DKCRETS DE REFORME DU CONCIF.E DE TRENTE
Un décret d'une extrême rigueur et qui suppose de grands abus est promulgue'' relativement à la messe. Le Concile impose aux évoques l'obligation « de réprimer et d'interdire très sévèrement tous les abus que « la cupidité, la superstition ou bien une irrévérence voisine de l'impiété >) auraient pu introduire dans la célébration du saint socrifice. Tout trafic, toute taxe arbitrairement prélevée, toute aumône injustement imposée, en un mot toute pression exercée sur les consciences et quelque peu entachée do simonie sont interdits. Les prêtres inconnus et de passage ne sont plus autorisés à célébrer la messe; aucun bomme connu pour sa mauvaise conduite n'est plus admis au service des autels et n'a même plus la permission d'assister au service divin. » « De peur que quelfjue pratique superstitieuse ne vienne à s'introduire dans le culte, aucune prière, rite ou cérémonie, ne sera plus reçu dans l'Eglise avant d'avoir obtenu la sanction d'un évêquc*. »
Si le clergé était tombé dans le plus triste abaissement, si tant de plaintes se faisaient entendre sur la corruption de ses mœurs, la faute en était, aussi bien dans l'Empire qu'en Autriche, à la ruine des nombreux établissements d'éducation et d'enseignement qui autrefois, dans les cloîtres, collégiales, et dans un grand nombre de corporations et d'instituts, avaient offert aux jeunes aspirants au sacerdoce les plus précieuses ressources. Dans les Universités restées catholiques, les études théologiques, comme on s'en plaignait partout, n'existaient pour ainsi dire plus; les étudiants en théologie n'étaient pas moins dépravés et indisciplinés que les autres. Aussi pour l'éducation et la formation du clergé futur, la fondation de nombreux collèges ecclésiastiques était-elle indispensable.
Saint Ignace avait été l'un des premiers à signaler l'urgente nécessité des séminaires ; les maisons de sou ordre, fondées avant même queleConcile n'eût repris ses travaux, avaient déjà formé un grand nombre (h:! jeunes gens, devenus «de zélés ministres de Dieu, instruits, dune conduite irréprochable, qui s'employaient avec succès au salut des âmes et au soulagement de toutes les misères 2 », Le cardinal Morone et le fondateur des .Tésuiles avaient obtenu du Pape l'autorisation de fonder un collège allemand à Home. Jules III. par une bulle datée du 30août 15o2, l'avait libéralement doté et l'avait placé sous la protection du roi Ferdinand •'. Dans ce collrgr«, dont Ignace, sur l'ordre du Pape, avait rédigé les statuts, des jeunes gens allemands faisaient leurs humanités sous la conduite des Pères, se li-
' Se.tsio XXff, Di^c. de olis. clevil. in ccirhr ntisxne.
* Voy. plus haut, p. 105, note 2.
^ LäM.Mf;ii, Zur h'irclienjesckiclilr (les ifî. und i7 . Lilirhnndrr/s, ]^]) il7-llS.