LES PREMIERS JÉSUITES EN ALLRMAG^'E. — LES EXERCICES SPIRITUELS
Les premiers efforts vraiment efficaces de la n^formo catholique en Allemagne datent de l'apostolat de trois Pères de la Compagnie de Jrsus : Pierre Fabev, Claude Jajus et Nicolas Bobadilla.
Faber, né le 13 avril 150G au village de Villardet, en Savoie, exerçait déjà le saiiu ministère à Worms à répo'jue de la conférence religieuse de loiO. Tout d'abord, il n'avait pas songé à combattre et à réfuter la doctrine protestante; il ne voulait travailler qu'à la restauration de la vie catholique. « Je regrette profondément, » écrivait-il à un ami, « de voir que les grands et les puissants de la terre ne luttent que contre les erreurs de doctrine; et pourtant, comme je le répète souvent, il ne faut pas tenir le glaive des deux mains, il faut conserver une main libre pour rebâtir la sainte cité de Dieu. » « A quoi bon s'occuper des vérités dogmatiques et morales ? Elles sont immuables, c'est à la réforme des mœurs et de la vie qu'il faut s'attacher. Pourquoi ne pas revenir à la méthode ancienne et nouvelle à la fois de l'antiquité chrétienne et des anciens Pères? Mais malheureusement mes plaintes n'avancent à rien ^ ! » La corruption du clergé, qu'il était obligé de constater tous les jours, remplissait son àme d'une douleur profonde. Il écrivait à Ignace de Loyola : « 11 faut encore s'étonner que le nombre des apostats ne soit pas beaucoup plus grand, car le peuple n'a que trop de motifs pour déserter l'ancienne religion. Les hérétiques interprètent mal les Saintes Ecritures; les prédicants entassent contre nous des accusations mensongères, mais là n'est point la vraie cause de la défection de tant de villes et de pays. Sa principale raison, c'est la vie scandaleuse de nos prêtres. Je ne sais si, à Worms, on pourrait en trouver deux ou trois qui ne soient
1 Keiffeäberü, Mantissa, p. i'i.