‹ L'Allemagne et la réforme (volume 3)Chapitre 94 sur 572 · COMPLOTS DE LA BAVIÈRE CONTRE LE ROI FERDINAND · texte numérisé non relu

COMPLOTS DE LA BAVIÈRE CONTRE LE ROI FERDINAND

nation des Infidèles. « La Hongrie, » lui écrivait-il, c'est la clef de l'Allemagne et de l'Europe ^ » En même temps il travaillait à conclure un armistice avec Soliman, et s'efforçait, en se rapprochant de Zapoli, de détacher celui-ci de l'alliance turque 2.

Ce fut précisément à ce moment que les princes protestants, formant entre eux la Ligue de Smalkaîde, s'érigèrent dans l'Empire en puissance ennemie. Le 4 avril lo31, ils refusaient nettement de fournir aucun secours contre les Turcs, avant que les procès intentés contre eux par la Chambre Impériale n'eussent ^ été abrogés ^.

De son côté, la Bavière ne voyait qu'une chose dans l'imminent péril qui menaçait la nation : l'espoir de voir bientôt l'Empereur etFerdinand humiliés. Le chancelier Eck se réjouissait d'avance ^, comme en 1527, à la pensée des malheurs qui menaçaient Ferdinand.

Dès janvier L530, Eck s'était empressé d'indiquer à Zapoli les meilleures mesures à prendre pour soustraire la Hongrie à la domination de Ferdinand et pour se mettre en même temps à l'abri des revendications de l'Allemagne. Il lui avait conseillé de persuader aux membres des États, alors sur le point de se réunir, qu'il avait la Hongrie entre les mains, qu'après tout les Turcs n'étaient pas si redoutables; que ce n'était pas lui qui avait poussé le sultan à la guerre, mais que Soliman, mécontent de Ferdmand, ayant envahi la Hongrie à la tête de son armée, lui en avait remis le gouvernement après la conquête^, ce qui pouvait être très utile aux intérêts de la Chrétienté. Les ducs de Bavière conseillaient dans le même sens le voïvode, et cependant ils n'ignoraient point la manière dont les choses s'étaient passées relativement à l'envahissement de la Hongrie, puisque, l'année suivante, ils faisaient dire à Zapoli qu'il n'était ni politique ni équitable de sa part de pousser une seconde fois les Turcs vers l'Allemagne, et qu'une telle conduite le rendait odieux à tout l'Empire ^

Vers la fin de janvier 1531, les ducs, par l'entremise de leur ambassadeur Michel Kresdorfer, apprirent que Zapoli s'employait activement auprès du sultan pour enobtenir lapromesse qu'il n'envahirait que les possessions de Ferdinand dans la campagne qu'il allait

' Gevay, Zum Jahre fö3'l,p. 97-103.

^ Pour plus de détails, voy. Bdchholtz, t. IV, p. S8 et suiv, 3 BOCHHOLTZ, t. IX. p. i9--20.

* Voy. plus haut, p. d6.

= Lettre du o janvier 1530 à Jérôme Lasky. ; Voy. Müffat. p. 71-73. •= Instruction des ducs de Bavière (la partie importante est écrite de la main de Eck). — Voy. MuFFAT, p. 84-88.

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