LE BRUNSWICK-WOLFENBUTTEL DEVIENT PROTESTANT
on avait demandé à Dieu, à Té^lise, la confusion de l'Electeur; aussi ce dernier écrivit-il le 20 mai 1570 à l'Empereur pour le prier de ne pas trouver mauvais qu'il songeât à mettre un terme aux provocations outrageantes du duc et de ses théologiens. Maximilien lui répondit, comme il en informa le landgrave de Hesse, que dans le cas où Jean-Guillaume n'aurait pas égard à ses justes représentations, il l'abandonnait à sa destinée *. A la Diète de Spire (1570), l'Electeur obtint que les fils du duc prisonnier Jean-Frédéric lussent placés sous sa tutelle, et que l'héritage paternel leur fût restitué. Jean-Guillaume perdit ainsi la moitié de ses états.
Pendant ce temps, le Protestantisme acquérait un nouveau territoire dans l'Allemagne du Nord, de par le simple décret d'un prince souverain.
Le 11 juin 15G8, le duc de Brunswick- Wolfenbuttel, Henri le Jeune, étant mort, Jean, son fils et son successeur, embrassa le Protestantisme, interdit dans ses domaines l'exercice du culte catholi(]ue et confisqua les biens des églises et des couvents. Par les soins du surintendant de Brunswick Martin Chemnitz et de Jacques Andrea, chancelier de Tubingue, que Christophe de Wurtemberg lui céda, pour la circonstance, un nouveau Corpus doctrinx fut publié. Deux théologiens avaient paru suffisants au duc pour « le grand ouvrage », le Saint-Esprit, disait-il, pouvant tout aussi bien illuminer deux docteurs qu'un synode tout entier 2, En 1569, la nouvelle constitution ecclésiastique fut présentée à la signature de tous les prédicants et instituteurs, après qu'on les eut averti que quiconque refuserait de signer serait exilé ^.
Jacques Andrea, chargé par Christophe de Wurtemberg de tenter un dernier effort pour faire aboutir la conciliation religieuse tant désirée de tous les princes protestants, dressa une confession de foi qu'il crut capable de réunir enfin tous les esprits. Elle contenait l'exacte définition des cinq principaux articles sur lesquels il semblait le plus difficile de s'entendre : la justification, les bonnes
' Heppk, Geschichte des deutschen Protestantismus, t. II, pp. 297, 317-330. GiLLET, Crato, t. I, p. 402.
' Hachfeld, pp. 57 et suiv.
» La première édition du règlement ecclésiastique fut rachetée tout entière au libraire parce qu'à la p. 67, à l'endroit où il est question des cérémonies du baptême, les paroles du symbole des apôtres, « qui a été conçu du Saint-Esprit, qui a souffert sous Ponce Pilate, >> avaient été omises « par inadvertance ». Stübner, Histor. Beschr., p. 46.