‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 480 sur 572 · R RKSISTANCE DU HAUT-PALATINAT CONTRE LE CALVINISME · texte numérisé non relu

R RKSISTANCE DU HAUT-PALATINAT CONTRE LE CALVINISME

appartenant à la nouvelle secte, a prétendu que c'était un plus grand péché de laisser les images dans les églises que de proférer les plus exécrables blasphèmes. Tu vois quelle est la beauté de leur sainte doctrine *. »

Mais rien ne put ébranlerla résolution del'Electeur. Les prédicants calvinistes imposés aux communes subirent des outrages, des railleries, des vexations, des menaces, des mauvais traitements de toutes sortes. Il ne pouvait être question, dans une telle situation, « d'évangéliser le peuple et de réformer les mœurs». Aussi la licence, l'immoralité firent-elles des progrès effrayants. Partout oîi les parents refusaient de faire baptiser leurs enfants selon le rite calviniste, ils encouraient les peines les plus sévères, et quelquefois même on les jetait en prison. Une telle rigueur ne faisait que fortifier la résistance populaire 2. La doctrine calviniste sur l'Kucharistie excitait surtout la plus vive horreur. En vain l'Electeur, comme il l'avait déjà fait à plusieurs reprises, expliqua longuement au député du Conseil de Nabburg que cette doctrine était fondée sur la parole divine, et que Luther, qu'ils avaient toujours à la bouche, avait été lui-même si incertain de ce qu'il fallait croire à ce sujet que quatre fois il avait changé d'opinion ^.

Dans maintes localités les populations se soulevaient. Les injures, les provocations personnelles étaient des faits de tous les jours. « Les prédicants luthériens, » écrivait Frédéric, en 1575, à Guillaume de Hesse, « condamnent et calomnient publiquement notre doctrine, nos ministres, nous-mêmes; ils excitent nos sujets à la révolte; pour nos conseillers, c'est chose bien nouvelle que ce qui se passe ici. Plusieurs fois déjà, quelques centaines de mécontents ont passé d'un air de défi devant notre sénéchal, le raillant, le toarnant en ridicule; ils lancent des pierres à nos prédicants dans les églises pendant le prêche ^. » A bout de patience les théologiens d'Heidelberg conseillèrent l'emploi de la force. On menaça Amberg d'une invasion armée. La princesse palatine Elisabeth, femme de Jean-Casimir, écrivait à Dresde : « Nos gentilshommes ont tous déclaré qu'à aucun prix ils ne marcheraient contre le Haut-Palatinat, parce qu'ils ne voulaient pas combattre contre Dieu ^. «

1 Kluckhohn, Briefe, t. II, pp. 12-13.

s Wittmann, pp. 56-57.

3 Wittmann, p. 63.

* Kluckhohn. Briefe, t. II, p. 927.

^ Kluckhohn, Brieje, t. II, pp. «36-837, 843.

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