DECRF.TS DE REFORME DU CONCILE DE TRENTE
Ce qui était au pouvoir du Concile, et ce qui pouvait être considéré comme le véritable but de tous les travaux, c'était d'abord la restauration de la doctrine dont le dép(')t lui a été confié par Jésus- Christ, doctrine simple, claire, précise qu'il s'agissait dopjtoser dans toute son intégrité primitive à la masse incalculable d'opinions nouvelles et contradictoires qui avaient envahi la Chr('tienté; c'était encore cette réforme tant désirée au sein même de l'Eglise, celle du chef et des membres de sa hiérarchie, sans laquelle il était impossible de rien espérer de l'avenir. Or, dans une large mesure, le Concile s"ac(]uilta de cette double tâche.
L'œuvre de réforme ne s'occupa point tout d'abord des princes temporels^ des autorités, des laïques en général, mais de l'épiscopat : la réforme de la hiérarchie lui ayant toujours semblé le véritable point de départ de la restauration catholique.
Une grande partie des Pères du Concile voyaient dans la non-résidence des évêques le premier abus à réformer et l'une des principales causes des maux dont gémissait l'Eglise. «Les Eglises se plaignent d'être abandonnées, » dit l'archevêque Barthélerai. « Loin de se comporter envers elles comme des pasteurs et des pères, les évoques agissent comme des malfaiteurs-, ils ne les épousent que pour les dépouiller et les abandonner ensuite, au lieu de les nourrir, de les diriger et de les consoler. » Le décret suivant parut dès le début du Concile : « Comme le synode désire vivement la restauration de la discipline ecclésiastique si tristement abandonnée de nos jours, ainsi que l'amélioration des mœurs du clergé et du peuple, il croit devoir commencer par réformer ceux qui ont été placés à la tête des Eglises. Il invite donc les évêques de tous les degrés à rentrer en eux-mêmes et à songer enfin au troupeau dont le Saint-Esprit leur a confié la garde. Or, comme il leur est impossible de s'acquitter de leurs devoirs, si, comnie des merce naires, ils mettent les intérêts terrestres au-dessus des éternels, s'ils vont et viennent sans cesse dans des cours différentes ou s'ils se laissent absorber par le tracas des affaires temporelles, le synode remet en vigueur les anciens canons ecclésiastiques contre les non résidents ^ . » Plus tard, le Concile revint avec une particulière insistance sur le devoir de la résidence; il le prescrivit même sous peine de j)éché mortel, menaçant les réfractaires de la conHs-
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