QUESTIONS NON RÉSOLUES PAR LE CONCILE
lit on dans les actes du Concile, « que quelques évoques, oublieux (le ce qu'ils se doivent à eux-mêmes, blessent gravement la dignité dont ils sont revêtus et font preuve d'une servilité très blâmable vis-à-vis des ministres des rois, des fonctior)ûaires publics et des seigneurs de la noblesse, aussi bien à l'Eglise qu'au dehors, car ils se conduisent comme des subalternes et non seulement cèdent la préséance aux fonctionnaires civils d'une manière absolument inconvenante, mais vont même jusqu'à leur rendre volontiers les plus bas offices. C'est pourquoi le synode renouvelle les ordonnancesdu passé qui relèvent et expliquent les fonctions épiscopales ; il ordonne aux évêques d'avoir toujours devant leurs yeux la dignité de leur état, se souvenant constamment qu'ils sont les pères et les pasteurs des peuples *. »
Le décret sur le duel, le décret tendant à assurer la liberté du mariage, restèrent à peu près inutiles pour les princes et pour la noblesse militaire. « L'abominable abus du duel, » déclare le Concile, « doit disparaître totalement du monde chrétien. Les duellistes et même leurs témoins, ainsi que les souverains et seigneurs temporels qui autorisent le combat singulier, sont frappés d'excommunication. Les biens des premiers seront confisqués et ils seront déclarés infâmes. Conformément aux saints canons, on agira à leur égard comme envers les meurtriers, et s'ils succombent dans une lutte fratricide, la sépulture chrétienne leur sera refusée 2. »Une loi édictée en faveur des simples sujets et imposée sous peine d'excommunication portait : « Les seigneurs et les autorités temporelles se laissent très fréquemment entraîner par des passions humaines, de telle sorte qu'ils contraignent par des menaces et des châtiments des personnes des deux sexes, soumises à leur juridiction, surtout lorsqu'elles sont riches ou qu'elles ont en perspective quelque gros héritage, à se marier contre leur gré. Or, comme c'est une impiété manifeste que d'attenter à la liberté du mariage et de se conduire en tyran lorsqu'on a été établi pour rendre justice à tous, le synode ordonne aux seigneurs, de quelque rang, situation ou dignité qu'ils puissent se prévaloir, et sous peine d'excommunication immédiate, de ne contraindre d'aucune manière soit directe soit indirecte leurs subordonnés ou un individu quelconque à contracter mariage sans y avoir donné librement un plein et entier consentement ^. »
' Sessio XXV, Decr. de Reform., ca.-p. 17. * Sessio XXV, Decr. de Reform., cap. 19. ^ Sessio XXIV, Decr. de Reform., cap. 9.