S96 LA RUINE DU CATHOLICISME PRÉDITE PAR JUSTE JONAS
Juste Jonas et Michel Cœlius prononcèrent son oraison funèbre. Ce dernier expliqua à son auditoire quel grand prophète avait été Luther, et comment il avait eu, dans TEgHse, « la même mission qu'en leur temps Élie, Jérémio, Jean-Baptiste et les Apôtres. » Maintenant qu'il nV,tait plus, on ne devait pas manquer de saisir, comme Élisée,le manteau de ce nouvel Élie, c'est-à-dire ses écrits, composés sous l'inspiration de Dieu et légués à la postérité, alin qu'elle pût y recueillir son esprit.
« Imitant Noé dans ses avertissements et ses discours, » dit à son tour Juste Jonas, « Luther, dans les derniers temps de sa vie, s'est souvent plaint qu'en dépit delà vive et claire lumière de lÉvangile,» (c'esl-à-du'e des nouvelles doctrines sur la justitication de l'homme par la Toi seule et sur le serl-arbitre,) « le monde en lut venu à un tel degré de dépravation que maintenant on n'eût plus à constater chez le plus grand nombre des crimes ordinaires, mais bien le blasphème, d'odieux cxcès,l'esprit de révolte, l'obstination enracincedans des vices grossiers; il disait que maintenant personne ne se regarde plus comme pécheur et ne consent à s'humilier devant Dieu. » « Ce ne sera qu'au dernier jugement que Luther nous fera connaître la suie second Samuel. » « Luther, le troisième Elie. » « Luther le thaumaturge, » elc. Voy. GoEBEL. Die religiose/i Eigenlhu/nlichkeilen, p. 137. Gillet, t. 1, p. 45, yuautilé de médailles turent frappées en i honneur de Luther, l'une d'elles portait Cette inscription : troyheLa (jeriiumix,sanc(us Domini;» &uTune autre il est représenté foulant aux pieds unecroix à trois branches, la tiare paiiaie et une crosse d"evéque. Voy. JuMKER, p. 14'J, 211-^213, :i:21. liest singulier qu'au milieu de tant d'homiiiageson ait laissé dans la détresseet le besoin, sansse soucier aucunement de leur sort, la veuve et les enfants « du prophète. » Catherine de Bora fut obligée de recourir au roi de Danemark. A lui seul, lui écrivait-elle, (octobre loüüj elle osait, pauvre veuve sans prolecleurs, demander assistance. Elle n'en rei^ut point de réponse. En janvier ibö'2, elle renouvela sa demande en aftirmanl au roi que son mari défunt l'avait toujours tenu pour très chrétien. « L'impérieuse nécessité, » disaii-elle, >< me force seule à implorer humblement dans ma détresse Voire Majesté Royale dans l'espoir que Votre Majesté accueillera avec bienveillance l'humble supplique d'une pauvre veuve, maintenant abandonnée de tous. » A len croire, ses amis lui avaient lait plusde tort que ses ennemis, tous la traitaient en élraugére, nul ne voulait s'intéresser à son son, elc. Enfin elle reçut un piésent de cinquante thalers, mais elle ue put en jouir. Une maladie contagieuse ayant éclate a Wiltemberg, elle s'enfuit avec ses trois enfants, dans l'intenlion de se rendre à Torgau. En route, ses chevaux prirent peur, elle sauta de voilure et tomba dans un fossé plein d'eau glacée. Le :2U décembre 1052, elle mourut de consomption à l'orgau. En janvier l."jô3, son lils aîné, Jean, implora de nouveau, pour lui et ses frères et sœurs, le secours du roi de IJanemark. •• En Allemagne, » lui écrivait-il, ils avaient peu d'amis; le roi devait se montrer clémen'. puisque personne ou très peu de gens s'iuicrcssaient à eux dans leur pairie. » Voy. IIofmann, Catharina von Jiura, p. 12ü-ia8. En juin 1555, le roi envoya quarante ihalers au lils de Luther. K'olde, p. 133, noie 1.