‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 535 sur 572 · CAUSES DE LA REACTION GATHOLIQUK EN BAVIERE · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA REACTION GATHOLIQUK EN BAVIERE

égard pour mes ordres, édits, commandements ou menaces. » « Les prédicants de Joachim persuadent aux Bavarois de ne plus aller à la messe et de ne plus recevoir la communion sous une seule espèce. C'est aller directement contre la paix de religion, qui défend expressément d'entraîner les sujets d'un membre d'Empire voisin dans une religion différente de celle de leur seigneur. » Tous ces faits eussent fourni à Albert des motifs plus que suffisants de sévir contre le comte, quand bien même, ce qui n'était pas le cas, il l'eût considéré comme membre du Saint-Empire *. Après avoir employé inutilement la douceur et l'indulgence, après avoir rappelé à Joachim et à son frère Ulrich l'engagement qu'ils avaient pris tous deux de ne faire célébrer le culte luthérien qu'à l'intérieur de leurs châteaux, Albert fit occuper Ortenbourg le Vieux vers la fin de décembre 1563, et peu de jours après Ortenbourg le Neuf, et comme Joachim ne répondait point à l'invitation réitérée qu'il lui avait faite de venir s'expliquer en sa présence à Munich, il confisqua les biens qu'il avait en Bavière. Au château de Mattichkofen, il mit la main sur la correspondance que le comte entretenait avec des gentilshommes bavarois et étrangers. « Mon intention n'est pas de faire condamner les coupables pour leurs opinions religieuses, » déclara le duc Albert aux grands vassaux de la Haute et Basse Bavière mandés à Munich pour examiner cette correspondance; « malgré toute la joie que j'éprouverais à voir mes sujets persévérer dans l'antique foi catholique, je ne prétends nullement sonder les cœurs et les âmes, car c'est chose impossible, et réservée à la seule sentence du Très-Haut. Mais j'ai le devoir de m'opposer à ce que, sous prétexte de religion, les prescriptions du droit écrit, du droit ecclésiastique et du droit temporel, les lois du pays, la paix, le droit des peuples et la tradition soient violées dans mes états. Ceux de mes sujets dont j'ai à me plaindre se sont rendus coupables en ceci, que, résolus à changer de leur propre volonté la religion de leurs pères, ils ont attenté à mon autorité, excité leurs frères à la rébellion et se sont promis de réciproques assistances, le tout contre les devoirs qu'ils ont envers leur seigneur héréditaire, leur suzerain et le prince du pays. » Après l'examen des correspondanct'S saisies, les nobles, invités à douner leur verdict, déclarèrent tous qu'il y avait lieu de sévir, mais qu'auparavant le duc ferait bien de permettre aux coupables de venir eux-mêmes s'expliquer et présenter leur défense. Albert y consentit. Les auteurs des lettres l'avaient comparé à Pharaon, l'avaient appelé « suppôt du diable », et tison d'enfer;

» V. Aretix, Maximilian, pp. 124 et suiv.

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copendaiit les Cuh)liquesprélcn(liront n'avoir agi qur par zrle j)Our la relifîion et parce (ju'ils la regardaient comme le premier et le plus précieux des biens; ils nièrent avoir jamais «onLjé à conspirer contre leur prince. Albert n'usa point de rijziieur envers eux; dans toute cette affaire, il (it preuve d'une grande modération, mais, averti par l'expérience, il résolut de se mettre à l'abri pour l'avenir de ces sortes de dangers'. Il déclara donc aux Ktatsde .Munich qu'U était nécessaire, à cause des guerres, des surprises, des révoltes dont le pays était menacé de tous côtés, de se mettre d'avance à l'abri de toute entreprise criminelle -.

Convaincu maintenant que la douceur et l'indulgence ne suffisaient pas toujours au maintien de la trampiillité publitpie, il eut recours à la ^-évérité. La paix de religion lui donnait le droit d'i'-tablir l'unité de foi dans son duché, les sujets étant obligés de professer et de pratiquer la religion de leur prince; il résolut d'user de ce droit.

Plus l'Empereur Maximilien « vacillait dans la foi >^ plus il faisait de concession, plus il temporisait et n'était en réalité, «. ni cliair ni poisson, » plus Albert eut à cœur de se poser en chanqiiou de l'Église. liUi et les deux princes (|ni lui suecédèrenl devini-enl les palrons. les guides teiiiporeU de r.Mli'mngne catholique, tandis (|ue l'inlluence de la maison de Habsbourg diminuait de jour en jour. Bientôt, dans les questions politiques et religieuses, le petit duché de Bavii'-re acquit autant d'importanee que s'il eût compté parmi les grandes puissances européennes.

Les Jésuites eurent une grande ])ai't nu ri''veil de la vie catholique dans ses élats. « \\i\ Autriche, » éerivait (lanisius, « notre foi est à peu pr.'s dans le même abaissement qu'en Saxe. Si nous n'emplovons tout notre zèle à dépendre la Bavièic, notre .MIemasnc n'aura plus un seul territoire vraiment fidèle. Notre devoir est donc de soutenir le courage du duc Albei-t, alin (]u'avec im zèle brûlant il prenne i-n t(Uite oecasion la défense de la religion. (|u'il ne iK'glige rien pour la i'air(^ respecter, et ne souffre pas (pie les eommandemenls de l'Ilglise soient nit'qtrisés. (Test la liuue de eonduite (ju'il doit jireiidr«' s'il veut niaiiileiiir ses sujets dans le respect et l'obi-is-anec. »

" (juand le b(»n exenqile est doniii'- d'en li;nil. (piaiul. à la cour,

' Sur l'niï/lirc (rorlnilnirtr. voy. Iliscniii lui, pii. lîTK-.W.). von . stirliiul Ui i m., fhtx Verfahn-n Allireclils \'.ijr;/fi> fini (irtifrn Joitrhiiu l'nit (Irlrnhiiri/ iinrtrini'/e ittuli-rr I itnilHiisi,i'n, i/injen Mdjrstnlshr/fiiiii/iifi^/ iiittt Mfutriri im ()hfrl>rii/rrixrlirn Arc/iti<., l. Il, pp. i:U-204. V,.\. aussi v. Ai\ni>, Mti.rimilian, pp. Ht ri Huiv.

• Fi\RYiirn',, /.(in'hifinr/r, i. M, p. l."'?).

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