CHAPITRE III
ALLIANCE DES PRINCES ALLEMANDS AVEC l'ÉTRANGRR. — INVASION
Des TURCS. 1532.
Soliman, en quittant l'Allemagne, avait donné la couronne de Hongrie au voïvode Zapoli, et s'intitulant « roi des rois, distributeur des couronnes », avait solennellement juré de toujours protéger son serviteur contre tout péril et toute agression, dussent, pour cette cause, périr tous ses royaumes. « Zapoli n'est pas roi de Hongrie, » disait le grand visir Ibraïm à l'ambassadeur de Ferdinand; « il n'est que le serviteur très humble du sultan, qui lui fournit de l'argent et des hommes autant qu'il lui en faut pour administrer le pays conquis. » « A l'arrivée de notre Empereur en Hongrie. » mandait Ibraïm, le 25 novembre, à Ferdinand, v Zapoli s'est prosterné devant lui la face contre terre, et lui a fait hommage de sa liberté. Zapoli n'est autre chose que l'esclave du sultan *. )> « La Hongrie m'appartient, » écrivait le même jour Soliman à Ferdinand, «car je l'ai conquise à la pointe de mon glaive; à moi appartiennent aussi de droit les pays que vous possédez en Allemagne, parce que je les ai visités en personne et que ma face les a contemplés. Sachez que je suis un homme juste, et que je ne puis tolérer l'iniquité -. »
Soliman préparait une nouvelle expédition contre l'Allemagne. « Le sultan, » écrivait au roi de Pologne Sigismond, Louis Gritti, gouverneur de Hongrie (décembre 1530), « se propose d'envahir l'Allemagne avec des forces colossales; il ne veut rentrer à Constantinople qu'après avoir mis la Germanie à feu et à sang et s'être emparé de l'Italie. Point de paix à espérer de lui tant que Ferdinand no renoncera pas à la Hongrie, conquise par Soliman, et placée par lui sous la tutelle de Zapuli -K » Ferdinand suppliait l'Empereur do venir au secours de la Hongrie et de l'arracher à la domi-
' ■• I^rocidens in faciem suam coram Cesare et liumiliando se obtulerit César et scrviluli ejus... deiiide receiisel .se esse inancipium Cesaris. » ' Gkvav, lierichle und liriefe zum Jalirp 1330, p. 47, Sü-DÜ, 93-94. =• Mui-FAT, p. 81-84. — Voy. aussi p. 88-92.