PERSÉCUTIONS DES FL.VCIXIKXS DANS LE COMTE DE MANSFELD
que les femmes enceintes portent dans leur sein de jeunes démons ^ Les comtes Volrad et Charles de Mansl'eld tenaient pour Flacius. Volrad avait fondé une imprimerie spéciale destinée à multiplier les livres de Spangenberg et les faisait distribuer aux. portes des églises "^. Les deux frères étaient hués, dans les rues; les fenêtres do leur cliàleau furent plus d'une fois brisées. Ils avaient installé dans les paroisses des prédicants substantialistes, et pendant le prêche, des scandales inouïs se produisaient. « Ce n'étaient que rixes, luttes violentes, grossièretés inouïes, coups, vacarmes, poires lancées aux visages et cris séditieux, tels enlin ({u'on en peut attendre de ces blasphémateurs du sacrement, de ces briseurs d'images, Anabaptistes, Munzeristes, et rustres en délire. » La veuve d'un comte de Mansfeld se plaisait à exciter ces scènes déplorables « et voulait être louée de son zèle chrétien ». Un gentilhomme do Ueinilburg et un ancien échevin, qui avait eu un enfant de la sœurde sa femme et l'avait fait périr, étaient les principaux fauteurs de tous les troubles. Les comtes Jean-Georges, Jean-Albert et Jean Hoyer étaient tous trois du parti antisul)stantialisle ; à leur requête, le seigneur du pays, administrateur luthérien du.Magdebourg, envoya do Halle à Mansfeld une petite armée de cavaliers et de fantassins chargée de mettre les turbulents à la raison (31 décembre 1575). Pillant et saccageant tout ce (lu'ils rencontraient sur leur passage, les soldats pénétrèrent dans les maisons des prédicants et s'emparèrent chez les bourgeois de Mansfeld des armes (pi'ils y trouvèrent. Spangenberg parvint à se sauver. Sa mèie, gravement malade, fut jetée brutalement hors de son lit; la magnili(iue bibliothè(iuc de Spangenberg fut pillée et détruite. Tous les habitants de la ville furent interrogés séparément sur la foi. Treize conseillers et vingtsix bourgeois, ayant refusé de renier la doctrine qui leur avait été enseignée, furen* jetés en prison. Pendant six semaines consécutives, ils souffrirent du froid et de la faim, tandis (|ue le bourreau les accablait d'outrages et de menaces. Enfin on les contraignit à adopter la doctrine de l'administrateur de Magdebourg. Les conseillers furent conduits à Halle en charrette; les bourgeois, serrés les uns contre les autres, suivirent à pied. Les prédicants furent les plus maltraités. On les força de s'expatrier en plein hiver, par une température très rigoureuse; quehjues-uns subirent les traitements les plus humilianls. L'un d'eux^ dont les livres et tous les meubles avaient été jetés dans la rue, passa une nuit pluvieuse à la belle
' Bericht aus Spangenberg' s Bekenntniss . Eislebcn, 1373. B. L'. 0-, et suiv. - Unschuldige Nach ric/iien auf IJ12, p. 315.