‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 443 sur 572 · ORIGINKS DR L.V REVOLUTION DES. PAYS-BAS · texte numérisé non relu

ORIGINKS DR L.V REVOLUTION DES. PAYS-BAS

écrivait : « Ce pays est si riche et le commerce y est si prospère qu'il n'est si faible intelligence ou si petite condition qui ne bénéficie de la prospérité générale et ne se trouve heureuse dans sa sphère. » Gourtray, Tournay et Lille fabriquaient surtout du drap; Valenciennes, surtout du camelot; Bruxelles était célèbre pour ses manufactures de tapis, a Les tapis de Bruxelles, » dit Soriano, « montrent jusqu'où peut aller l'habileté des artisans. Gomme les maîtres de la mosaïque composent leurs tableaux avec de petits cailloux, ceux-ci ont l'art, avec des brins de soie et de laine^ de donner à leur travail non seulement l'éclat des couleurs, mais encore la lumière et les ombres. Ils sont aussi habiles à mettre leurs personnages en relief que les plus célèbres artistes '. » Dans les riches provinces de Flandre, on ne comptait pas moins de 300 villes, de loO bourgades et de 6.000 gros villages.

Survint la révolution politique et religieuse. Elle détruisit en peu de temps cette admirable prospérité ; elle ruina l'agriculture, le commerce et l'industrie; elle changea les villes en déserts et plongea les Flandres, pour de longues années^ dans un état voisin de la barbarie.

Déjà, sous Gharles-Quint, on pouvait apercevoir à l'horizon les signes avant coureurs du terrible cataclysme. «L'amour excessif du bien être, engendré parla richesse, avait peu à peu corrompu l'esprit profondément religieux de la population. » Les mœurs étaient devenues si détestablesque la reine Marie de Hongrie, gouvernante des Pays-Bas depuis vingt-huit ans, écrivait à l'Empereur (|ue la vie lui était insupportable au milieu d'une population où toiile crainte de Dieu et des hommes semblait éteinte -. Marguerite de Parme, élue régente par Philippe II, redoutait dès 1560 l'explosion d'une révolution ^.

Avec l'assentiment des États généraux, Gharles-Quint avait publié des édits rigoureux contre tous ceux « qui oseraient introduire dans les Flandres les doctrines de Wittembergou de Genève». Toutefois la nouvelle religion n'avait pas tardé à y faire de nombreux adeptes, surtout parmi les nobles perdus de dettes, qui espéraient voir leur situation s'améliorer par la confiscation des

' Voy. Fischer, Gesch. des teulschen Handels, t. II, pp. 636 et suiv., l. III, pp. 380 et suiv., pp. 430 et suiv. IIöfi.kr, liefi'achlnntjen, pp. 6-7.

s Weiss, Papiers d'étal de Granvelle, t. IV, p. 469.

3 G.vcu.vHi), Corresp. de Marjnerile de Panne, i. I, p. 260. Sur les roiiuncnccments de la révolution des l'ays-Mas et les griefs du peuple eonire le gouvernement espagnol depuis le départ de l'iiilippc II (aoùl 155'.l), voy. M. Rittf.r, Anfönye, pp. 387 et suiv.

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