS FORMÉS CONTRE LE BRUNSWICK

ces tyrans maudits, noyés dans les débauches, l'usure, la cupidité, l'orgueil, la perfidie, la haine, l'impiété, l'hypocrisie, les séditions, la fraude et tout ce qui est inique et pervers * ! »

Séduit par l'exemple de Jean Frédéric, Maurice voulut, lui aussi, « se rendre indépendant» dansl'évêchédeMersebourg. Dès février 1542, en sa qualité de « patron temporel » de l'évêché, il pressait l'évéque et le chapitre d'adopter la doctrine de Luther, et finissait par extorquer aux chanoines la promesse que, sans son consentement, ils ne procéderaient à aucune élection nouvelle 2. Pour donner quelque satisfaction à son frère Auguste, qui réclamait sa part de leur commun héritage, il lui promit de faire tout son possible pour lui procurer l'administration de l'évêché de Mersebourg, avec les droits dont avait toujours joui l'évéque, à la condition qu 'Auguste servît une pension de trois mille florins, prélevés sur l'abbaye de Saint-Pierre, au prédicant chargé d'administrer le spirituel. Après la mort du digne évèque de Mersebourg, Sigismond de Lindenau, Auguste fut imposé à la population comme administrateur temporel de l'évêché, et peu après l'on entendit parler de le façon inconsidérée dont étaient hypothéqués ou cédés aux plus offrant, les baiUiages, monastères et métairies de la contrée, ainsi que des dépenses extravagantes et du désordre de Sa Grâce, « bientôt décriée et maudite dans tout le pays ^. »

Le traité signé le 11 avril 1542 à Grimma, autorisant le partage de l'évêché de Meissen entre Maurice et Jean-Frédéric et l'abohtion de l'ancien culte, avait été conclu le jour même où les secours pour la guerre contre les Turcs étaient consentis à Spire. Exploitant fimminence du péril national qui ne permettait pas de prêter grande attention à ce qui se passait à Meissen, Maurice poursuivit ses plans. A la même date, le Landgrave Philippe songeaità s'emparer du duché de Brunswick- Wolfeiibüttel, qu'il convoitaitdepuis longtemps. Melchior d'Ossa ne craignit pas de taxer ce dessein d'inique, et faillit

' 19 avril 1512, lettre à H. Walter, voy. de Wette, t.V, p. 465. Voy. la lettre du 7 mai 1342 à Lauterbach, t. V, p. 468.

2 Voigt, Moritz, p. 71. Voy. la lettre de l'évéque Jean Morone von Modena, 10 fév. 1342, dans Laemmer, Mon. Vat.,p. 403.

' Wexck, Moritz und August, p. 394-404. Fraustadt, p. 153 et suiv.

Page 1