NÉGOCIATIONS RELATIVES A LA CONCORDE
œuvres, les cérémonies, le libre arbitre et rEucharistie. Pleins de zèle pour la concorde, Jules et Guillaume de Hesse lireut tous leurs efforts pour seconder le zèle d'Andréa. Les lettres de recommandation de l'Electeur Auguste lui valurent un l)on accueil près des théoloi^iens du Wurtemberg et de Leipsick. Le ^2 septembre 1568, il écrivait au duc Christophe : « Ici. la plupart des docteurs ne font aucune ditliculté d'avouer leurs opinions zwingliennes * ; cependant ils ont encore du cœur, et comme ils n'ont point d'autorité, ils se taisent.» Andrea se flattait de les convertir, et ne les repoussa point lorsqu'ils demandèrent qu'avant toute chose le Corpus doclrin.r do Mélanchthon, aJopté dans TEIectorat de Saxe, fût regardé désormais comme le vrai et définitif symbole de la foi protestante. Pour obtenir la paix, il n'h('sita pas à le déclarer orthodoxe 2. Aussi fut-il honni à Weimar. Le prédicant de la cour, Irénée, laltaqua en chaire avec la dernièreviolencc, appelât)! sa lentativedeconcorde « uneinfernale machination 3 », et répétant (ju'il fallait le fuir comme le diable en personne. Ecrivant à l'Electeur de Saxe, Andrcii cite cinquante- (juatre épilhètes injurieuses dont les théologiens de Weiniar se sont servis pour 1 insulter, soit en public, soit d;»ns leurs lettres à Jules de Brunswick et à Guillaume de Hesse'*. Martin Chemnilz, quil'avait aidé à rédiger la conslilulion religieuse du lirunswick, s'intéressuit médiocrement au succès de la concorde. Parlant d'Andréa, il l'appelle « le nouvel apôtre, (jui veut imposer de nouveaux dogmes à l'Eglise ». Craignant do le voir pencher vers les doctrines du Wiltemberg, il écrivait à Morlin : « On s'apprête à faire cesser les querelles par la violence et par le poing. On écartellora les Flaciniens, puis leurs [)artisans ; après quoi l'ordre et la paix régneront sur la terre •". »
Mais Andrcii ne tarda pas à se brouiller avec ceux qu'il avait espéré convertir. Pendant le collo(iue de Zcrbst, réuni par ses soins, et où l'on devait s'entendre sur l'importance qu'il convenait d'attacher à l'autorité traditionnelle de Mélanchthon ^ ; une dispute eut
' Klgler, t. II, p. 531.
* Heppe, Gesch. Jcs deulschen Protestantixmaa, t. II, pp. 247 et suiv. Gii.let, t. I, pp. .396-3'J7. Le Corpus Doclrinœ, de Mélanchthon, n'avait été, à rorij;^ine, qu'une spéculation de librairie; plus tard, il acquit de l'autorité sous le tilre de Corpus Miniscurn. Munckebeivg, p. (90.
' Heppe, Doc. II, p. 72.
* Voy. Calinich, Kampf des Melanchtkonisinuf, p. 22. ^ Hachfeld, pp. 100-107.
* Une lettre du landçrave Guillaume de Hesse aux théologiens et conseillers délégués par lui à Zcrbst mérite notre attention. Le Landgrave dit avoirbeaucoup discuté avec les théologiens qui veulent que tous les écrits de Luther soient tenus pour saints. Le prince a essayé de leur prouver que ces livres contenaient d'abominables et grossières erreurs. Us lui ont répondu : « Peut-être qu'au