RESTAURATION CATHOLIQUE EN BAVIÈRE DEPUIS
« Nous n'avons fait que trop souvent l'expérience, -) écrivait le duc Albert le 19 juillet 1573, « de la méchanceté avec laquelle on répand des calomnies non seulement abominables, mais absurdes et invraisemblables contre les Pères de la Compagnie de Jésus. Des hommes sérieux, instruits et d'un rang élevé y ajoutent foi sans aucune preuve. Et cependant, pour rendre hommage à la vérité, il est juste de déclarer que tout ce dont on les accuse n'est qu'un amas de calomnies, ce que l'on découvre invariablement toutes les fois qu'on veut se donner la peine d'aller au fond des choses. Quant à nous, nous n'avons encore pu constater aucun scandale; ce dont nous sommes témoins, c'est que les Pères de la digne Compagnie de Jésus, dans les temps lamentables que nous traversons, ont fait et font encore tous leurs efforts pour restaurer l'idée du droit et de la justice ; grâce à eux, la vie chrétienne refleurit au moyen de l'instruction et de la prédication. Ils assistent les malades dans les hôpitaux et rendent tous les offices de la charité aux pauvres et aux lépreux *. Voilà ce qui éclate à tous les yeux, mais cela ne sert de rien auprès des adversaires de notre sainte religion. Dès qu'on prend le parti des Pères, dès qu'on se plait à les assister dans leur sainte mission, on devient aussitôt une pierre de scandale, on est en butte aux plus vives attaques, et à toutes sortes de calomnies^ venues l'on ne sait d'où ï^, »
Le 5 septembre 1564, le duc Albert, l'archevêque de Salzbourg et d'autres prélats prirent ensemble une résolution qui devait avoir la plus heureuse influence sur la réforme religieuse en Bavière : ils s'engagèrent à exécuter le plus parfaitement possible et avec une
welcher unlängst uuss ihrer Socielet und Colleglo zu Graitz in der Siewermark entsprungen, trewhertziglich allgemeiner Christenheit zu einer Warnung gestellt, und zu Augspurg hinterlassen. Nun aber männiglich zu gutem, begdes Teutsch und Lateinisch in Druck verfertiget und mit schonen Figuren gezieret. Durch M. lohan Pfeijfern von Altzen. {Gedruckt durch Martinum Spiessen. Im Jahr. MDCX.),^.Zi.
1 Voy. l'éloge déceroè par Albert en 1576 au zèle et à l'activité des Jésuites. Cette pièce est conservée dans les archives des Pères Jésuites d'in^-olstadt. Voy. Hu.nd, Metropolis Salisb. 2. 278-279. Mederer, t. IV, pp. 346-353. Pendant la peste qui éclata à Munich au mois d'août 1572, les Jésuites térmèrent leurs écoles, et Pères et Frères soignèrent jour et nuit les malades. Agricol.\, t. I, p. 137.
* Après la mort d'Albert, on pi-étendit avoir trouvé, en faisant l'autopsie de son cadavre, une pierre où se voyait distinctement une tête de Jésuite. On répondit à l'Electeur Auguste de Saxe qui s'était informé auprès du duc Guillaume V de la véracité du fait : « Nous ne sommes nullement surpris que de semblables bruits aient été propagés par les adversaires de notre religion; mais en réalité on n'a trouvé aucune pierre de ce genre. » v. Weber, Kurfurstin Anna, p. 307.
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soumission empress(''C tous les d(.'ci'cls ivndus par le Concile île Trente et conliiniés parle Pape *. Le 1" mars liJO.'i, Albert publia un édit interdisant rimportatioii des livres sectaires, des écrits de controverse, pamphlets, caricatures ignobles et scandaleuses, et défendant sous des peines sévères de les vendre ou de les propager. » Plus tard, il lit publier la liste des écrits prohibés, ordonna linspection des boutiques, et, sans miséricorde, expulsa du pays tous les libraires qui refusèrent de se soumettre à ses ordres. 11 interdit aussi les petits traités à la mode qui portaient le nom du diable : Jeu du diable, Culottes du diable, etc. « Bien que tous ces livres semblent n'avoir été écrits que pour recommander l'ordre et la discipline ,» porte redit, « ou ne peut les tolérer plus longtemps, à cause du scandale que donne le nom qu'ils portent, et parce ((u'ils ont été habilement combinés pour servir les intérêts de celui auquel appartient ce nom -. »
Comme les libraires récalcitrants, les maîtres sectaires qui refusèrent de se soumettre furent exilés, et la fréquentation des écoles et des Universités protestantes de l'étranger fut sévèrement iulerdite à tous les jeunes gens. Un décret relatif aux écoles primaires parut en 1500 ; l'instruction religieuse y était prise pour base de l'éducation. Le plus grand soin fut apporté aux choix des maîtres. On n'admit que des instituteurs vraiment remplis de la crainte de Dieu, vraiment catholiques de cœur. Tous les livres d'enseignement furent catholiques. Défense fut faite de troubler la jeunesse par des discussions sur « les grands problèmes réservés à l'attention d'un autre âge». Dès le début de leur éducation, les enfants furent habitués à chercher le salut de leur âme « plutôt dans des actes chrétiens, une conduite sincèrement pieuse^ que dans de vains bavardages et d'interminables disputes ». v La jeunesse doit être élevée dans la pensée que dans notre sainte religion l'humble simplicité a beaucoup plus de prix qu'une science téméraire, subtile et j)rélendue. (c Avant tout, les enfants^, dès leurs premières années, seront habitués à l'obéissance, alin que, durant toute leur vie, ils aient horreur de toute rébellion '-^.n A Munich, le duc fonda un petit
' V. Am:i]s, Maxirililian, \). 11)2, noie ü.
' Srui.Mii;iM, Jkn/crnx Zu.sicmdc, p. Si, noie 1)4. Les libraiirs ilo rraiicl'orl II;m, Habe, reyiraliciid, Uulcr il Scliiiiicil, sjiiculaicnt loul iiarlioulièiTmcnl sur la Il litlcralurc diabüli(iue ». En Vol'A, iiarul Le l0icdilc ivroijne; en i5l)2, Le Diublc aiurtisun ; en l.MJ:{,y-(' Dhible ii.siuiir ; tn irjU'i, Le Diaile viilet. cl Le Diuile parc.sieii.v. En lîu'ô lu librairie Srbniicil iiublia en jrrand in-1'ulio le Tlirolnuii Dia- //t»/o/7///(, «bibliollièfiue (générale de loules les diableries ». }ilui>LH, l'ulrtut. Arc/iiv., l. V, [ij). 128.'j-28ü. Voy. notre sixiènievol.
'^ HchulurJnuiKj der Fürstciil/itaitb übeien und Xiederen Üuijerlundcx. Muniili, I.jGÖ, V. AiiLiiN, Mii.iimiliun,'\i\>. 178-179.