CHAPITRE
DKCRI-TS DF, RKFORMR ET DECISIONS DOGMATIQUES DU CONCILE DE TRENTE. SA CFOIlBE. 1563.
Il était impossible que le Concile répondît pleinement aux immenses espérances qu'il avait fait naître. L'unité de la foi avait été profondément troublée dans la grande famille des peuples chrétiens. En dépit de tous les essais de conciliation, la scission était devenue de plus en plus grrave. Abandonnée des puissances temporelles, l'autorité ecclésiastique n'aurait pu faire un pas de plus dans la voie des concessions sans se désavouer elle-même.
Les Protestants avaient envisagé l'Eglise comme une simple institution d'Etat, ils en avaient remis la direction au pouvoir temporel. Cette doctrine avait rencontré des partisans chez les puissances catholiques elles-mêmes, et beaucoup d'hommes d'état se prétendant théologiens no voyaient guère dans le Concile qu'un parlement ecclésiastique; aussi est-il facile de comprendre qu'on entendit répéter tous les jours que le Concile n'était pas libre. L'Empereur Ferdinand lui-même prêta quelquefois une oreille complaisante aux propos (|ue ses conseillers politi(|uos no se faisaient pas scrupule de tenir. A plusieurs reprises, les légats furent obligés de lui rappeler, ainsi qu'aux ambassadeurs des autres puissances temporelles, que les souverains ne pouvaient intervenir au Concile qu'en qualité de députés, le Pape étant le docteur suprême de l'Eglise universelle, le chef et le maître du synode, et nul ne pouvait attenter à ses droits du moment (|u'il s'agissait de (h'-cider en dernier ressort sur une question dogmatique.
En réalité le Pape, pour favoriser le retour des Protestants et ?l cause des eii'constances exceptionnelles où l'I-lglise se trouvait placée, avait laissi; au Coiieilc; la plus granilc laliluile possible dans toiiles