‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 426 sur 572 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

LE CALVJ.MSME DA.NS LE PALAHNAT.

Depuis que Frédéric III avait découvert que la Confession d'Augsbourg, dans sa forme primitive, enseignait sur l'Eucharistie la même doctrine que l'Eglise catholique, l'autoritédu célèbre symbole avait été ébranlée dans son esprit. Plus tard, il s'était aperçu que les écrits de Luther renfermaient un grand nombre d'erreurs et de con- Iradictions. Il se persuada qu'il était de son devoir de les combattre. La première chose à faire, selon lui, c'était de détruire « la grande hérésie » ([ui semblait être restée collée à Luther, « le dogme delà présence réelle, cette citaddle du papisme ». La nouvelle doctrine de l'ubiquité, soutenue par los théologiens de Wittemberg,lui répugnait singulièrement; à son sens, elle annulaitcomplètement l'humanité du Christ, ou du moins elle en faisait « une chose subtile et vague, puisqu'il fallait la reconnaîtredans les pierres, le bois, le feuillage, les gazons, les pommes, les poires, et tout ce qui vit ; même dans les pourceaux infects et même, comme un docteur lavait affirmé au vieux Landgrave, dans le grand tonneau de Stuttgard h).

Le genre de vie de ses coreligionnaires no le satisfaisait pas davantage; il était forcé de s'avouer que la prédication de lEvangile n'avait porté aucun fruit. « Depuis plus do quarante ans, » écrivait-il à son gendre Frédéric de Saxe, « la pure doctrine et la sainte parole de Dieu ont été prêchécs par notre ordre dans nos états ; nous nous sommes beaucoup vantés de notre zèle, et cependant nous n'avons pas encore compris ce que la vérité demande de nous. Bien que la doctrine soit pure, elle n'a apporté que peu d'amélioration dans nos mœurs ; il semble même, à voir les choses par l'extérieur, que les papistes aient l'avantage sur nous, car, pour les excès du boire et du manger, pour le jeu, l'avarice, l'impudicité, les haines et l'envie, il est certain que nous les surpassons. » « J'ai peur, » écrivait-il un autre

* Klltckhou.v, Bfiefe, t. I. p. 587.

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