‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 520 sur 572 · QUESTIONS NON RÉSOLUES PAR LE CONCILE · texte numérisé non relu

QUESTIONS NON RÉSOLUES PAR LE CONCILE

les questions de réforme. Pour le calice laïque et le mariage des prêtres, les Pères avaient été autorisés à trancher les questions sans recourir à son autorité. S'il avait poussé plus loin la condescendance, s'il avait souffert que des définitions dogmatiques fussent adoptées sans avoir reçu sa sanction, que serait-il advenu? L'Eglise eût elle-même signé l'arrêt de sa dissolution. Avec la suprême autorité du pontife souverain, l'idée fondamentale de l'Eglise eût été renversée ; à la place de l'unité hiérarchique, un régime démocratique, un système parlementaire fondé sur la pluralité des suffrages eût été inauguré. Or, ni le Pape ni les légats ne pouvaient admettre un moment une pareille hypothèse.

Par suite des nombreuses difficultés et des malentendus survenus, beaucoup de graves questions doctrinaires et pratiques dont le Concile s'était longtemps occupé ne purent être complètement résolues.

Quand il s'agit de délimiter exactement le pouvoir des évêques, lorsqu'on vint à se demander si leur juridiction émanait directement ou indirectement de Jésus-Christ, on tourna la difficulté en posant en principe que « la hiérarchie ecclésiastique des évêques, prêtres et serviteurs de l'Eglise est d'institution divine ». La définition nette et précise de la prim?uté du Pape ne fut pas non plus promulguée, par égard pour la France, qui avait menacé de se séparer de l'Eglise dans le cas où elle serait abordée. « Je déclare, étant encore de ce monde mais tout près d'en sortir, » écrivait au Pape un des plus savants théologiens du Concile, le dominicain Pierre Soto alors sur son lit de mort, « que Votre Sainteté est élevée au-dessus de tous les Conciles et ne peut être en aucune circonstance jugée par eux. Je crois de la plus liante importance que cette vérité soit fixée dogmatiquement, puisque la doctrine contraire mène droit à l'insubordination, à la discorde et au schisme^. » Bien qu'aucune décision dogmatique n'eût été formulée à cet égard, le Pape, en fait, exerça pleinement tous ses droits à Trente, car les Pères, à l'exception d'un seul, furent unanimes à lui demander la confirmation de tous les décrets.

Au grand préjudice de l'Eglise et des fidèles, « la réforme des princes temporels, » ne fut pas effectuée, ni la régularisation des rapports de l'Eglise et de l'Etat obtenue -. L'Eglise ne pouvait rester en bonne intelligence avec les puissances temporelles et terminer pacifiquement sa tâche qu'à la condition de laisser tomber les ques-

» Raynald, ad a. 1508, n" 71 . Voy. n' \\8. - Voy. plus haut, pp. 1ÖO-175.

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