LE CULTE DE MOLOGH » A II ALB EUST A DT. 1578. ;J
Aux nombt-eaK adversaires du Livre de Berg se joignit d'une manière absolument inattendue le duc Jules de Brunswick, le premier le plus zélé patron delà concorde. Pour amener l un.on tant désirée, ce prince n'avait épargné ni peines, n. fat-gues : correspondances, négociations, voyages, rien -^'^^]^l^'^^^rt dépensé pour lœuvre de son cœur plus de 54.000 thaleis En août 1577, Ü avait exigé que les prédicants et.maitre.d école de on duché signassent le formulaire, et le 20 avrd lo78 pendan qu'avaient lieu, en Hesse, d'infructueuses negoc.al.ons il écrivait à Chemnitz : « Que le roseau plie ou rompe, que les Electeurs se rétractent ou se refroidissent, change qui voudra d'opm.on. je n en serai point ébranlé, convaincu que Dieu est assez puissant pour défendre son propre ouvrage -. )) . , -,
Mais peu de temps après, un « horrible scandale » vint exciter contre lui l'indignation des princes protestants. „ . . . -
Henri-Tules, son iils aîné, né en 1564, avait obtenu 1 eyeche d'Halberstadt du vivant de son grand-père, le duc catholique Henri à la condition qu'il serait élevé dans la religion catholique, qu il resterait fidèle à l'ancienne foi^, et que l'administration de 1 eveche. alors encore entièrement catholique, serait, pendant douze ans, confiée au chapitre de la cathédrale. Contrairement à la première de ces clauses, l'enfant avait été élevé dans la religion protestante. I es douze ans écoulés, le duc, en 1571, avait cru pouvoir triompher des difficultés que le chapitre catholique lui préparait en faisant sacrer son fils par l'Abbé de Huysbourg selon les rites usités en pareil cas Pour que ses deux plus jeunes fils pussent prétendre plus fard aux bénéfices ecclésiastiques, il avait eu soin, le même jour, de leur faire recevoir les ordres mineurs, et tous deux avaient pris part à la cérémonie. c< Revêtus de riches ornements, les prêtres, « dit une relation du temps, « ont reçu au milieu d'eux le fils d Henri- Jules avec un grand déploiement de croix et de bannières et de grands cris ou! si l'on veut, des chants religieux; ils 1 ont ensuite placé sur l'autel où tous les jours ils célèbrent leur messe impie, voulant faire entendre par là. sans nul doute, que Julesetaitdevenu
1 D'après sa propre estimation. Voy. Bon....... Julias von Braunschweig,
^■^-''i^nrMEXEH, Braunsrh^veigiscke K^rchengeschichte, t. III, P- W4. Stub^eh, Htstor. Beschreibung, pp. 75-76.
î Voy. BouEMANX, Weihe und Eljährung, p. 2^1.
5U « I.E CL' LT F. Di: MOLOCH >) A II A L H KRST A Ü T. l.jTS.
le chef suprême de leur abominable idolâtrie. La présence de leur père semblait tacitement approuver le culte de Baal. »
Mais Julius, le lendemain, lorstpie le chapitre de la cathcdrale était venu prier le nouvel évêque d'assister à la messe et de prêter le serment d'usage, avait déclaré « (juc ni lui ni son fils n'assisteraient à la messe, qu'ils ne prendraient jamais aucune part à de semblables abominations, et qu'il ne consentirait à prêter serment que dans la maison des chanoines. Le nouvel élu avait ensuite fait partout pul)lier (|ue, bien qu'il eût revêtu l'habit ecclésiastique, il se tiendrait éloigné du culte papiste et persévérerait dans la Confession d'Augsbourg, qu'il se proposait de défendre et de maintenir dans l'évêché.
Le chapitre et les Catholiques comprirent qu'ils avaient été indignement joués.
Cet événement mit toute l'Allemagne protestante en émoi.
« Point de maison, point de repas, point de réunion si insignifiante qu'elle fût, » écrivait Pouchenius, surintendant de Lübeck, à Martin Chemnitz, « où l'on ne s'entretienne de l'impiété, indigne d'un évangélique, dont votre gracieux prince s'est rendu coupable, comme s'il avait complètement oublié toute crainte de Dieu et tout ce qu'il doit à son nom, car il a été jusqu'à livrer ses trois lils à l'Antéchrist de Rome, comme dans l'ancien testament les rois impies offraient leurs enfants à Moloch. » La faculté de théologie d'Helmstadt écrivit au prince que le Pape était la Bête décrite par saint Jean dans ses révélations ; que la tonsure était la marque distinctive de l'Antéchrist, et que l'on ne pouvait la-recevoir sans oucourir la damnation éternelle ; que le Christ et Bélial ne pouvaient avoir aucune société ensemble ; que le fidèle devait fuir l'inhdèle ; que suivre les croix, les bannières catholiques àlasuite du clergé papiste, c'était accepter le joug du démon et faire un pacte avec les impies.
Chemnitz s'exprima plus énergiquement encore : « Tout chrétien véritable, tout sujet d'un membre d'Empire évangélique, » écrivitil, « sait, à n'en pouvoir douter, que le Pape de Borne est le véritable Antéchrist dont la parole de Dieu a dévoilé l'inicpiilé, que sa religion est une ahomiiiation et une idolâtrie daiiinable, une superstition grossic-re, un abus odieux, et (jue l'ordre sévère du ciel est écrit au chapitre XVIIP de l'Apocalypse dans ce verset : " Sortez de Bahylone, mou peuple, d(^ |)eur d'avoir part à ses péchés, de peur d'être louché par la coulagiou deses [)Iaies.)) Recevoir les ordres du Pape, recevoir la lousiire, (•(• signe de la Bête, s'appelle, «l'après l'Aporalypsc, avoir eoujinerccî avec la prosliluée de Babylone, séduit par le désir cupide d'avoir part à ses richesses.