DÉI.IBKRATIONS SUR LA JURIDICTION DES ÉVÈQUES
s'ingérant dans ces questions auxquelles, au fond, ils nes'intéressenl nullement, et dont l'une leur est aussi indiflérente ([ue l'autre * ? » a Nous avons commis un grand péché en conduisant la théologie à la cour ^ » Brenz, qui partageait ses vues sur ce point, écrivait à un ami scandalisé des concessions faites aux évêques : « Tu ne saurais croire combien les prédicants honnêtes sont tyrannisés par les fonctionnaires de la cour et de l'Etat dans les pays évangéliques. Aucun homme sensé ne peut approuver que les affaires ecclésiastiques soient remises aux mains du pouvoir '■^. »
Pour rendre les prédicants indépendants de l'autorité temporelle, pour sauvegarder aussi les biens de l'Eglise, dilapidés par les princes et les conseils urbains, les théologiens influents proposaient de rendre aux évêques une partie de leurs anciens droits, mais à la condition qu'ils adoptassent « l'évangile » et conseniissent partout à sa libre diffusion. « Tu assures, » écrivait Brenz à Isenmann, « que les évéfjues sont de faux prophètes et des homicides. Je réponds : s'ils acceptent nos conditions, }) c'est-à-dire s'ils embras sent la doctrine luthérienne, « ils cesseront aussitôt d'être de faux prophètes et des homicides o.
Il est clair que les évêques ne pouvaient, sans apostasier, accepter de pareilles offres.
« Il n'y a pas à craindre, » dit Brenz, « que nos adversaires acceptent. » Et s'ouvrant franchement à son ami il en donne aussitôt la raison : « Si l'on examine attentivement la chose, on verra que nous ne leur avons fait ces avances que pour avoir l'air de céder sur quelque point, tandis qu'en réa ité nous ne faisions aucune espèce de conc(^ssion, et nos adversaires s'en aperçoivent fort bien '*. »
.Mélanchthon se rendait aussi très b.'en CDmpte du véritable «'tat de la (jiiestion. « Tout ce que nous avons concédé, « écrit-il à Camérarius. « comporte de si grandes restrictions «jue je crains bien que les évêques ne se plaigneut (ju'au lieu de faits nous ne leur donnons (jue des paroles dorées ■'. » « Dans les réserves de nos
< Corp. Urform., t. H, p. 268-270.
- « Val'Je peccamus, quod in aulam portanius 0;c>.c-i>.v , quare nihil iu vlta unquam arJenlius oplavi, quam ut me quam primum ex his aulicis deliberalionibus prorsus vel cum magno meo incommodo expediani. » 7 août 1530, Corp. Re/hnn., t. II, p. 259.
^11 sept. 1530,4 Isenmann. Corp. Reform., t. II. p. 3ü2.
*« ita proposuimus, ut ■ ideamur aliqiiid conttbsi.s.'-e, cum reipsa nihil plane
concessimus : idque ipsi probe intelliguut. » H sfpt. 1 53U. Co/'p. Reform., t. Il, p. 3(i2.
•' « ... Omnia quac largiti sumus habeut ejusmodi excepliones, ul hoc metu un ne episcopi existimcnl olTerri pvpaTz -vr; o/g^Tiov. Sid quid poUiimus aliud:' ■• Corp, Re/orm., t. 11. p. 33i. — Ujiis une 'eilit- adre.-sce plus 1; rd au.x prèdicauls